www.zejournal.mobi
Jeudi, 02 Avr. 2026

Médecins de plateau : le doigt d’honneur de Karine Lacombe, symptôme d’une déontologie en ruine ?

Auteur : Xavier Azalbert | Editeur : Walt | Jeudi, 02 Avr. 2026 - 18h50

Le 31 mars 2026, à la sortie de son audience disciplinaire devant la Chambre régionale de l’Ordre des médecins d’Île-de-France, la professeure Karine Lacombe, infectiologue et PU-PH au CHU Saint-Antoine, a répondu à des représentants du Syndicat Liberté Santé (SLS) venus lui demander des comptes sur les victimes des injections anti-Covid qu’elle a activement promues pendant des mois sur les plateaux télé… par un doigt d’honneur explicite.

Le geste, filmé par nos confrères de Nexus et largement diffusé, était adressé à des citoyens et soignants évoquant les effets indésirables graves et les décès post-vaccination. Sans un regard, sans un mot, sans une once d’empathie.

Ce n’est pas une « maladresse ». C’est le révélateur d’une posture qui trahit, à plus d’un titre, les obligations déontologiques, statutaires et éthiques d’un médecin, a fortiori d’un professeur des universités-praticien hospitalier.

Primum non nocere… ou primum obedire ?

Le serment d’Hippocrate est clair : « Je ne nuirai pas ». Le Code de déontologie médicale (articles R.4127-1 et suivants du Code de la santé publique) impose au médecin le devoir de prudence, le respect de la personne humaine, l’information loyale du patient et l’indépendance professionnelle. En tant que PU-PH (professeur des université, praticien hospitalier), fonctionnaire d’État, Karine Lacombe est en outre tenue au devoir de neutralité, de réserve et de confraternité (statut de la fonction publique hospitalière).

Or, pendant toute la crise Covid, elle a incarné le rôle inverse : celui d’influenceuse médicale au service d’une ligne officielle qui s’éloigne de la prudence que requiert la défense du consentement libre et éclairé. Promotion systématique des vaccins, y compris les doses de rappel chez les jeunes et les enfants, défense du remdesivir (Veklury®) malgré les alertes précoces sur sa toxicité rénale et son efficacité discutable, et disqualification systématique des traitements précoces. Tout cela sur les plateaux, sans jamais ni déclarer ses liens d’intérêt, ni reconnaître publiquement les signaux de pharmacovigilance qui s’accumulaient.  Un spécialiste de la déontologie et de l'éthique médicale exprime que l'attitude de la professeur Karine Lacombe relevant plus du  « Primum obedire » (en obéissance aux autorités et à la ligne officielle) que du « Primum non nocere » représente potentiellement un « viol du serment » d'Hippocrate. 

Le doigt d’honneur aux victimes ou à leurs porte-parole n’est pas une réponse scientifique. C’est l’aveu que le débat n’est plus possible : on ne réfute pas, on insulte. 

Un soutien « Grande Gueule »: le Dr Jérôme Marty, « seul dans son établissement »

Ce mépris n’est pas isolé. Il est ouvertement soutenu par le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML-S et figure médiatique elle aussi. Convoqué le 27 mars 2026 à Montpellier devant la Chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Occitanie (CDOM) pour les mêmes motifs (propos publics jugés contraires à la déontologie par le SLS), le Dr Marty ne s’est pas présenté en personne, pas plus qu’il ne s’était présenté à une conciliation le 17 mars à la CDOM 31 à Toulouse. Représenté par son avocat, il a déclaré : « C’est une perte de temps… Je suis seul dans mon établissement aujourd’hui, je ne pouvais pas y aller ». Depuis, il continue sur les réseaux à détourner les images de la confrontation Lacombe, à qualifier sans base factuelle les plaignants de « groupuscule complotiste » et à multiplier les accusations infondées contre ceux qui osent documenter les effets indésirables.

Deux médecins de plateau, deux attitudes symétriques : l’un fait le geste, l’autre le justifie et l’amplifie. Même ligne, même refus du débat contradictoire.

Conflits d’intérêts : quand l’argent parle plus fort que la science

Le 18 janvier 2021, France-Soir révélait déjà que la Pr Lacombe avait perçu 212 209 euros de l’industrie pharmaceutique, dont 28 412 euros directement de Gilead, laboratoire commercialisant le remdesivir qu’elle a défendu avec ardeur. À partir de douze conflits déclarés, ironisait l’article, « on a un foyer épidémique ». Le chiffre, à l’époque, la plaçait sur le podium des infectiologues les mieux rémunérés par l’industrie.

Ces liens, parfaitement légaux mais non déclarés avant les prises de parole dans les médias alors que cela leur est imposé, interrogent la neutralité exigée d’un expert appelé sur les plateaux. Quand on promeut un produit dont le fabricant vous verse des dizaines de milliers d’euros, peut-on encore prétendre parler au nom de la « science » pure ?

Liens avérés avec la harcelosphère

L’enquête publiée par France-Soir (« La harcelosphère contre l’IHU Méditerranée et le professeur Raoult : de l’obscène à l’illégal ») établit les connexions entre Karine Lacombe et les réseaux de dénigrement systématique visant le Pr Didier Raoult et l’IHU Méditerranée. 

Collaborations avec des associations, participation active à la campagne de disqualification des traitements précoces, relais de narratives agressives sur les réseaux : le portrait qui en ressort est celui d’une médecin qui ne se contente pas de défendre une thèse, mais qui participe à la chasse aux hérétiques scientifiques.

L’Ordre des médecins lui-même sous enquête de l’IGF et de la ministre

Ironie suprême : l’institution censée sanctionner ces manquements est elle-même dans la tourmente. Le prérapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF), révélé dès le 19 mars 2026, pointe des irrégularités financières graves au sein du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris (CDOM 75) : indemnités et défraiements insuffisamment justifiés, achats non conformes aux règles de la commande publique, acquisition contestée de la Villa Armenonville pour 3,9 millions d’euros, et surtout défaillances majeures dans l’exercice des missions disciplinaires (traitement des plaintes trop lent, sanctions trop rares ou inexistantes).

Le 31 mars 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a saisi la procureure de Paris sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale pour des faits « susceptibles de constituer des infractions pénales » et a demandé au Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) d’examiner si les conditions d’une dissolution du conseil départemental de Paris étaient réunies.

L’Ordre qui doit juger Lacombe et d’autres médecins de plateaux est donc lui-même sous tutelle potentielle et sous enquête judiciaire.

Une arrogance généralisée dans la fonction publique ?

Cette attitude frôlant l’arrogance – un doigt d’honneur public adressé à ceux qui évoquent les victimes – n’est malheureusement pas isolée. Elle reflète une culture plus large observée chez certains hauts fonctionnaires de la fonction publique hospitalo-universitaire, où l’alignement sur les autorités semble primer sur le devoir de prudence et d’écoute. 

Dans le même temps, la Commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public met en lumière des dépenses somptueuses et des pertes financières préoccupantes dans les médias de service public, comme l’ont pointé plusieurs rapports de la Cour des comptes sur France Télévisions. Ces plateaux, financés par l’argent des contribuables, ont souvent servi de caisse de résonance à des discours unilatéraux sans réel contradictoire.

Une telle dérive pose la question plus large d’une véritable crise de confiance des Français envers les institutions et la gestion de la crise sanitaire.

Selon un sondage réalisé en février 2026, près de la moitié des Français jugent que le gouvernement n’a pas bien géré la crise Covid, et que la perte de confiance est lié aux mensonges répétés du gouvernement et non des réseaux sociaux, tandis que des millions de personnes déclarent avoir subi des effets secondaires (46% de l’échantillon représentatif de la population, nationale des 18-75 ans). Parallèlement, les coûts d’évaluation et d’indemnisation des dommages vaccinaux explosent, interrogeant la balance bénéfice-risque réelle.

Face à cette fracture, 64% réclament aujourd’hui une commission d’enquête indépendante et approfondie sur la gestion globale de la crise sanitaire, 79% exigent la levée du secret défense sur la gestion de la crise – une exigence de transparence qui semble plus que légitime.

L’Ordre prendra-t-il acte de ce geste ?

La question est posée. Un doigt d’honneur public, filmé, adressé à des citoyens qui évoquent les victimes d’une politique sanitaire qu’elle a elle-même défendue avec ardeur, constitue-t-il un manquement au devoir de confraternité, au respect dû aux patients et à la dignité de la fonction de PU-PH ?

Ou bien l’Ordre, fidèle à sa ligne depuis 2020, considérera-t-il qu’il s’agit d’une « simple expression d’agacement » face à des « militants radicaux » ?

Karine Lacombe n’est pas seule en cause. Elle incarne un système où le médecin de plateau a remplacé le clinicien, l’influenceur a supplanté le scientifique, et le doigt d’honneur a pris la place du dialogue.

Les patients et les victimes attendent mieux. La déontologie aussi. L’Ordre, lui, devra choisir son camp.

Contactée par France-Soir, pr Karine Lacombe a pris connaissance du message, mais n'a pas encore répondu.

Retrouvez la vidéo résumant l'article : 

Retrouvez la mise en chanson de l'édito par @Zebulon75018 : 


- Source : France-Soir

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )