Quota Climat : les 17 commandements de l’écologie punitive
Le 10 juillet dernier, l’association Quota Climat, dont l’action vise à contrôler l’information diffusée par les médias sur les questions climatiques, a annoncé la mise en place d’un nouvel étage à sa fusée avec un ensemble de 17 propositions « pour lutter contre la désinformation environnementale et garantir une information scientifique de qualité ».
Influer sur la planification macroniste de l’écologie
Ces dernières font écho au communiqué diffusé par l’Élysée le 19 mai à l’issue du « 5e Conseil de planification écologique du quinquennat », lequel fait le point sur la planification de la politique écologiste gouvernementale, mais annonce aussi qu’un « plan national pour l’accès à l’information sur l’environnement et le climat sera présenté cet été » et que le Haut Conseil pour le climat entreprendra, au second semestre, « une mission sur la place du fait scientifique et de la parole des scientifiques dans le débat public en matière de transition ».
L’Élysée justifie ces initiatives du fait de la nécessité qu’il y aurait de « préserver les bases d’un débat démocratique sain sur la transition écologique », et ce, alors que « les certitudes de Français sur l’origine humaine du réchauffement climatique reculent et que les faits scientifiques sont attaqués ». Ce constat, qui établit douloureusement l’impossible cohabitation entre la volonté de l’écologie politique d’imposer ses dogmes et la propension des médias indépendants à entretenir le débat inhérent à toute activité scientifique, ne pouvait qu’alerter l’association Quota Climat, bien décidée à influer sur les politiques poursuivies et à poser les jalons d’un renforcement du contrôle de l’information climatique, alors que la prochaine élection présidentielle pourrait bien donner un coup d’arrêt à la propagande écologiste officielle. Si la Macronie annonce la ligne à suivre, les 17 mesures de Quota Climat imposent un contenu opérationnel et positionnent plus que jamais l’association comme une milice idéologique au service de la politique élyséenne et du flicage médiatique assuré par le gendarme Arcom.
Un écosystème militant, idéologique et économique
Fidèle à la stratégie qui lui a permis de monter en puissance depuis sa création, en 2022, par trois anciennes assistantes parlementaires de députés Renaissance, Quota Climat se positionne au cœur d’un écosystème militant où l’on trouve logiquement l’Élysée (Emmanuel Macron) et le ministère de la Transition écologique (Monique Barbut). Mais aussi des organes officiels, en commençant par l’Arcom, son interlocuteur naturel au quotidien, qui la finance (28.000 euros en 2024) et à qui elle se charge de dénoncer les médias qui prennent des libertés par rapport aux dogmes climatiques officiels. Ajoutons à cela VIGINUM, l’organisme officiel de la surveillance numérique, ainsi que les divers organes du même type au niveau de l’Union européenne (en lien avec le projet de contrôle numérique DSA).
D’autres organismes jouent aussi le rôle de financiers, dont certains officiels, comme le ministère de la Culture (350.000 euros de subventions en 2023), l’ADEME (125.000 euros en 2024), ce que complètent quelques financements plus modestes par des collectivités locales, dont la mairie de Paris.
S’ajoutent à cette liste des financiers privés comme la Fondation de France, qui a versé 300.000 euros à Quota Climat, dont 100.000 en 2026. Mais aussi les organismes financiers « verts » Astris Finance, Green-Got et ENOWE. Parmi les donateurs figure aussi VALOREM, un acteur de l’éolien et du solaire, ce qui en dit long sur une connivence constituant un évident conflit d’intérêts - sujet sur lequel Quota Climat se garde bien de s’expliquer.
Nouveau riche, l’association a ainsi pu se doter d’un outil d’espionnage au service de ses missions de délation, l’Observatoire des médias sur l’écologie, et recruter afin de développer un plaidoyer autant en France qu’à l’international. Et ces projets se retrouvent en bonne place parmi les 17 propositions de Quota Climat, dont un décodage rapide permet de comprendre immédiatement les objectifs.
Les 17 commandements de l’écologie punitive
Classé en quatre chapitres, ce vaste programme de contrôle dévoile 17 commandements de l’écologie punitive :
I - Produire une information environnementale de qualité
1. Pérenniser un dispositif de mesure de la couverture médiatique des enjeux environnementaux et de suivi de la désinformation climatique
2. Protéger les porte-parole de l’environnement
3. Structurer et financer la recherche sur la désinformation climatique
4. Garantir le pluralisme interne sur l’information scientifique et environnementale
5. Intégrer les enjeux environnementaux aux critères de visibilité des médias d’intérêt public dans la révision de la directive SMA
II - Impulser la dynamique en Europe et à l’international
6. Construire un leadership français et une crédibilité européenne et internationale dans le portage de l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique et mettre en œuvre la Déclaration sur l’intégrité de l’information climatique
7. Impulser un effort coordonné de lutte européenne contre la manipulation de l’information scientifique, environnementale et climatique
III - Dissuader la désinformation
8. Reconnaître la désinformation climatique comme risque systémique au titre du Digital Services Act (DSA)
9. Renforcer le mandat de VIGINUM sur les enjeux scientifiques et climatiques
10. Préciser le mandat de l’Arcom sur la désinformation scientifique
11. Renforcer les garde-fous éditoriaux au sein des rédactions
12. Renforcer les dispositifs de lutte contre l’écoblanchiment
IV - Former et donner accès à l’information
13. Structurer la communication de crise face à la désinformation lors d’événements climatiques extrêmes
14. Former les agents publics et les équipes exposées aux enjeux climatiques dans les ministères et institutions
15. Former les dirigeants de médias, les rédactions en chef, les équipes de programmation et les journalistes exposés au direct
16. Renforcer la place des enjeux environnementaux dans l’éducation aux médias et à l’information
17. Développer un socle de formation des étudiants en journalisme sur les bases scientifiques et environnementales
Financer la diffusion d’un discours médiatique en le réservant à des acteurs estampillés, internationaliser l’écosystème répressif écologiste, dissuader et punir les médias désobéissants et dresser idéologiquement les journalistes, futurs journalistes et agents de l’État : on retrouve dans ces 17 versets tout le catalogue totalitaire de l’extrême gauche (et de l’extrême centre) écologiste.
Si cet arsenal devait être effectivement mis en place, CNews, qui avait inauguré le système répressif prôné par Quota Climat en écopant, suite à une émission d'août 2023, d’une amende de l’Arcom de 20.000 euros en 2024, pour avoir donné la parole sans la contredire à une personnalité jugée « climatosceptique », ferait alors figure de petit joueur.
- Source : Boulevard Voltaire












