Victoire de Macron, le grand atomiseur
Il y a deux façons de vaincre ses adversaires, en politique (ou à la guerre) : soit en étant plus fort qu’eux, tout simplement, soit, si on n’est pas plus fort et même carrément plus faible, en les neutralisant par des guerres intestines. C’est ce qu’a réalisé Macron avec ces élections municipales.
Porosité entre la droite et l’extrême droite, rivalités entre LFI et le PS, effacement du parti présidentiel… L’entre-deux-tours s’impose comme un laboratoire des rapports de force politiques pour l’élection de 2027. (Le Monde)
Le Président ne pèse plus rien dans l’opinion, 90 % des Français le rejettent, le vomissent pour certains (pas nous, nous sommes bien élevés), mais il a réussi à semer la zizanie, c’est-à-dire la division partout, à droite et à gauche.
La France était déjà divisée, par son oligarchie, en deux camps opposés qui étaient rétifs à toute union populaire, une ingénierie symbolisée par le refus de la main tendue de Marine à Mélenchon en 2017. Mélenchon crache sur le RN, c’est pour ça qu’il a été longtemps accepté par le Système. Aujourd’hui c’est Bardella qui lui crache dessus, avec l’assentiment du Système. Mais le principe est toujours le même : fracturer le peuple en deux camps ennemis, l’empêcher de prendre le pouvoir par l’union sacrée, une union qui ne doit advenir qu’en cas de guerre contre un ennemi extérieur (jamais intérieur, l’ennemi de classe), et c’est ce qui nous pend au nez.
Avec Macron, ce ne sont plus la droite et la gauche qui sont opposées, mais les droites et les gauches qui se font une guerre intestine. Le RN est en train de bouffer LR, qui résiste dans les villes, tandis que LFI est en train de tabasser le PS, qui résiste lui aussi dans les villes. Les deux grands partis de gouvernement, ou d’alternance, n’existent plus que dans les (grandes) villes. Sinon, au niveau des élections nationales, ils ne sont plus que des survivances, des queues de comètes.
Avec Macron, s’il passe le cap de 2027, sait-on jamais avec ces satanés Russes, on est capables de voir le RN et LFI coupé en deux ! Il y a déjà en réalité deux RN, celui d’en bas et celui d’en haut, sinon les adeptes du FN d’hier et ceux du RN d’aujourd’hui, avec ses cadres totalement renouvelés. Chez LFI, on a déjà vu Mélenchon affronter plusieurs frondes, mais là, on ne peut pas incriminer Macron : le diablotin ne peut pas tout.
De plus, il est tellement mauvais à l’international qu’on se demande, a contrario, si ce n’est pas plutôt un génie du rabaissement de la France. Au profit des grands mangeurs que sont l’Union européenne et l’union américano-israélienne, ce qui est, au fond, équivalent.
Ce qui est intéressant dans la synthèse du Monde, sous notre intro, c’est que l’authenticité des élections municipales a bien démontré que le parti du Président était fictif de bout en bout. Il reste une France politique morcelée – en biologie, on appelle ça une décomposition – où les amis d’un jour, d’un deal, d’une tambouille, seront les ennemis de demain.
Quand sortirons-nous de la fracturation et de la zizanie ?
Le grand perdant, comme toujours, c’est le peuple français, un fantasme selon Marianne...
- Source : E&R












