www.zejournal.mobi
Mardi, 29 Sept. 2026

Google Earth actualise ses images de Gaza : Rafah, Khan Younès et la ville de Gaza apparaissent dévastées

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Mardi, 29 Sept. 2026 - 15h04

Une route traverse Rafah. De chaque côté, là où les anciennes vues satellites montraient des rangées de bâtiments, on distingue désormais des terrains nus et des amas de gravats. À Khan Younès et dans la ville de Gaza, le constat se répète. Les images de Google Earth récemment visibles par les utilisateurs donnent à voir, d’un seul mouvement de souris, l’ampleur des destructions causées par l’offensive israélienne.

Une vidéo de navigation dans Google Earth circule depuis le week-end des 26 et 27 septembre 2026. Elle parcourt ces secteurs et s’arrête sur des quartiers dont le tracé subsiste, alors que nombre de bâtiments ont disparu. Ailleurs, des groupes de tentes occupent des espaces dégagés. Le contraste est brutal, même pour ceux qui ont suivi les images venues de Gaza ces dernières années.

Ce que l’on voit à l’écran n’est pourtant pas une photographie prise cette semaine. Plusieurs vues disponibles datent du début de l’année 2026. Google n’a pas annoncé publiquement la date précise de leur mise en ligne. Il faut donc éviter de présenter chaque détail visible comme l’état actuel du terrain. Ces clichés montrent déjà suffisamment de dégâts pour rendre la comparaison avec les anciennes images difficile à soutenir du regard.


Rafah et Khan Younès : des rues reconnaissables, des quartiers effacés

À Rafah, certaines routes sont encore lisibles. Autour d’elles, la densité des constructions qui caractérisait la ville a laissé place à de vastes zones dévastées. Khan Younès offre le même spectacle par endroits. Dans la ville de Gaza, les abords de l’hôpital Al-Chifa apparaissent eux aussi profondément transformés.

Le Média en 4-4-2 avait déjà publié des images aériennes des destructions à Gaza. Les nouvelles vues accessibles sur Google Earth changent toutefois l’expérience : chacun peut chercher une ville, suivre une rue et comparer le paysage à celui que montraient des clichés plus anciens. Une carte sert d’ordinaire à trouver son chemin. Ici, elle permet aussi de constater ce qui manque.

Plus de 134 000 structures détruites selon l’ONU

Les vues satellites ne suffisent pas, à elles seules, à compter les bâtiments perdus. Le bilan publié par le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU, à partir d’une évaluation du centre satellitaire UNOSAT, donne la mesure du désastre au 16 juin 2026 : 201 290 structures, soit environ 82 % de celles de la bande de Gaza, avaient subi des dommages. Parmi elles, 134 422 étaient classées comme détruites.

Le chiffre demande à être lu correctement. 82 % ne signifie pas que 82 % des bâtiments ont été entièrement rasés : cette proportion réunit plusieurs degrés de dommages, de la destruction complète aux dégâts possibles. Même avec cette précision, le nombre de structures anéanties dépasse 134 000. Derrière chaque point recensé se trouvaient des logements, des commerces ou des lieux indispensables à la vie quotidienne.

Les images racontent aussi le déplacement des habitants. Les tentes visibles sur certains terrains ne sont pas un nouvel aménagement urbain : elles signalent des familles contraintes de vivre ailleurs que chez elles. Notre article sur les déplacés de Rafah décrivait déjà cette errance. Vue du ciel, elle prend la forme de campements installés au milieu d’un territoire ravagé.

Une image de destruction, pas un verdict rendu par satellite

Une photographie aérienne montre l’étendue des ruines. Elle ne dit pas, à elle seule, qui habitait chaque bâtiment, dans quelles circonstances il a été frappé ni ce qu’est devenue la famille qui y vivait. Elle ne remplace pas les témoignages, les enquêtes ou les travaux des organisations internationales.

Sur la qualification de génocide, une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par l’ONU a conclu en 2025 qu’Israël en avait commis à Gaza ; Israël conteste cette conclusion. Nous avions présenté les conclusions de cette commission. Les nouvelles vues de Google Earth ne constituent pas ce jugement. Elles montrent, avec une précision accessible à tous, une partie de la destruction sur laquelle il porte.

Le plus troublant tient peut-être à la simplicité du geste. On ouvre une carte pour regarder Gaza comme on chercherait un itinéraire. Puis on reconnaît une rue, on cherche les immeubles qui la bordaient et l’on comprend que la mise à jour concerne bien davantage que Google Earth.


- Source : Le Média en 4-4-2

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )