www.zejournal.mobi
Mardi, 10 Févr. 2026

« Pourquoi le Gouverneur de la Banque de France démissionne-t-il ? »

Auteur : Charles Sannat | Editeur : Walt | Mardi, 10 Févr. 2026 - 13h38

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau vient d’annoncer avec surprise sa démission et le fait qu’il allait devenir Président de la Fondation des apprentis d’Auteuil…

Quelle mouche vient donc de piquer notre Gouverneur de ce qu’il reste de notre banque centrale qui n’est plus souveraine vu qu’elle dépend désormais de la BCE ?

Je me suis dit vu le contexte actuel que notre bon gouverneur allait peut être se faire attraper dans l’affaire qui vient de coûter à Jack Lang son poste et sa retraite dorée à l’Institut du Monde Arabe. Je me suis donc empressé d’aller vérifier sa présence dans les fichiers de l’affaire concernée, que je ne nommerai pas n’étant pas suicidaire. Bref, et bien, rien. Nada. Même pas un petit mail à son sujet. Remarquez, je ne suis pas très surpris, à la BNP on n’a pas la gaudriole facile mais c’est un autre sujet et une blague d’anciens de la BNP. Bref. C’est pas ça.

Alors on peut se dire qu’il a peur que l’économie s’effondre et qu’il veut partir à temps, quitter la ville et aller se mettre au vert à la campagne… bon dans ce cas on ne devient pas président d’une fondation.

Non. Pas ça.

Alors serait-ce un désaccord avec le petit père des peuples, phare du palais et Mozart de la finance ?

Rien ne laisse entendre que Macron et lui auraient des différents menant à une démission.

La théorie la plus crédible à ce stade serait donc au contraire que Villeroy de Galhau démissionne afin de permettre à notre grand mamamouchi de nommer son successeur et un successeur bien aligné sur la ligne du parti, européiste, pro-euro et bien macroniste.

Cela tombe bien figurez-vous car la rumeur dit que Emmanuel Moulin serait favori pour le gouvernorat, lui qui est actuellement secrétaire général de l’Élysée !!

C’est ce que l’on appelle nommer un homme de confiance à un poste clef et le faire avant et en anticipation de ce que pourrait faire un futur président de la république qui serait peut-être un peu moins euro-béat.

Cela ressemble donc non pas à une démission, mais à une commande de Bruxelles et de la BCE face aux incertitudes qui pèsent sur la succession au trône de notre monarque du palais.

Voici la vidéo de notre gouverneur !

***

Démission surprise de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France : L’art de quitter le navire en temps utile

Le 9 février 2026, l'annonce de la démission de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a provoqué un séisme feutré dans l'establishment financier. Programmé pour juin, soit avec seize mois d'avance sur l'échéance normale de son mandat, ce retrait soudain ne doit rien aux caprices du hasard. Derrière le vernis des communiqués officiels se dissimulent des calculs politiques savants et l'éventualité d'une crise financière que plus personne n'ose nommer. Ce départ, présenté comme un choix personnel, sent étrangement le coup monté dans les couloirs du pouvoir.

Un produit parfait du système

À 66 ans, François Villeroy de Galhau incarne l’archétype même de l’énarque polytechnicien, formé dans le moule des élites françaises et rompu à l’art de naviguer entre secteur public et intérêts privés. Son parcours sinueux l’a mené de la direction générale des Impôts aux antichambres de l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, puis aux étages directoriaux de BNP Paribas. Porté à la tête de la Banque de France par François Hollande en 2015, il fut chaleureusement reconduit par Emmanuel Macron en 2021, preuve s’il en fallait de son habileté à servir des maîtres politiques différents sans jamais renier sa ligne fédéraliste. Pilote durant la « crise du Covid » et la flambée inflationniste consécutive à la guerre en Ukraine, il a surtout mené à bien une restructuration brutale de l’institution, amputant près de 30% de ses effectifs sous couvert de modernisation. Europhile convaincu, il n’a cessé de plaider à Francfort pour une politique monétaire accommodante, s’opposant régulièrement aux partisans allemands d’une rigueur budgétaire plus stricte.

