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Lundi, 26 Oct. 2026

À Trappes, Macron sous les huées : « N… ta mère »

Auteur : Georges Michel | Editeur : Walt | Lundi, 26 Oct. 2026 - 20h48

Vous n’avez peut-être pas vu ces images qui, depuis deux jours, font le tour des réseaux sociaux, à défaut des plateaux télé. Elles sont terribles. Les voitures noires du long cortège présidentiel quittent, nuitamment, à grande vitesse, la ville de Trappes après qu’Emmanuel Macron a osé y délivrer ce discours mensonger, véritable insulte aux nombreuses victimes du terrorisme depuis des décennies dans ce pays. Les voitures noires du long cortège présidentiel filent sous les lumières blafardes des lampadaires de la ville mais aussi sous les huées, les insultes de jeunes gens du coin (d’aucuns diront des cités voisines). « Eh, nique ta mère ! » ; « Eh, nique vos mères d’ici là ! » ; « C'est bon, on va aller courser maintenant ! Bloque la route ! », peut-on entendre.


Enfermé dans ses certitudes et sa voiture blindée

Et une main, émergeant de la fenêtre arrière droite (la place de l'autorité) d’une berline qu’on devine être celle du Président, de saluer ces « braves gens ». Peut-être leur lance-t-il un désormais traditionnel « Merci-à-tous-et-à-toutes ! », même si, on imagine, il y a peu de « toutes » dans ce « joyeux monôme » vespéral. Tout est résumé ici. Comme si le Président était puni par une sorte de justice immanente après avoir commis son discours de la honte. Un discours de honte, car au lieu de rassembler, il a un peu plus divisé un pays pourtant déjà tellement fracturé. Puni par ceux-là mêmes dont il ne cesse d’essayer, depuis dix ans, en vain, de se concilier les bonnes grâces.

Ces images furtives, qui ne durent que quelques secondes, symbolisent en quelque sorte les presque dix ans qui viennent de s’écouler : un homme enfermé seul dans ses certitudes et sa voiture blindée, filant à grande vitesse vers un trou noir qui s’appelle la fin de la France, le chaos, la déliquescence de l’État. Un État bafoué, ridiculisé, privatisé aussi par une caste macronisée, sourde aux attentes du peuple. En voyant ces images, on se remémore le film d'horreur de ces dix ans de macronisme : les coups de menton de l’homme de main du jeune et fringant Président de l’époque, le sinistre Christophe Castaner (heureusement disparu de la scène politique) qui parlait, bravache, de la « reconquête républicaine » des quartiers. « Eh, nique ta mère ! », lui a-t-on fait savoir, depuis Trappes.

Son règne est mort. Le sait-il ?

On se souvient, aussi, de ces mots prononcés en 2015 par celui qui fut un furtif ministre de l’Économie : « Le grand absent de la politique est la figure du roi. » Avec cette emphase petit-bourgeois qu’on lui connaît, il avait même parlé d’« une forme d'incomplétude » et avait estimé que les Français n’avaient pas voulu la mort de Louis XVI. C’est certain. Ce qui est certain, aussi, c’est qu’aujourd’hui, si les Français ne souhaitent évidemment pas la mort de celui qui est tout sauf un roi, même s’il se plaît à fréquenter les têtes couronnées, ils sont une immense majorité à ne plus le supporter : politiquement, humainement et même – osons le dire – physiquement. En voyant ces images de Trappes, on pense aussi au cortège funèbre de Louis XV qui fit discrètement le voyage de Versailles à Saint-Denis, tant celui qu’on avait appelé au début de son long règne le Bien-Aimé était devenu le Mal-Aimé. Macron n’est pas mort, mais son règne l’est. Le sait-il, d’ailleurs ?

En mai 1981, Valéry Giscard d’Estaing quitta l’Élysée sous les huées. Avec le recul, ce fut sans doute injuste. Lorsque Macron en fera de même dans quelques mois, on imagine à quoi ça pourrait ressembler. Entre la fuite à Varennes et le départ de Trappes. Une sortie en hélico est possible. Sinon, les souterrains des couloirs du temps.


- Source : Boulevard Voltaire

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