Gabriel Attal se voit déjà en couple à l’Élysée avec Stéphane Séjourné : « Évidemment que nous serions ensemble à l’Élysée »
Gabriel Attal est candidat à l’élection présidentielle de 2027 et se projette déjà dans les appartements de l’Élysée avec Stéphane Séjourné. Une information qui passionnera peut-être les magazines people. Pour les Français qui cherchent un médecin, comptent leurs courses ou découvrent que leur maternité ferme faute de personnel, la question de savoir qui partagera la chambre présidentielle risque toutefois de ne pas arriver en tête des urgences nationales.
Gabriel Attal n’a pas encore gagné l’élection présidentielle, mais le déménagement semble déjà bien avancé dans les conversations. Invité de Darius Rochebin sur LCI le 25 août, l’ancien Premier ministre a confirmé qu’il vivait avec Stéphane Séjourné et qu’en cas de victoire en 2027, son compagnon le rejoindrait naturellement au palais présidentiel : « Évidemment que nous serions ensemble à l’Élysée. » Voilà donc un dossier réglé. Il reste simplement quelques formalités : une campagne, des millions d’électeurs, deux tours et éventuellement un pays à gouverner.
Homosexuel, hétérosexuel : ce n’est toujours pas un programme présidentiel
Si Gabriel Attal était élu en 2027, il deviendrait effectivement le premier président français ouvertement homosexuel. Historiquement, l’information aurait sa place. Politiquement, elle ne dit absolument rien de sa capacité à redresser les comptes publics, remettre des médecins dans les hôpitaux, améliorer l’école, restaurer les services publics ou répondre aux difficultés des salariés.
C’est précisément là que la communication autour de son homosexualité finit par fatiguer. Non parce qu’il est homosexuel, mais parce que son orientation sexuelle n’a pas davantage à devenir un argument électoral que l’hétérosexualité d’un autre candidat. Les Français n’élisent ni un mari, ni une épouse, ni un modèle familial. Ils élisent théoriquement quelqu’un pour diriger le pays.
Gabriel Attal avait déjà déclaré que « les Français sont assez ouverts pour élire un président homosexuel ». Sans doute. Mais la question la plus urgente serait plutôt de savoir s’ils sont prêts à élire Gabriel Attal pour son projet. Ce sont deux sujets très différents. Être homosexuel ne constitue pas une compétence supplémentaire qui devrait nécessiter une campagne permanente de justification.
Pendant ce temps, l’hôpital continue de perdre des lits
Le problème avec les petites histoires de palais, c’est qu’elles arrivent dans un pays qui a quelques gros problèmes à régler. La Drees indique qu’en 2024, la France a encore perdu environ 2 300 lits d’hospitalisation complète. La baisse se poursuit depuis des années, parallèlement au développement de l’ambulatoire. La DRESS compte 32 000 à 33 000 lits d’hospitalisation complète en moins en France entre fin 2017 et fin 2024
En Loire-Atlantique, la situation a pris cet été une forme particulièrement concrète : la maternité d’Ancenis a dû suspendre les accouchements pendant une semaine faute de gynécologue-obstétricien disponible. Les femmes concernées ont été orientées vers des établissements situés à 45, 48, 54 ou 56 kilomètres.
Là, curieusement, la question du compagnon qui habitera l’Élysée devient légèrement secondaire. Quand une femme enceinte doit prévoir cinquante kilomètres de route parce que le service près de chez elle ne peut plus assurer un accouchement, elle attend probablement du futur président autre chose qu’une visite guidée anticipée de sa vie sentimentale.
Même constat du côté des pompiers et des services publics qui travaillent depuis des années avec des effectifs sous tension. La France a suffisamment de problèmes très matériels pour qu’un candidat à la magistrature suprême soit évalué sur ce qu’il compte en faire.
Attal veut prendre ses distances avec Macron, mais il vient bien de la macronie
Gabriel Attal tente aujourd’hui de construire sa propre candidature et de prendre suffisamment de distance avec Emmanuel Macron pour ne pas devoir porter chaque valise des deux quinquennats précédents. C’est compréhensible électoralement. Cela ne permet pas pour autant d’effacer son parcours.
Porte-parole du gouvernement, ministre des Comptes publics, ministre de l’Éducation nationale puis Premier ministre : Attal n’a pas découvert la macronie en regardant les informations. Il en a occupé plusieurs des postes les plus importants. Lorsqu’il se présente désormais comme celui qui pourrait réparer le pays en 2027, son bilan dans les gouvernements précédents fait donc naturellement partie du dossier.
Il en va de même pour les choix budgétaires internationaux. La France a engagé plusieurs milliards d’euros de soutien militaire à l’Ukraine depuis 2022. Le ministère des Armées chiffrait déjà à plus de 5,1 milliards d’euros le soutien militaire français comptabilisé jusqu’au 1er mai 2024, équipements et contribution française à la Facilité européenne pour la paix compris.
On peut parfaitement défendre ce choix au nom du soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe. Mais il est tout aussi légitime que les électeurs demandent à un candidat comment il compte financer simultanément la défense, l’hôpital, les retraites, l’école, la sécurité civile et le pouvoir d’achat. Voilà une discussion présidentielle. Qui déposera sa brosse à dents dans quelle salle de bains de l’Élysée l’est nettement moins.
L’Élysée n’est pas encore une agence immobilière
La comparaison avec le général de Gaulle vient facilement à l’esprit, même si les époques médiatiques ne sont évidemment plus les mêmes. On imagine difficilement une grande interview présidentielle des années 1960 consacrer plusieurs minutes à savoir comment Yvonne de Gaulle organiserait sa vie dans les appartements privés du palais. Les codes ont changé. Désormais, la personnalité du candidat, son couple, ses vacances et parfois son petit-déjeuner deviennent des éléments du produit politique.
Mais une présidentielle n’est pas un casting de série. Le bulletin de vote n’est ni un PACS, ni un certificat de bonne conduite privée. Que Gabriel Attal aime un homme, une femme ou décide demain de vivre seul ne devrait peser exactement aucun gramme dans l’évaluation de sa capacité à présider la République.
Ce que les électeurs sont en droit de demander est beaucoup moins intime et beaucoup plus compliqué : combien de lits d’hôpital ? Combien de médecins ? Quelle politique industrielle ? Quels salaires ? Quelle dette ? Quelle école ? Quelle diplomatie ? Quelle sécurité ? Et surtout : avec quel argent ?
Pour l’instant, Gabriel Attal nous apprend donc qu’en cas de victoire Stéphane Séjourné habitera avec lui à l’Élysée. Très bien. L’information est enregistrée. Maintenant que le plan de couchage est réglé, il reste éventuellement à présenter aux Français un plan suffisamment convaincant pour qu’ils lui donnent les clés.
- Source : Le Média en 4-4-2












