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Vendredi, 13 Févr. 2026

Caroline Yadan relaie une citation fausse — et Jean-Noël Barrot demande le départ de Francesca Albanese

Auteur : Le Média en 4-4-2 | Editeur : Walt | Vendredi, 13 Févr. 2026 - 14h44

Une phrase attribuée à Francesca Albanese circule, Caroline Yadan la brandit pour exiger une “révocation immédiate”, puis la séquence remonte jusqu’à une position officielle. Sauf que la phrase, d’après le fact-check, n’est pas celle prononcée. Résultat : une offensive politique construite sur une citation fantôme.

Il y a des jours où l’on se demande si la diplomatie française a besoin d’un service de vérification des faits… ou simplement d’un bouton “lecture” avant de dégainer le bouton “indignation”.

Car l’épisode Francesca Albanese — rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens — ressemble à une scène déjà vue : une citation choc circule, une personnalité politique s’en empare, l’appareil institutionnel embraye… puis on découvre que la phrase attribuée n’a jamais été prononcée.

Acte I — La phrase parfaite… donc forcément vraie ?

Le point de départ, selon le fact-checking du Parisien, tient en une sentence virale attribuée à Francesca Albanese : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité ».
Dimanche, Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France (dont Israël), relaie cette phrase sur X et demande au Quai d’Orsay de solliciter la “révocation immédiate” de la rapporteuse.

Une citation simple, percutante, faite pour allumer un incendie. Sauf détail : elle n’existe pas.

Acte II — “Vérifier la source ? Inutile. Indigner la salle ? Prioritaire”.

L’extrait vidéo de l’intervention de Francesca Albanese (forum à Doha) montre qu’elle ne prononce jamais « Israël est l’ennemi commun de l’humanité ». Elle dit exactement cette phrase lors du forum AJ :

« l’ennemi commun de l’humanité est LE SYSTÈME qui a permis le génocide en Palestine, y compris le capital financier qui le finance, les algorithmes qui l’obscurcissent et les armes qui le rendent possible ».

Mais quand un récit est lancé, il a la solidité d’un train : il ne freine pas au premier panneau “contre-vérité”.

Résultat : Caroline Yadan réutilise la citation tronquée à l’Assemblée nationale.

Acte III — Le niveau supérieur : quand l’État reprend la rumeur en costard-cravate

Là où l’histoire quitte la mauvaise foi ordinaire pour entrer dans la catégorie “raison d’État sans fact-check”, c’est que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot demande ensuite le départ de la rapporteuse, sans signaler — dans l’épisode relaté — que la phrase qui a mis le feu aux poudres est contestée car inexistante.
RFI rapporte aussi la position française appelant à sa démission, sur la base de propos jugés “inacceptables”, et mentionne la dynamique politique autour de cette demande.

On résume :

  1. une citation est attribuée,

  2. elle est démentie par la vidéo,

  3. elle est répétée quand même,

  4. elle sert de tremplin à une demande officielle au sommet de l’État.

La morale ? La vérité n’est pas indispensable quand l’émotion est prête et que le communiqué est déjà rédigé.

Le “mensonge d’État” : prudence sur les mots, gravité sur les faits

Parler de “mensonge d’État” suppose une intention démontrée. Ce que les sources établissent de façon nette, c’est plutôt ceci : une citation fausse/altérée a été relayéerépétée, puis a alimenté une position politique et diplomatique de premier plan.

Et c’est déjà extrêmement sérieux : quand la mécanique institutionnelle s’emballe sur une phrase qui n’a jamais été dite, ce n’est pas un “dérapage” — c’est une méthode : l’ère du procès en indignation où la vérification arrive après la sanction, si elle arrive.

