Mort de Larijani, 61e vague de missiles : le conflit franchit un nouveau seuil
Dix-neuf jours après le début de la guerre, Israël a éliminé le numéro deux de facto du régime iranien. Téhéran riposte par des frappes de missiles à ogives multiples, tandis que le détroit d'Ormuz reste verrouillé et que Beyrouth brûle à nouveau.

Dans la nuit du 16 au 17 mars, des avions de combat israéliens et américains ont frappé la maison de la fille d'Ali Larijani, dans un quartier résidentiel de Téhéran. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, son fils, plusieurs gardes du corps et un autre responsable du Conseil ont été tués. Dix-huit jours après la mort du guide suprême Ali Khamenei — éliminé lors de la première vague de frappes du 28 février —, la République islamique perd à nouveau l'un des piliers de son architecture de pouvoir.
Larijani n'était pas un bureaucrate de second rang. Depuis la disparition de Khamenei, il avait assumé de facto la direction opérationnelle de l'État, comblant le vide laissé par un guide suprême intérimaire, Mojtaba Khamenei, qui n'a à ce jour effectué aucune apparition publique — et dont les responsables israéliens et américains affirment qu'il serait grièvement blessé. En éliminant Larijani, Israël décapite une deuxième fois un régime déjà en état de choc institutionnel.
« Ce matin, nous avons éliminé le chef d'une bande de gangsters qui dirige en réalité l'Iran. Si nous persévérons, nous donnerons au peuple iranien l'occasion de prendre son destin en main ».
— Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien
La réponse iranienne n'a pas tardé. Dans la nuit suivante, le Corps des gardiens de la révolution islamique a lancé ce qu'il a officiellement désigné comme sa 61e vague de frappes contre Israël — des missiles Khorramshahr-4 et Qadr à ogives multiples, dont certaines avec armes à sous-munitions selon des images vérifiées. Au moins deux personnes ont été tuées à Ramat Gan, en banlieue de Tel Aviv. Des éclats d'un missile intercepté ont touché les abords de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem et sont tombés dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa. Le CGRI a prévenu que les représailles se poursuivraient « avec toute leur intensité ».
Chronologie du 17 au 18 mars
Nuit du 16 au 17 mars
Frappe israélo-américaine sur la maison de la fille de Larijani à Téhéran. Ali Larijani, son fils et plusieurs gardes du corps sont tués. Gholamreza Soleimani, chef de la milice Bassidj, est également éliminé dans une frappe séparée.
🚨 DERNIÈRE MINUTE :
— Kamelia (@Elissamaiss) March 17, 2026
L'Iranien Ali Larijani a été tué lors d'une frappe aérienne américano-israélienne contre la maison de sa fille à Pardis, à Téhéran, avec son fils, ses collaborateurs et ses gardes du corps.
Les images montrent une destruction généralisée du quartier… pic.twitter.com/n6qfgFVPMU
17 mars — matin
Le Conseil suprême de sécurité nationale confirme la mort de Larijani. Netanyahu diffuse une vidéo évoquant « l'élimination du chef de facto du régime terroriste iranien ».
17 mars — après-midi
Les États-Unis frappent des sites iraniens de missiles près du détroit d'Ormuz, ainsi que les champs pétroliers et gaziers de South Pars et Assaluyeh. La Russie condamne une frappe jugée « irresponsable » près de la centrale nucléaire de Bouchehr.
Nuit du 17 au 18 mars
61e vague de missiles iraniens sur Israël : 2 morts à Ramat Gan. Éclats près du Saint-Sépulcre et d'Al-Aqsa. Drones et roquettes visent l'Arabie saoudite, le Koweït, Dubaï. L'ambassade américaine à Bagdad frappée trois fois par des milices pro-iraniennes.
18 mars — aube
Israël frappe sans avertissement le centre de Beyrouth : au moins 12 morts, 41 blessés, dont le directeur des programmes de la chaîne al-Manar. Ordre d'évacuation lancé sur Tyr, ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.
