Gaz : l’UE bannit la Russie mais officialise sa dépendance aux États-Unis, selon Oxford Economics
Les essentiels de cette actualité
- L’UE a remplacé sa dépendance au gaz russe par une reliance accrue sur les États-Unis, comme le souligne Oxford Economics, avec des importations américaines passant de 5% en 2021 à 30% d’ici 2026.
- Les exportations de GNL américain exposent l’Europe à des risques géopolitiques croissants, tels que des interruptions potentielles sous une administration Trump.
- Un simple accroc dans les livraisons pourrait faire bondir les prix du gaz de 30 euros par MWh, freinant la croissance économique et accélérant l’inflation en Europe.
- Avec les alternatives épuisées et l’interdiction du gaz russe en 2027, l’Europe se retrouve piégée, posant la question de sa véritable autonomie énergétique face aux caprices américains.
Bruxelles fanfaronne sur sa libération du gaz russe, comme si claquer la porte à Poutine réglait tous les problèmes. Mais à y regarder de plus près, l’Europe n’a pas gagné en indépendance : elle a simplement troqué Moscou contre Washington. Une étude d’Oxford Economics, reprise par Il Foglio, le dit sans ambages : l’Europe a remplacé une dépendance par une autre, bien plus précaire.
En 2021, le gaz américain ne représentait que 5 % des importations européennes. Aujourd’hui, cette part atteint 23 % pour 2025 et grimpera à 30 % l’année suivante. Pire, près de 60 % du GNL qui arrive sur les quais européens provient des États-Unis.
Incapables de produire suffisamment sur le sol européen, les élites de l’UE se sont ruées sur cette manne présentée comme un remède miracle à la « sécurité énergétique ».
L'Europa ha spostato la dipendenza del gas da Mosca a Washington, senza risolvere il problema. Parla Jack Reid
— Il Foglio (@ilfoglio_it) January 24, 2026
Di Davide Mattonehttps://t.co/N6IDddCEDf
Le GNL américain, un piège géopolitique qui se referme sur l’Europe
Cette exposition brutale révèle une vulnérabilité bien réelle. Jack Reid ne mâche pas ses mots :
« Le marché européen du gaz est vulnérable parce que sa dépendance vis-à-vis des États-Unis augmente. »
Et pour cause : les États-Unis ont déjà montré qu’ils pouvaient couper le robinet sans prévenir.
En 2024, sous Biden, l’administration a suspendu purement et simplement les nouvelles licences d’exportation de GNL, un coup de frein brutal qui a ébranlé les marchés.
Avec le retour de Trump à la Maison Blanche, l’incertitude grimpe d’un cran. Lui, qui aime bousculer ses alliés européens, pourrait réorienter ces cargaisons vers l’Asie, où les prix s’envolent et où les acheteurs paient comptant.
Pendant ce temps, les Européens voient leurs factures d’énergie exploser et leur croissance patiner. Des tensions géopolitiques au Groenland ou au Panama pourraient même bloquer les routes maritimes du GNL. Cette vassalité énergétique représente le prix d’une autonomie illusoire, un asservissement qui pèse sur le quotidien des citoyens au profit de discours déconnectés.
Europe's LNG imports will hit a record this year, the IEA says 🇪🇺🚢
— Stephen Stapczynski (@SStapczynski) January 23, 2026
📈 The EU is turning to LNG to replace Russian pipeline gas
🇺🇸 And now the US is the biggest supplier of LNG to Europe. That trend is poised to continue as new US export projects ramp-up output pic.twitter.com/OPFA7K2UIV
Un simple accroc et c’est la débâcle économique
Imaginez un simple accroc dans les livraisons de GNL américain : des prix du gaz qui bondissent de 30 euros par MWh, une croissance qui trébuche de 0,3 point en 2026 et une inflation qui s’envole d’un bon point et demi. Ce n’est pas de la science-fiction, mais le scénario cauchemardesque qui guette l’Europe.
Les alternatives ? Épuisées. La Norvège tourne déjà à plein régime, à bout de souffle. La Russie est bannie par les élites bruxelloises dans leur croisade idéologique. Et le Qatar ? Il a verrouillé ses contrats à long terme avec l’Asie, jugée plus lucrative.
Résultat : pas de plan B. Bruxelles, qui prône l’autonomie énergétique depuis des années, a enfermé l’Europe dans ce piège, exposée aux caprices de la realpolitik américaine. Sous Trump, la situation pourrait virer au cauchemar si les cargaisons filent vers Pékin pour de meilleurs prix.
L’Union européenne a approuvé l’interdiction d’acheter du gaz russe, portant un nouveau coup économique à Moscou et au président Vladimir Poutine.
— Journal la Diaspora (@JdelaDiaspora) January 26, 2026
Cette décision intervient à la veille de nouvelles discussions de paix autour du conflit entre l’Ukraine et la Russie, dans un… pic.twitter.com/fvR65UTuD5
Bruxelles s’enfonce : adieu au gaz russe, bonjour la crise des stocks
Le 26 janvier, le Conseil de l’UE a franchi le pas avec une interdiction totale du gaz russe, prévue pour début 2027 concernant le GNL et pour septembre concernant les gazoducs. Une décision qui tombe comme un couperet, alors que l’Europe s’est déjà enfermée dans une vassalité énergétique vis-à-vis des États-Unis, sans le moindre filet de sécurité.
Bruxelles martèle la réduction de la consommation et une transition verte à marche forcée, mais ces effets ne se feront sentir que dans dix ans. À court terme, l’Europe est contrainte de se serrer la ceinture, avec des réserves déjà inférieures de 15 % à la moyenne des cinq dernières années. L’hiver 2026 pourrait bien virer au cauchemar, avec des prix du gaz qui s’envolent et des usines qui tournent au ralenti.
Du côté de Moscou, le ton est ouvertement moqueur. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lance cette pique acérée :
« Le temps montrera si les Européens sont des vassaux heureux ou des esclaves malheureux. Mais de leur liberté, ils ont déjà renoncé ».
Et elle n’a pas tout à fait tort, quand on voit Bruxelles piéger ses citoyens dans cette exposition géopolitique risquée, au nom d’une souveraineté qui n’existe que sur le papier.
- Source : Géopolitique Profonde















