Ingérence sioniste : Israël assume son alliance avec Bardella, Marine Le Pen et l’extrême droite européenne
Le ministre israélien Amichai Chikli revendique la constitution d’un réseau politique européen associant notamment Vox et le Rassemblement national. Derrière le discours sur la lutte contre l’islamisme se construit une alliance bien concrète entre le Likoud et des partis qui rêvent d’arriver au pouvoir.
Au moins, Amichai Chikli ne s’embarrasse pas de diplomatie brumeuse. Dans un entretien radiophonique diffusé début août 2026, le ministre israélien des Affaires de la diaspora affirme avoir créé « un système d’alliances en Europe comme rien de tel n’existait auparavant, avec la droite conservatrice profonde ». Le ministre détailler lui-même son carnet d’adresses.
Amichai Chikli, ministre israélien des Affaires de la diaspora, le dit devant les caméras, sans gêne, sans crainte :
— 𝕋o𝕄y 𝕃e 𝕄a𝕘n𝕚f𝕚q𝕦e (@MagnifiqueTomy) August 11, 2026
« Nous avons créé un système d'alliances en Europe comme rien de tel n'existait auparavant, avec la droite conservatrice profonde. »
Il cite les noms. Il les… pic.twitter.com/rXrdyj7CnR
Abascal, Bardella et Le Pen dans le réseau de Chikli
En Espagne, Chikli désigne Santiago Abascal, patron de Vox, comme « la voix la plus sioniste » du pays. Il vante ses positions favorables à Israël et son opposition au Hamas, puis parle d’une « véritable proximité » avec son mouvement.
Pour la France, les noms arrivent sans détour : Jordan Bardella et Marine Le Pen. Le ministre israélien souligne également leur position dans les sondages. Autrement dit, le gouvernement de Benyamin Netanyahou ne fréquente pas seulement quelques élus européens par goût du folklore identitaire. Il investit dans des forces susceptibles de gouverner demain.
Les électeurs du RN, régulièrement invités à craindre toute influence venue de l’étranger, apprécieront probablement cette petite exception diplomatique. La souveraineté nationale reste sacrée, sauf quand un ministre israélien vient expliquer qu’il a patiemment construit des liens avec les possibles futurs dirigeants français.
Une stratégie engagée bien avant 2026
Cette proximité ne sort pas d’un studio de radio. En mars 2025, le ministère de Chikli a organisé à Jérusalem une conférence contre l’antisémitisme réunissant plusieurs responsables de la droite radicale européenne. Jordan Bardella, Marion Maréchal et des représentants de Vox figuraient parmi les invités.
Durant cette conférence, Bardella a présenté le RN comme « le meilleur bouclier pour les Juifs de France ». Plusieurs personnalités et responsables de la lutte contre l’antisémitisme avaient pourtant renoncé à participer. Leur problème : voir le gouvernement israélien distribuer des certificats de respectabilité à des formations dont l’histoire et certains soutiens restent lourdement encombrants. Le compte rendu de Jewish Insider confirme ces désistements et la présence des responsables nationalistes européens.
Le rapprochement est également devenu institutionnel. En février 2025, le Likoud de Netanyahou a obtenu le statut d’observateur auprès de Patriots.eu, l’organisation présidée par Santiago Abascal et liée au groupe européen auquel appartient le RN. La décision a été prise lors d’un sommet à Madrid réunissant notamment Marine Le Pen, Viktor Orbán, Matteo Salvini et Geert Wilders.
L’islam comme ciment politique
Chikli présente cette coalition comme une réponse commune au Hamas, à l’islamisme radical, à l’immigration et à l’antisémitisme. Une mécanique commode : l’antisémitisme historique de l’extrême droite est rangé au grenier, tandis que l’immigration musulmane devient l’explication principale et presque exclusive.
Israël gagne ainsi des soutiens dociles en Europe. Le RN et Vox reçoivent, eux, une respectabilité internationale et un brevet de fréquentabilité. Chacun repart avec sa photo, son ennemi commun et son argument électoral.
Face à ce dispositif, la macronie pourra continuer à jouer son numéro favori : présenter le RN comme un danger absolu pendant les élections, puis reprendre une partie de son vocabulaire sécuritaire le reste du temps. Chikli, lui, ne mise pas sur les indignations françaises. Il prépare déjà l’après-Macron.
- Source : Le Média en 4-4-2