18 mars — matinée
Le ministre israélien de la Défense annonce l'élimination d'Esmaïl Khatib, ministre du Renseignement iranien. Le président Pezeshkian confirme sa mort ainsi que celle de deux autres figures du régime. Les funérailles de Larijani se tiennent à Téhéran, avec des centaines de milliers de personnes dans les rues.
18 mars — après-midi
L'Organisation maritime internationale ouvre une session d'urgence sur le détroit d'Ormuz : 3 200 navires bloqués, 20 000 marins. Le président du Parlement iranien déclare que le détroit « ne reviendra pas à son fonctionnement d'avant-guerre ».
L'étranglement d'Ormuz et ses conséquences mondiales
Si le bilan humain occupe les unes, c'est peut-être dans les eaux du détroit d'Ormuz que se joue la dimension proprement mondiale du conflit. L'Iran y sélectionne désormais les navires autorisés à passer, ne laissant traverser qu'une fraction de trafic habituel. Par ce goulet de 54 kilomètres transient en temps normal 20 % du pétrole brut mondial et autant de gaz naturel liquéfié. Les conséquences se font déjà sentir : pénuries de gaz de cuisson en Inde, flambée des prix du carburant aux États-Unis, avertissement franco-allemand sur un risque de crise alimentaire pour certaines régions d'Afrique si le blocage devait se prolonger.
Donald Trump, dont la patience avec ses alliés semble s'éroder au rythme des frappes, a proposé sur Truth Social d'abandonner la sécurisation du détroit aux pays consommateurs eux-mêmes — une option qui a aussitôt affolé les chancelleries européennes et asiatiques. L'Organisation maritime internationale se réunit ce mercredi pour tenter d'organiser une réponse internationale, mais sans consensus militaire, ses résolutions resteront symboliques.
Contexte géopolitique
Le conflit a débuté le 28 février 2026, lorsque des frappes conjointes américano-israéliennes ont tué le guide suprême Ali Khamenei et déclenché la guerre ouverte avec l'Iran — après l'échec des négociations sur le nucléaire lancées par l'administration Trump.
Depuis, Israël a également étendu ses opérations au Liban contre le Hezbollah, déplaçant plus d'un million de Libanais. La frégate iranienne IRIS Dena a été coulée au large du Sri Lanka par un sous-marin américain le 4 mars. Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, désigné en urgence après la mort de son père, n'a effectué aucune apparition publique.
La Russie condamne les frappes mais n'est pas intervenue militairement. La Turquie et le Qatar appellent à un cessez-le-feu. Les pays occidentaux se divisent sur leur rôle dans le détroit d'Ormuz, que Washington demande à ses alliés de sécuriser sans trouver de volontaires.
Décapitation accélérée
La stratégie israélienne s'affirme dans sa logique : éliminer systématiquement la chaîne de commandement iranienne pour précipiter l'effondrement du régime ou, au moins, paralyser sa capacité de riposte coordonnée. En moins de trois semaines, Israël affirme avoir tué le guide suprême, son successeur potentiel le plus crédible, le chef de la sécurité nationale, le chef de la milice Bassidj, le ministre du Renseignement et le chef du renseignement. L'armée israélienne a par ailleurs juré de « traquer et neutraliser » Mojtaba Khamenei.
Frédéric Encel, géopolitologue à Sciences Po Paris, note que si le renversement du régime est « l'objectif suprême d'Israël », il n'est « pas du tout certain » que Tel Aviv y parvienne. Les gardiens de la révolution ont survécu à quarante ans de crises, de guerres et de sanctions. Et chaque mort de haut responsable a, jusqu'ici, alimenté la rhétorique du martyre plutôt que la désintégration. Mais personne, à Téhéran comme à Washington, ne peut aujourd'hui prédire comment un régime aussi profondément décapité va réagir dans les heures qui viennent.
Urgent: Israël affirme avoir tué le ministre du Renseignement iranien Esmaïl Khatib dans la nuit du 17 au 18 mars — le président Pezeshkian le confirme
Situation en évolution rapide. Les bilans, positions des fronts et déclarations officielles sont susceptibles d'évoluer d'heure en heure. Les chiffres présentés dans cet article reflètent les informations disponibles au 18 mars 2026, 14h40 (heure de Paris).
- Source : ZeJournal












