Barbut démissionne et réintègre son ministère écologique, le petit doigt sur la couture du pantalon
En politique, comme le dit l'adage, l'amour "propre" ne le reste jamais très longtemps. Surtout lorsqu'il se heurte à la réalité du pouvoir. Monique Barbut la ministre de la Transition écologique, en est le plus bel exemple, renonçant à quitter le gouvernement après avoir annoncé son départ sur fond de désaccord avec le chef, autour du retour de l'acétamipride, un pesticide un tant soit peu controversé. Je vous préviens, je vous avais prévenu ! Une décision qui pose une nouvelle fois la question de l'autonomie réelle de ces ministres face au château.
Elle avait voulu marquer son désaccord par une petite bouderie de quelques heures, en opposition à la réintroduction temporaire d'une substance utilisée dans l'agriculture, estimant que cette décision allait à l'encontre des engagements environnementaux affichés par son gouvernement. Mais quelques heures plus tard, après un échange avec le chef de l'État, la voilà de nouveau le petit doigt sur la couture du pantalon.
Un épisode qui rappelle une vieille règle de la Ve République : le chef a toujours raison, même lorsque le chef a tort, le chef finit toujours par avoir raison.
Et là, la démission devient alors moins un acte politique irréversible qu'un caca nerveux, rapidement recadré.
On s'interroge tout de même quant à la place du ministère de l'Écologie. Sorte d'épouvantail fantoche, il a été créé en 1971 sous la forme d'un ministère chargé de la protection de la nature et de l'environnement, qui a changé plusieurs fois de nom et de périmètre au fil des gouvernements, sans réelle influence et séparé des secteurs qui façonnent directement les politiques environnementales.
L'agriculture, la santé, l'industrie, les transports ou encore l'énergie restent eux pilotés par d'autres administrations, avec des objectifs personnels. La protection de l'environnement, elle, est cantonnée à un rôle d'"arbitre" tardif non-décisionnaire, chargé juste de limiter les conséquences de décisions prises ailleurs.
Faut-il encore un ministère de l'Écologie ? C'est peut-être la bonne question. Sans lien direct avec ceux qui produisent, soignent, aménagent et transportent, elle n'est, et depuis longtemps, qu'un ministère de conviction.
- Source : France-Soir












