Il est temps de tirer un trait sur Trump et Netanyahu
Les États-Unis n’ont aucun intérêt à se laisser dominer politiquement par Israël.
L’ampleur de la domination des intérêts israéliens sur la politique étrangère américaine au Moyen-Orient se mesure à l’aune de l’efficacité des sept voyages effectués par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux États-Unis au cours de la première année du mandat du président Donald Trump. Bibi a reçu un accueil enthousiaste de la part du Congrès et des médias, alors qu’il est le principal responsable d’un effroyable génocide perpétré contre les Gazaouis, ainsi que d’attaques non provoquées contre des cibles principalement civiles en Cisjordanie palestinienne, au Liban et en Syrie.
Cet accueil doit toutefois beaucoup à la corruption du Congrès par le lobby israélien, qui a généreusement distribué des centaines de millions de dollars aux Démocrates comme aux Républicains. Ces mêmes milliardaires juifs n’hésitent pas non plus à racheter des médias pour s’assurer que la représentation des Israéliens en tant qu’éternelles victimes occupe le devant de la scène lorsque le public américain regarde les informations ou lit un journal.
La mainmise d’Israël sur la classe politique américaine est une réalité bipartite : le président Joe Biden, qui se qualifie lui-même de sioniste, a contribué massivement au massacre à Gaza en fournissant de l’argent et des armes, suivi par Trump qui a fait de même. Les deux présidents se sont également montrés particulièrement généreux en fournissant une couverture politique à Israël au sein d’instances telles que les Nations unies, s’assurant ainsi qu’il ne soit jamais tenu responsable d’aucun des crimes contre l’humanité perpétrés.
Grâce à la générosité des Démocrates et des Républicains, Israël a reçu une véritable carte blanche du soutien américain, qui va jusqu’à ignorer les bombardements israéliens d’écoles, d’hôpitaux et d’édifices religieux, tant chrétiens que musulmans. L’Amérique a récemment été choquée d’apprendre qu’une école en Iran a été bombardée par les États-Unis, tuant 165 petites filles, mais Israël a tué des centaines de fois plus d’enfants gazaouis sans encourir la moindre sanction, grâce au soutien américain — et même à la complicité — dans la commission de crimes de guerre. Israël a également démontré son pouvoir à Washington de manière plus concrète pour protéger ses alliés politiques. Des Démocrates dissidents ont récemment tenté de faire adopter un projet de loi visant à imposer le vote du Congrès pour déclarer la guerre à l’Iran, conformément à la Constitution et à la loi sur les pouvoirs de guerre. Une telle mesure aurait dû être une évidence pour rétablir l’“État de droit”, mais Trump l’a totalement ignorée. Les Républicains et certains Démocrates se sont unis pour faire échouer cette mesure sans chercher à la justifier sur le plan juridique ou constitutionnel. Personne n’a non plus tenté de définir un intérêt de sécurité nationale justifiant les fausses allégations de “menace” invoquées pour déclencher le conflit.
Le secrétaire d’État à la Sécurité nationale, Marco Rubio, a révélé certains aspects du processus ayant mené à la guerre contre l’Iran. Israël considérant la destruction de l’Iran comme une priorité nationale absolue, on pouvait donc supposer que les États-Unis sous Trump s’aligneraient sur cette position. Une guerre contre l’Iran, telle qu’elle se profile actuellement, est en effet prévisible depuis la guerre de douze jours menée contre l’Iran en juin dernier. Selon M. Rubio, c’est l’insistance d’Israël qui a déterminé cette fois la date de l’attaque, Tel-Aviv affirmant que si les États-Unis ne s’associaient pas à une attaque, Israël agirait seul. À Washington, on a craint que des représailles iraniennes ne visent les bases américaines de la région, que les États-Unis soient ou non l’agresseur. La décision a donc été prise de soutenir Israël et de devancer toute “agression” iranienne.
Donald Trump a quelque peu contredit l’explication de Rubio en affirmant qu’il a lui-même poussé les Israéliens à déclencher l’offensive, et non l’inverse, mais ces propos tiennent plus du dérapage verbal typique de Trump que d’une analyse réaliste de la situation.
Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, alias “Rambo” aurait quant à lui soutenu l’analyse de Rubio, bien que des sources proches du dossier estiment qu’il aurait été impatient d’attaquer n’importe qui, à tout moment, juste pour démontrer qu’il en était capable, lui et ses “tueurs”. Hegseth aimerait d’ailleurs lui aussi être salué pour l’excellence et l’efficacité de la mission.
Selon une autre interprétation, c’est l’avis décisif fourni à Trump par ses deux principaux négociateurs — son gendre Jared Kushner et son associé immobilier Steve Witkoff — qui a déclenché la guerre. Ce n’est pas un hasard si tous deux sont juifs et proches du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. On se demande donc pourquoi ils ont été choisis comme négociateurs avec l’Iran. Ils sont également considérés comme de fervents sionistes, engagés envers le gouvernement israélien et tout ce qui s’y rapporte. Le New Republic décrit à quel point ces deux hommes sont incompétents, n’ayant “pas la moindre connaissance technique de l’enrichissement de l’uranium” et ayant présenté une évaluation erronée du réacteur de recherche iranien, pour conclure qu’ils “n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils disent”. Le magazine a conclu que les États-Unis sont entrés en guerre parce que Jared Kushner est “un imbécile”. Si tel est le cas, il n’est que l’un des nombreux imbéciles au sein de l’administration Trump.
Witkoff et Kushner auraient rencontré Trump avant le début de la guerre et l’auraient incité à agir contre l’Iran en se basant sur des renseignements manifestement faux fournis par les Israéliens concernant l’imminence du développement d’armes nucléaires par Téhéran. Cette révélation, conjuguée à l’avertissement de Rubio, suggère en fait qu’Israël aurait “piégé” Trump pour qu’il entre en guerre contre l’Iran. Si l’argumentaire de Rubio en faveur de la guerre contredisait les rapports des services du renseignement américains, il n’a cependant pas été contesté, car depuis des décennies, le soutien inconditionnel à Israël, sans remise en question de ses motivations ou de ses intentions, constitue le consensus bipartite du gouvernement américain. L’unique débat concernant Israël a consisté à savoir quel candidat pouvait se targuer du soutien le plus marqué en faveur d’Israël.
Les politiciens américains, corrompus par l’argent juif, consentent à financer, armer, couvrir diplomatiquement et envoyer leurs propres soldats se battre pour Israël si nécessaire. L’ancien président Barack Obama, “libéral sauf pour Israël”, l’a confirmé en armant Israël pour bombarder Gaza en 2014, puis en acceptant, en 2016, de verser 38 milliards de dollars à l’État juif provenant directement du Trésor américain, sur une période de dix ans. Ces fonds arrivent à échéance cette année et seront probablement augmentés par le Congrès, mais cela n’a guère d’importance, car des crédits spéciaux dépassant largement ce montant ont été la norme ces dernières années. Joe Biden et Donald Trump ont tous deux financé et armé la destruction récente et constante de Gaza par Israël, destruction impensable sans les ressources de la Maison Blanche. Un sort similaire est prévu pour l’Iran, afin de le “convertir en une autre Gaza”, selon au moins un éminent homme politique israélien. Les Américains remettant en cause le dévouement de la Maison Blanche envers Israël sont quant à eux régulièrement victimes de campagnes de dénigrement les qualifiant d’antisémites, comme c’est actuellement le cas pour le journaliste Tucker Carlson et le membre du Congrès Tom Massie.
Vendredi 13 au matin, Trump a réitéré, avec sa grossièreté et sa violence habituelles, les dernières nouvelles du front de la guerre contre l’Iran. Il a tweeté :
“Nous disposons d’une puissance de feu inégalée, de munitions illimitées et de tout le temps nécessaire. Regardez ce qui va leur arriver aujourd’hui à ces salauds dérangés”.
Si Trump cherche effectivement une issue à un conflit qui ne se déroule pas comme prévu, il exclut ouvertement tout règlement négocié. Netanyahu l’y encourage, sans aucun doute.
Ces déclarations ont incité un nombre croissant d’Américains à exiger la fin de la guerre à tout prix, en mettant l’accent sur l’influence d’Israël dans l’engagement initial des États-Unis dans le conflit.
C’est peut-être donc le moment opportun de mettre fin aux coûteuses relations entre les États-Unis et Israël, qui mèneront sans aucun doute à d’innombrables victimes américaines et n’apportent strictement aucun bienfait au peuple américain. Mais le problème, c’est Trump : il est peut-être épris d’Israël parce qu’il s’est converti au judaïsme, ou en raison de liens familiaux, ou peut-être est-il victime de chantage de la part de Netanyahu via des documents relatifs à Jeffrey Epstein.
Si Trump croit vraiment pouvoir déclencher une guerre au profit d’un pays étranger sans aucune procédure constitutionnelle ou légale, il doit être destitué quoi qu’il arrive. Dans un article intitulé “La folie du roi Trump”, John et Nisha Whitehead analysent comment la “présidence destructrice” de Trump s’est traduite par “des dysfonctionnements, une décadence, une dépravation et un culte de la mort”, ce qui, en quelques mots, résume l’état d’esprit régnant actuellement au sein de l’administration Trump. Des informations troublantes font état d’une rhétorique chrétienne apocalyptique utilisée pour justifier les attaques de l’administration Trump contre l’Iran, dans le cadre d’une lutte “de fin des temps” entre le bien et le mal. “Le président Trump aurait été oint par Jésus pour allumer le feu en Iran afin de provoquer l’Armageddon et de marquer son retour sur Terre”, a déclaré un commandant à son unité de combat.
Dans un article publié dans The American Conservative, George O’Neill décrit une politique étrangère mafieuse qui
“n’est pas seulement illégale mais nous ruine également moralement et financièrement. Nous avons injecté des milliers de milliards de dollars dans ces conflits, accumulant une dette supérieure au PIB de n’importe quel pays. Le rêve du Grand Israël, avec son ambition expansionniste, nous entraîne dans un conflit perpétuel, et les lobbies étrangers instrumentalisent notre armée comme une milice privée”.
Le risque inhérent au “lien indéfectible” unissant les États-Unis à l’État juif présente, à un certain égard, des caractéristiques uniques. Donald Trump et son ami israélien Bibi ont tous deux le doigt sur la gâchette nucléaire de leur pays respectif et ont tous deux fait preuve d’un comportement qu’on pourrait qualifier d’imprudent, voire de “potentiellement catastrophique”. Les Israéliens ont même une doctrine d’utilisation de leurs armes appelée “Option Samson”, qui consiste notamment en une politique nucléaire de dernier recours non déclarée, mais connue de longue date, et qui prévoit une riposte massive impliquant le bombardement non seulement des voisins hostiles, mais aussi de pays situés ailleurs dans le monde s’ils estiment qu’ils n’ont pas fait assez pour les aider ou les protéger. Rome, par exemple, est présumée être l’une des cibles, présentant ainsi l’avantage supplémentaire de détruire du même coup le catholicisme romain. N’est-ce pas là le genre de mentalité qui plairait également à Donald Trump ? Bien sûr que si !
Traduit par Spirit of Free Speech
- Source : The Unz Review (Etats-Unis)












