Après des années de doutes, le Royaume-Uni redécouvre les vertus du nucléaire
Le Royaume-Uni a annoncé vendredi une simplification de sa réglementation nucléaire afin d'accélérer les projets et de renforcer la souveraineté énergétique du pays, encore très dépendant du gaz naturel.
"Le conflit actuel au Moyen‑Orient rappelle une fois de plus que la seule voie vers la sécurité et la souveraineté énergétiques pour le Royaume‑Uni est de mettre fin à la dépendance aux marchés des combustibles fossiles", souligne le gouvernement travailliste dans un communiqué.
Cette réforme vers ce que l'exécutif qualifie d'"âge d’or du nucléaire", qui doit aussi lui permettre de répondre à ses objectifs climatiques, doit être achevée d'ici la fin de l'année 2027. Elle concerne à la fois la filière nucléaire civile et celle de défense.
Elle fait suite aux conclusions d'un groupe de travail indépendant sur la réglementation nucléaire, qui avait qualifié le système britannique d'"excessivement complexe" et "bureaucratique".
"Le cœur du plan consiste à évoluer vers une réglementation plus intelligente : proportionnée, centrée sur les risques réels, fondée sur des éléments probants et conçue pour protéger efficacement la nature et la biodiversité", promet le gouvernement dans son communiqué.
Le Royaume-Uni affiche les prix de l'énergie parmi les plus élevés d'Europe, notamment en raison de sa dépendance persistante au gaz, dont le prix a explosé depuis le début de la guerre, tout comme celui du pétrole.
"Pour renforcer notre résilience nationale, assurer notre sécurité énergétique et soutenir la croissance économique, nous avons besoin du nucléaire", tranche la ministre des Finances Rachel Reeves, citée dans le communiqué.
Le gouvernement britannique, qui avait promis en juin dernier des milliards de livres pour relancer l'énergie nucléaire dans le pays, a accordé l'été dernier son feu vert au projet clé de Sizewell C, des réacteurs nucléaires EPR dans l'est du pays, porté par l'énergéticien français EDF.
La centrale, maintes fois retardée et dont le coût n'a cessé d'enfler pour atteindre à présent quelque 38 milliards de livres (presque 45 milliards d'euros), doit fournir environ 7% des besoins en électricité du Royaume-Uni pour une durée de plus de 60 ans.
Londres a également choisi le groupe industriel britannique Rolls-Royce pour fabriquer les premiers petits réacteurs nucléaires (SMR) du pays, une technologie moins chère que les centrales classiques mais qui nécessitera encore des années de développement.
- Source : France-Soir