Médias (et sites) qui ont relayé la formule “Israël = ennemi commun” comme citation

  • i24NEWS (FR) — titre : « L’humanité a un ennemi commun : Israël »
  • All Israel News (FR) — reprend l’idée “qualifie Israël d’ennemi commun de l’humanité”
  • All Israel News (EN) — même angle “calls Israel ‘common enemy of humanity’”
  • JNS (Jewish News Syndicate) — “referred to Israel as humanity’s ‘common enemy’”
  • The Times of Israel (AFP/ToI) — présente les propos comme “common enemy” visant Israël (et mentionne qu’Albanese parle de “manipulation”)
  • Causeur — cite explicitement « l’humanité a un ennemi commun : Israël »
  • Atlantico — affirme qu’elle a “désigné Israël comme ‘ennemi de l’humanité’”
  • World Israel News — reprend “Humanity now has a common enemy” en l’attachant à Israël
  • IsraJ (israj.media-j.com) — titre : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité »
  • Kountrass — reprend “ennemi commun” en disant que ça vise Israël
  • New York Post (opinion) — relaie “Humanity has a common enemy” en l’interprétant comme une attaque contre Israël

Conclusion ironique (mais factuelle)

Dans ce feuilleton, la France ne s’est pas contentée de “réagir” : elle a réagi à une phrase fantôme.
Et pendant que certains exigent des têtes “avec effet immédiat”, la réalité — elle — continue de demander un tout petit effort révolutionnaire.

***

Francesca Albanese: Paris réclame une démission sur la base d’une citation controversée

Accusée d’avoir qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité », Francesca Albanese, la porte-voix des Palestiniens à l’ONU, est la cible d’une offensive diplomatique française. Accusée d'antisémitisme, elle dénonce un "système" génocidaire à Gaza. La France exige sa démission.

Lors d'une visioconférence à Doha le 3 février, organisée par Al Jazeera, Francesca Albanese a évoqué un "ennemi commun" : le réseau financier, médiatique et militaire qui, selon elle, facilite le "génocide" à Gaza. Cette nuance, essentielle, a été occultée par une déformation relayée par la députée française Caroline Yadan sur X, puis amplifiée à l'Assemblée nationale. Résultat : le ministre Jean-Noël Barrot réclame sa révocation.

L'origine : une citation tronquée? Un tweet viral

Caroline Yadan, députée macroniste des Français de l'étranger, poste sur X : "Israël est l’ennemi commun de l’humanité", attribué à Albanese.

Pourtant, l'enregistrement de son intervention à Doha est claire. La rapporteuse Francesca Albanese n'a jamais visé le peuple israélien ou la nation en tant que telle. Elle a désigné comme « ennemi commun » un système : celui du capital financier débridé, des algorithmes de censure et de l'industrie de l'armement qui permettent la poursuite du drame à Gaza.

Elle cible les soutiens globaux à une politique qu'elle juge génocidaire, non un peuple.

Malgré cette mise au point, Caroline Yadan et une quarantaine d’élus macronistes poussent pour sa révocation immédiate, auprès de Jean-Noël Barrot le 10 février.

Barrot, sans vérification, enfonce le clou : "Propos outranciers visant Israël en tant que nation".

La réaction française : entre diplomatie et alignement partisan ?

Mercredi 7 février, à l'Assemblée, Barrot dénonce une "militante politique" justifiant le 7 octobre, évoquant un "lobby juif" ou comparant Israël au IIIe Reich. « C’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien qu’elle entend pourtant défendre et des Nations unies », a dénoncé Jean-Noël Barrot à l’Assemblée nationale hier.

La députée Mathilde Panot (LFI) a dénoncé une politique étrangère fondée sur une « fake news », et d’ajouter sur X : « Vos accusations sont d’une gravité extrême, puisque les propos que vous condamnez n’existent pas ! »

Francesca Albanese, Italienne de 47 ans, paie cher son mandat. L'été 2025 marque un tournant : le 9 juillet, sous l'administration Trump, le secrétaire d'État Marco Rubio l'inscrit sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) via l'Executive Order 14203, initialement dirigé contre la CPI. Motif officiel : ses interactions avec la Cour pénale internationale et ses lettres aux entreprises accusées de complicité. Le rapport d'Albanese de juin 2025, "From Economy of Occupation to Economy of Genocide", nomme explicitement Lockheed Martin, Boeing, Amazon, Microsoft, Palantir, BlackRock....Conséquences concrètes : gel d'actifs, interdiction d'entrée aux USA, exclusion du système bancaire mondial.

Cette affaire Albanese expose la fragilité de la vérité face aux narratifs dominants. Haïr une religion est irrationnel ; dénoncer des actes inhumains est un devoir. C'est exiger le respect des droits humains pour tous.

Source: Lalaina Andriamparany - Le Courrier des Stratèges


- Source : Le Média en 4-4-2

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