www.zejournal.mobi
Lundi, 06 Déc. 2021

Covid: 40 soignants attaqués en justice par leurs patients

Auteur : Anne Bayle-Iniguez | Editeur : Walt | Samedi, 02 Oct. 2021 - 09h25

La pandémie génère pour les assureurs de nouveaux sinistres : retards de soins, conflits liés à la vaccination ou aux téléconsultations.

L’assureur spécialiste des professions de santé MACSF a publié ce mardi son rapport annuel sur le risque des professionnels de santé en France. Cette édition est fortement marquée par la pandémie de coronavirus.

La crise sanitaire est à l’origine d’une multitude de nouveaux risques auxquels les assureurs doivent faire face. La MACSF-Le Sou médical a ainsi ouvert une quarantaine de dossiers mettant en cause des professionnels de santé parmi ses sociétaires, directement liés à la pandémie et à ses conséquences sur les soins apportés aux Français.

L’assureur couvre en responsabilité médicale 515 000 soignants (dont 150 000 médecins et 125 000 infirmiers) et une centaine de cliniques privées. Les hôpitaux publics ne font pas partie de son portefeuille, ce qui explique le faible nombre de procédures enclenchées. « Il s’agit d’un bilan très provisoire, indique Nicolas Gombault, directeur général délégué du groupe MACSF. Il faut prendre en considération un effet retard dans les déclarations. » Toutes les procédures sont en cours. Les premiers jugements devraient tomber en 2022.

La majorité des déclarations de sinistres concernent des déprogrammations d’actes et d’interventions, ainsi que des fermetures de cabinets de médecins généralistes et spécialistes causant un retard de prise en charge et, partant, une perte de chance pour le patient. L’un d’entre eux, présentant un glaucome et une cataracte, a perdu la vue après un report de six mois de sa chirurgie programmée. « La plupart du temps, les professionnels de santé n’ont pas la main sur les plannings, ils n’ont pas eu les moyens de forcer les tableaux opératoires », précise Nicolas Gombault.

Des patients se sont également retournés contre les soignants pour des infections nosocomiales liées à la Covid-19, que la solidarité nationale prendra en charge dans les cas les plus graves. Prévoyant, le gouvernement a abondé l’office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) pour 2022, via le budget de la Sécurité sociale, de 135 millions d’euros.

Mycose. La MACSF-Le Sou médical a aussi ouvert une dizaine de dossiers relatifs à la vaccination contre la Covid-19 (utilisation d’une seringue usagée, injection d’un sérum physiologique au lieu du vaccin, apparition d’une thrombose de l’œil). Trois cas impliquent des décès, sans qu’un lien de cause à effet n’ait été établi. Sauf exception, la charge de l’indemnisation devrait revenir à l’Oniam qui couvre depuis 2006 tout sinistre relèvant de la vaccination obligatoire. L’organisme a ainsi traité 206 dossiers liés au vaccin contre la grippe H1N1.

Enfin, le boom de la téléconsultation (19 millions d’actes remboursés par l’assurance-maladie en 2020 contre 400000 par mois avant la crise) a eu un impact fort sur les activités de la MACSF. A titre dérogatoire, l’Assurance-maladie a autorisé les médecins à téléconsulter par téléphone (sans visuel, donc) et sans avoir rencontré le patient auparavant. Un médecin est aujourd’hui au pénal pour homicide involontaire à la suite du décès par coma diabétique d’un patient de 40 ans, obèse (215 kg), sept jours après une téléconsultation pour une mycose buccale. Un autre généraliste est en procès pour mauvais diagnostic sur un patient contaminé par la Covid et décédé d’une péritonite depuis.


- Source : L'Opinion

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...

Abonné par e-mail

Recevez notre newsletter, nous l'envoyons à votre email

  


Fermé