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Lundi, 16 Mars 2026

Beyrouth, plage de la mort : Israël frappe des déplacés sur leur lieu d’exil

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Lundi, 16 Mars 2026 - 13h23

La nuit du 11 au 12 mars 2026 restera comme l'une des plus sanglantes pour la corniche de Ramlet al-Baida, paisible front de mer beyrouthin. Peu après minuit, l'aviation israélienne a transformé ce ruban côtier, où s'entassaient des milliers de déplacés fuyant les bombardements du sud, en un champ de ruines. Le ministère libanais de la Santé, débordé, recense entre 8 et 12 morts et une trentaine de blessés. La technique est rodée, cynique, et porte un nom presque technique : le "double-tap". Une première frappe, puis une seconde, destinée à achever les secouristes. Une méthode déjà vue à Gaza, désormais exportée à Beyrouth. Ce lieu, dépourvu de toute infrastructure militaire, n'offrait pourtant que des tentes de fortune et des voitures garées en quête d'un sommeil volé à la guerre.

Les nuits de l’enfer

Le réveil a été brutal. Des centaines de familles, qui avaient fui les bastions du Hezbollah pour échapper à la mort, ont été tirées du sommeil par le rugissement des chasseurs et le fracas des bombes. Sur les réseaux sociaux, les images sont insoutenables : des tentes éventrées, des corps sous les décombres, et le sang qui ruisselle sur les pavés de la corniche. La journaliste d’Al Jazeera, Heidi Pett, présente sur place, témoigne d’un chaos organisé : les avions dans le ciel, les explosions, puis le silence, et enfin les cris. Selon elle, un simple véhicule aurait été la cible officielle, mais le dommage collatéral, lui, a choisi son camp : celui des déplacés, des femmes, des enfants.

La mécanique du mensonge

Comme à son habitude, l’armée israélienne (Tsahal) a communiqué sur des « frappes contre des infrastructures du Hezbollah », sans daigner commenter le bain de sang de Ramlet al-Baida. Les « sources sécuritaires libanaises », elles, évoquent un véhicule suspecté d’appartenir à un membre de la milice chiite. On connaît la chanson : une cible mouvante, imprécise, et une frappe qui « malheureusement » tombe au cœur d’un camp de réfugiés. Pendant ce temps, le Hezbollah, fidèle à son rôle de paratonnerre, riposte en lançant une pluie de roquettes vers le nord d’Israël, alimentant le cycle infernal qui a déjà fait plus de 600 morts au Liban.

La communauté internationale regarde ailleurs

Les organisations de défense des droits de l’homme, comme Euro-Med Monitor, crient au massacre, au crime de guerre. Le journaliste Robert Inlakesh, sur X, a diffusé les images, les qualifiant d’« outrageantes ». Des internautes locaux, impuissants, rappellent l’évidence : ce n’était pas un site militaire, mais un dortoir à ciel ouvert pour des familles chassées de chez elles. En face, les thuriféraires d’Israël, comme Uri Kurlianchik, justifient l’injustifiable : ces déplacés ? des membres du Hezbollah déguisés. Une ritournelle qui a déjà servi à raser des quartiers entiers de Gaza.

Le silence des armes et des hommes

Au-delà du bilan macabre, cette frappe illustre la dérive d’une guerre où plus aucune ligne rouge n’existe. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, menace l’Iran, tandis que Téhéran promet de poursuivre ses « opérations » dans le Golfe. Mais sur le sable de Ramlet al-Baida, il ne reste que les traces de pneus des ambulances et les flaques de sang. Le système de santé libanais, exsangue, tente de faire face à l’afflux de blessés, tandis que des centaines de milliers de déplacés errent dans un pays qui n’a plus les moyens de les protéger.

L’impasse

Des enquêtes internationales ? On en appelle, on en réclame. Dans l’attente, Beyrouth panse ses plaies et compte ses morts. La peur, elle, ne s’éloigne pas : elle rôde, tapie dans le ciel, prête à frapper à nouveau.


- Source : Le Média en 4-4-2

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