Gabriel Attal cherche un nom de parti : Quand le navire coule, on repeint la coque
Alors que le vaisseau amiral de la Macronie prend l'eau de toutes parts, l'équipage s'épuise à trouver un nouvel étendard. Il sera le cinquième en dix ans, une surconsommation dépassée par celle des Premiers ministres, qui ont été sept à se succéder. Notre rédaction plonge dans les abysses d'une panique créative.
Ils ont tout essayé : concepts creux, mots-valises, références historiques usurpées. Ils sont même allé jusqu’à le nommer « La Nouvelle République », sans vérifier son antériorité… Le quotidien régional du même nom, fondé il y a quatre-vingts ans, a vivement réagi, qualifiant ce choix d’« hommage embarrassant » et pointant un plagiat malencontreux.
Après avoir épuisé le vocabulaire de la renaissance et de l’ensemble, la Macronie est à court de mots. La poudre aux yeux ne fait plus d’effet. Le projet est si vide de sens qu’il ne reste que l’obsession du branding. Nous avons donc reconstitué, par déduction logique, le calvaire de ces communicants condamnés à rhabiller un empereur nu pour la cinquième fois.
Ce génie de Gabriel Attal, président de Renaissance, veut renommer le parti de Macron en "Nouvelle République" alors que c'est déjà une marque déposée pic.twitter.com/tsC2K9mAMQ
— VirusWar🕊️ (@VirusWar) January 28, 2026
1. Le déni : « En pause »
C’est la solution minimaliste de ceux qui savent que la machine est cassée mais qu’il faut faire semblant. « C’est moderne, ça fait « pause café » entre deux réformes impopulaires », a dû imaginer un jeune conseiller stagiaire. Une idée certainement écartée : trop honnête. Mieux vaut un mensonge ambitieux qu’une vérité en pause.
2. Le double discours : « La continuité dans le changement »
Chef-d’œuvre absolu de la langue de bois macronienne, plagiat inversé du « changement dans la continuité » de Pompidou, cet oxymore managérial permet de justifier n’importe quoi, surtout l’immobilisme. Un air de profondeur, mais personne jusqu’à présent n’a égalé Raymond Barre et son « Il faut mettre un frein à l’immobilisme ». Tomasi de Lampedusa dans Le Guépard l’avait breveté avec « Il faut que tout change pour que rien ne change ». C’est la formule parfaite pour annoncer qu’on va continuer à changer les choses en les laissant strictement identiques pour les mêmes personnes.
3. L’échec assumé (option écartée) : « La Start-Up Nation »
Vite écarté, car trop proche de la réalité d’un pays où les seules start-up qui prospèrent sont celles des cabinets de conseil et des livreurs à vélo. Une vérité qui dérange, donc immédiatement jetée au bac (sans tri sélectif).
4. L’acronyme monstrueux « Nouvelle République Démocratique et Populaire En Marche Vers La Renaissance Ensemble (NRDPEMVRE) »
Quand plus aucune idée n’émerge, on agglutine les reliques des échecs passés. « Renaissance », « En Marche », « Ensemble »… On mélange et cela donne un gribouillis. Après tout, si c’est illisible, ça peut paraître intelligent, mais c’est vraiment la solution du désespoir.
5. Le favori : « Le Mouvement »
Après avoir échoué à être une idée, une politique ou un projet, le nouveau nom du parti de Macron peut tenter l’énergie cinétique. Une sorte de retour aux sources. Comme « En Marche », quelque chose de vague, d’insaisissable, qui ne s’engage à rien de concret. Juste « Le Mouvement ». Comme un tremblement de terre qui partirait de l’Élysée pour ne laisser que des fissures dans le pays.
Notre pronostic
Ils vont pondre un nouveau nom, solennellement, lors d’un lancement produit. Le nouvel emballage sera creux. Il coûtera une fortune en charte graphique et en clips. Et dans six mois, tout le monde, y compris les militants (il y en a, si, si, si), l’aura oublié, pour ne retenir que « le parti de Macron ». Parce que quand le fond n’existe plus, la forme devient une comédie qui se répète, de plus en plus vite, jusqu’au dernier baisser de rideau.
- Source : Le Média en 4-4-2















