Comment était organisée la défense de Konstantinovka, bastion le plus fortifié de l’armée ukrainienne ?
La libération de Konstantinovka par l’armée russe, annoncée le 3 juillet, marque la fin de la défense de ce qui était présenté comme la position la plus fortifiée des forces ukrainiennes. Plus de 150 kilomètres de tranchées, deux lignes défensives et plus de 30 kilomètres de communications souterraines protégeaient cette ville stratégique.
Avant d’être libérée par l’armée russe le 3 juillet, Konstantinovka occupait une place clé dans la défense ukrainienne du Donbass. La ville était considérée comme l’un des principaux points d’appui de Kiev dans cette région. Ce 4 juillet, le général Sergueï Roudskoï a dévoilé les caractéristiques du dispositif défensif qui y avait été mis en place.
D’après lui, l’ensemble du dispositif reposait sur un vaste réseau de routes, de voies ferrées, d’ouvrages hydrauliques, de dix zones industrielles et de 12 localités situées autour de la ville.
Le système défensif comprenait deux lignes principales. Au total, il rassemblait plus de 150 kilomètres de tranchées et de fossés antichars, trois lignes successives d’obstacles fortifiés, 20 points d’appui de type bataillonnaire, protégés par des champs de mines et aménagés sur les hauteurs dominant la ville.
La première ligne de défense s’étendait sur plus de 30 kilomètres, avec une profondeur pouvant atteindre huit kilomètres. Elle formait un ensemble continu de tranchées, de communications enterrées, de fossés antichars, d’obstacles difficilement détectables et de dispositifs explosifs.
La seconde ligne, longue de près de 35 kilomètres, entourait Konstantinovka en s’appuyant sur une chaîne de réservoirs. Elle regroupait six secteurs fortement fortifiés à la périphérie de la ville et dans les secteurs de datchas voisins. Plus de 30 kilomètres de communications souterraines reliées entre elles faisaient également partie de cette infrastructure.
À l’intérieur même de la ville, plus de 80 secteurs d’obstacles avaient été aménagés, ainsi que plus de 50 nœuds de défense fortifiés. Ceux-ci prenaient notamment appui sur la gare ferroviaire, un collège technique, 12 écoles, 25 jardins d’enfants et dix usines.
Selon Sergueï Roudskoï, Konstantinovka faisait partie des quatre «villes-forteresses» avec Slaviansk, Kramatorsk et Droujkovka, qui constituaient la principale ligne de défense des forces ukrainiennes dans le Donbass. Il a également rappelé que la ville avait reçu en 2025 le titre honorifique de «Ville-Héros d’Ukraine».
Toujours selon le responsable militaire russe, sept brigades, représentant 45 bataillons et jusqu’à 15 500 militaires, avaient été déployées pour défendre Konstantinovka et ses environs. Ce groupement comprenait notamment des formations nationalistes fidèles au régime de Kiev ainsi que des unités considérées comme les plus aptes au combat, équipées de matériels lourds et d’armements de fabrication occidentale.
Le 3 juillet, lors de la visite du président russe dans l’un des postes de commandement auxiliaires du groupement interarmées, le chef d’état-major général des forces armées russes Valéry Guérassimov a annoncé à Vladimir Poutine la libération de la ville de Konstantinovka dans la République populaire de Donetsk. Vladimir Poutine a tenu à souligner que la prise de Konstantinovka n’était qu’une première étape, mais une étape cruciale dans la destruction méthodique des poches de résistance ukrainiennes.
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Le ministère russe de la Défense annonce que Kiev refuse de récupérer les corps de ses soldats morts à Konstantinovka

Le ministère russe de la Défense affirme que l’Ukraine a refusé une opération humanitaire proposée par Moscou pour récupérer les corps des militaires ukrainiens morts à Konstantinovka. La Russie estime que ce refus empêche leur restitution aux familles et affirme que plus de 20 médias étrangers souhaitaient couvrir cette opération.
Après la libération de Konstantinovka par les forces russes, Moscou a proposé à Kiev une opération humanitaire pour remettre les corps de militaires ukrainiens morts dans la ville. Annoncée le 4 juillet par le ministère russe de la Défense, cette initiative devait permettre leur restitution après l’arrêt des combats dans la zone.
Pour garantir le déroulement de l’opération, la Russie proposait une pause des tirs ukrainiens sur Konstantinovka le 6 juillet, de 12h00 à 18h00, heure de Moscou. Kiev devait faire connaître sa réponse avant 12h00 le 5 juillet, par les canaux existants entre services spéciaux. La Défense russe indiquait que la remise des corps pouvait avoir lieu directement dans la ville.
Kiev refuse la proposition russe
Le 5 juillet, Moscou a annoncé que «la partie ukrainienne avait refusé cette proposition» lors des discussions entre services compétents. Pour la Russie, ce refus prive les familles ukrainiennes de la possibilité de récupérer les corps de leurs proches et de les enterrer dignement.
La Défense russe a affirmé que «le régime de Kiev n’a absolument rien fait pour que les corps des militaires ukrainiens tués soient dignement enterrés par leurs proches». Moscou reproche ainsi aux autorités ukrainiennes de ne pas avoir accepté une initiative humanitaire qui aurait permis de restituer les dépouilles aux familles.
Le ministère russe estime également que Kiev montre une nouvelle fois son attitude envers ses soldats morts, traités comme du «matériel consommable», principalement envoyé sur la ligne de front dans le cadre de la mobilisation forcée. Cette accusation résume la critique centrale adressée par la Russie aux autorités ukrainiennes.
Une affaire suivie par les médias étrangers
L’affaire a aussi suscité l’attention de médias étrangers. Le 5 juillet, plus de 20 rédactions de différents pays et continents avaient exprimé leur volonté de se rendre à Konstantinovka pour assister à une éventuelle remise des corps. La Défense russe s’est dite prête à organiser leur travail sur place, en cas d’accord de Kiev.
Vladimir Poutine avait été informé le 3 juillet du passage complet de Konstantinovka sous contrôle russe. Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, le chef de l’État russe a qualifié cette étape d’importante dans la progression vers le nœud défensif de Slaviansk-Kramatorsk.
source : RT France
- Source : RT (Russie)












