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Vendredi, 02 Déc. 2022

Pays du tiers-monde : les Français n’ont plus de médecins, la France devient un désert médical

Auteur : Jacqueline | Editeur : Walt | Mardi, 06 Sept. 2022 - 13h40

Le 2 septembre, des images impressionnantes (voir vidéo ci-dessous) où plus de 120 personnes faisaient la queue devant la maison de Santé d'Évron en Mayenne, pour s'inscrire auprès du nouveau médecin qui s'installe dans la commune. 

Dix millions de Français vivent dans un désert médical

Comme à Évron, dix millions de Français vivent dans un désert médical, six millions résident à plus de trente minutes d’un service d’urgence (chiffres de l’Association des maires ruraux). Qu’est-ce qu’un désert médical ? Plus de 20 mn de trajet pour accéder à un cabinet médical. Doctolib ne propose aucun rendez-vous avec un généraliste d’Évron dans les trois jours suivant la demande. Ceux de Sillé-le-Guillaume, à 25 km d’Évron, ne prennent de rendez-vous que pour les patients déjà suivis. À 35 km d’Évron, à Javron-les-Chapelles le prochain rendez-vous est dans un mois. Quoi d’étonnant à ce que les services d’urgence soient engorgés de patients qui auraient pu être soignés « en ville », si des médecins étaient disponibles ?

Pourquoi les déserts médicaux ?

Le numerus clausus (nombre limite d’étudiants de 1re et de 2e année pouvant passer en études supérieures, au niveau national.)

Dans les années 90, le numérus clausus a fortement baissé avec un impact significatif sur le nombre d’étudiants accédant en deuxième année. Depuis, 8 000 praticiens sont diplômés chaque année contre 13 000 en 1970. Le numerus apertus, qui devrait permettre au nombre d’étudiants d’augmenter, l’a remplacé. Mais les répercussions ne se feraient sentir qu’à la fin du cycle d’études, soit à partir de 2030. Et sans certitude, car au lieu que ce soit l’État, ce sont les universités qui font le tri à l’entrée selon leurs possibilités…

Le départ en retraite des médecins des années 70

Un généraliste (ils sont 102 169) sur deux a au moins 60 ans : 7 000 généralistes ou spécialistes vont partir en retraite en 2024.

Les jeunes médecins libéraux qui souhaitent concilier vie privée et professionnelle, qu’iraient-ils faire avec leur famille à Évron ? L’unique bar à vin ferme à 20 heures, le petit cinéma est sympa, sinon une fois visité la chapelle Saint-Crépin et la basilique Notre-Dame-de-l’Épine, on a fait le tour. Le désert est également commercial. Heureusement Lidl, Super U, Aldi, Carrefour ont avantageusement (pour leurs actionnaires) remplacé les petits commerces. En plus il pleut ! Dans les Bouches-du-Rhône et la région PACA les déserts médicaux seraient plus rares…

Les étudiants en médecine ne veulent plus être généralistes

Le choix d’une spécialité hors médecine générale, implique pour les jeunes diplômés de s’installer près d’un hôpital important. Or les spécialistes sont de plus en plus nombreux et les généralistes de moins en moins nombreux (voir schémas ci-dessous).

Nombre de ge?ne?ralistes de 2010 a? 2021 en France.

Nombre de spe?cialistes de 2010 a? 2021 en France-09-02 a? 21.43.00

Les « solutions » du gouvernement

En 2018, la stratégie « Ma santé 2022  »

Elle est lancée par Macron pour  redonner du temps aux médecins pour soigner en les remplaçant par des infirmiers en pratique avancée (bac + 5), sans compter des stages, contrats, etc. Toutes les incitations ont attiré moins de 5 000 professionnels de santé, âgés en moyenne de 49 ans. En 2020, Emmanuel Macron reconnaît une « erreur de stratégie » et passe au Ségur de la Santé.

En 2020, Macron propose un « plan massif » après un Ségur de la santé

En 2022, les sénateurs font un bilan sévère du Ségur de la Santé et proposent l’instauration de ratios de patients par soignant, et de remettre en cause le principe décrié  la tarification à l’acte. Le gouvernement s’y oppose.

En 2022, le nouveau ministre de la Santé François Braun n’a pas de solution miracle

« En ce qui concerne les solutions, il n’y a pas de solution miracle[…]Alors, concernant les installations dans ce qu’on appelle les déserts médicaux, il y a encore des choses à faire. […] eh bien, effectivement, il faudra qu’on voit quelles solutions. Alors la question des salaires est une des questions, vous me permettrez de dire que ce n’est pas la seule. […]Oui, mais tout le monde, tout le monde, quelque part, a besoin d’argent, et ça sera sur la table aussi une revalorisation des salaires, mais je crois que le sens du métier, pourquoi, on est là, c’est ça qui est important aujourd’hui ».

8 septembre 2022 : les états généraux de la santé au sein du CNR

Les états généraux de la santé vont s’ouvrir à travers une plateforme numérique gérée par un « comité des sages ». Cette consultation aura lieu dans le cadre du « Conseil national de la refondation ». De La France insoumise aux Républicains, les politiques rejettent le nouvel outil du chef de l’État. Les associations d’élus — maires de France (AMF),  départements de France (ADF) et Régions de France — ne participeront pas non plus au Conseil national de la Refondation. Pourquoi ce rejet du CNR ? Le Conseil national de la Refondation de 2022 n’a rien à voir avec le CNR (Conseil national de la Résistance) de 1945. Le programme du Pr Debré était à des années-lumière de ce que peut proposer le Haut commissaire au plan, François Bayrou, dont la présidence du CNR serait bénévole. En fait, pas tant que ça, puisque, par décret spécial, « Les frais de déplacement et de séjour du haut-commissaire ainsi que ceux de ses collaborateurs peuvent être remboursés dans les conditions prévues par la réglementation applicable aux personnels civils de l’Etat ». Le CNR, avec cent salariés et un budget annuel de 15 millions d’euros, n’a abouti à aucun résultat… Mais ce n’est pas pour avoir des résultats qu’il a été créé par Macron. Il suffit de lire la lettre de mission qu’il a adressée à François Bayrou pour s’en assurer. C’est du pur blablabla. Ce dernier « machin », comme disait l’Autre, est même l’exact contraire du vrai CNR du Pr Debré qui prévoyait :

« la suppression des commissions et organes consultatifs qui foisonnent autour des administrations de la Santé publique et de la Famille et dont le rendement n’est pas proportionné à la haute valeur de ceux qui les composent ».

Evron, en plein désert médical, a voté Macron (58,04 %, 2 537 voix, 27,38 % d’abstention). Était-ce bien raisonnable ?


- Source : Le Média en 4-4-2

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