La philanthropie comme alibi de convenance

La raison officielle avancée tient du conte moral : le gouverneur irait se consacrer entièrement à la présidence de la Fondation Apprentis d’Auteuil, œuvre catholique dédiée à la protection de l’enfance. Dans les colonnes complaisantes des Échos, il évoque sans sourciller « la plus belle mission de [sa] vie », comme si son passage à la tête de l’institution monétaire la plus puissante du pays n’avait été qu’une simple étape avant l’œuvre véritable. L’Élysée et Bercy, dans un concert de louanges bien réglé, saluent son « sens du service public » et sa « rigueur incontestable ». Une sortie en beauté, soigneusement chorégraphiée, qui ne devrait en théorie affecter en rien la politique monétaire de la BCE, désormais unifiée autour d’une ligne orthodoxe. Reste la question épineuse du successeur : l’Élysée devra choisir entre plusieurs technocrates issus du même sérail, perpétuant ainsi la doctrine économique macronienne au-delà du mandat présidentiel.

Première hypothèse : le verrouillage institutionnel avant la tempête politique

La première lecture voit dans ce départ une manœuvre institutionnelle de haute volée. En quittant ses fonctions maintenant, Villeroy offre sur un plateau à Emmanuel Macron la possibilité de nommer un successeur loyaliste, verrouillant ainsi le poste pour un mandat de six ans entier. L’objectif inavoué serait d’empêcher un futur président, que les sondages présentent de plus en plus comme potentiellement issu du Rassemblement National, de placer son homme à la tête de cette institution stratégique. Une stratégie de « préemption » déjà éprouvée à la Cour des comptes et dans d’autres autorités administratives indépendantes. Des médias comme le Huffington Post perçoivent ce calendrier comme une « stratégie calculée » visant à sécuriser les leviers du pouvoir économique face à un possible changement de régime.

Seconde hypothèse : la fuite éperdue d’un initié devant la catastrophe

L’autre explication, plus sombre et anxiogène, sent la poudre et la panique. Certains analystes, à l’instar de François Asselineau, y décèlent la frayeur légitime d’un initié ayant accès aux chiffres les plus sensibles. Ayant sous les yeux l’abîme des finances publiques françaises — une dette avoisinant les 3 100 milliards d’euros et un déficit structurel chronique —, Villeroy de Galhau anticiperait des mesures de sauvetage drastiques et impopulaires qui devraient être prises d’ici 2027. Ponctions sur l’épargne réglementée, restructuration forcée de la dette, recapitalisations d’urgence : l’arsenal de la dernière chance. Il préférerait ainsi quitter la scène avant que n’éclate au grand jour l’ampleur de la catastrophe, préservant sa réputation et évitant que son nom ne soit associé à ce qui s’annonce comme le plus grand fiasco financier de l’après-guerre. Cette fuite devant l’histoire, bien que non corroborée par des sources officielles, corrobore les avertissements les plus alarmistes sur l’état réel du pays et nourrit les théories les plus extrêmes sur une faillite imminente de l’État.

L’indépendance en trompe-l’œil d’une institution sous influence

Ce départ opportun, quelle qu’en soit la motivation réelle, met en lumière la porosité délétère entre haute fonction technique et calcul politique partisan. Qu’il s’agisse de consolider l’emprise d’un camp sur les leviers de l’État ou d’esquiver un désastre dont on ne veut pas endosser la responsabilité, la version officielle — le noble choix humanitaire — ne convainc que les naïfs et les complices. La Banque de France, symbole d’une indépendance théorique chèrement acquise, reste en réalité un enjeu de pouvoir crucial, ballottée entre les ambitions de l’Élysée et les diktats de Francfort. La nomination de son prochain gouverneur, entièrement entre les mains d’Emmanuel Macron, sera un test révélateur de l’état de notre démocratie économique, à l’heure où la dette menace d’emporter dans son vortex ce qui reste de souveraineté et de stabilité.

par Yoann - Le Média en 4-4-2


- Source : Insolentiae

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )