Les relations de Zelensky avec la mafia russe
Un véritable torrent de haine s’est déversé sur Youlia Mendel pour avoir donné une interview (trouvable sur YoutuBe, ndlr) à Tucker Carlson. Beaucoup se contentent de dire que l’ancienne attachée de presse de Zélenski est une propagandiste du Kremlin. Après tout, toute critique du gouvernement ukrainien en temps de guerre profite à Moscou. Terrible. Mais comme nous le verrons aujourd’hui, ce qu’elle raconte est confirmé par un certain nombre d’autres sources. En réalité, c’est confirmé par des médias libéraux/nationalistes et même des agences de maintien de l’ordre qui ne sont certainement pas des sbires du Kremlin. En particulier, Mendel mentionne quelque chose qui jette le doute sur la stricte division entre Moscou et Kiev. À un moment de l’interview, Mendel évoque une enquête des forces de l’ordre ukrainiennes l’année dernière qui a découvert que le blanchiment de l’argent de Zélenski était opéré par un homme travaillant avec la mafia russe. Mendel ne s’explique pas plus avant, ce qui se comprend vu les limites de temps. Cependant, l’histoire des relations entre Zélenski et le mafieux le plus puissant sur terre est assez fascinante. Je parle ici de Sémione Moguilévitch, le patron des patrons de la mafia russe, appelé par le FBI et la CIA « le plus dangereux mafieux du monde ». Bien que Moguilevitch soit né en Ukraine et ai passé un certain temps en Israël, on en parle généralement comme d’un « mafieux russe ». Après tout, il vit à Moscou et semble entretenir de bonnes relations avec le gouvernement.

Pauvres retraités
Avant d’aborder les hommes qui blanchissent des centaines de millions de dollars, jetons un coup d’œil sur la vie précaire de la majorité. Mendel a dit à Tucker Carlson que la retraite moyenne en Ukraine va de 75 à 180 dollars par mois. En effet, la moyenne est de 148 dollars par mois. Cependant cette moyenne prend en compte des retraites plus élevées que peu de gens reçoivent. Il vaut mieux expliquer ces données. La retraite la plus courante se situe entre 68 et 90 dollars par mois — c’est ce que touchent 31% des retraités, c’est-à-dire plus de trois millions de personnes. 20 % des dix millions de retraités d’Ukraine reçoivent de 90 à 113 dollars par mois. Pendant ce temps, le foyer moyen ukrainien paie 93 dollars par mois ses charges de base telles que l’énergie ou l’eau. Beaucoup de retraités vivent seuls et dépensent leur retraite entière pour payer ces charges, tandis qu’ils s’endettent. Certains perdent leur appartement au profit d’escrocs ou des prédateurs de la micro-dette. Beaucoup des sans-domicile fixe d’Ukraine sont des vieillards hommes et femmes, et dans la rue ils sont encore la proie d’une police auxiliaire fasciste et de groupes mafieux spécialisés dans l’extorsion des SDF. Les retraités qui vont au supermarché errent à la recherche des patates et des œufs les moins chers. Là où il y en a, ils se rendent dans les soupes populaires.
La presse occidentale a eu grand plaisir à rapporter la « résilience » de l’Ukraine survivant à l’hiver dernier, malgré les blackouts de grande ampleur suivants les raids aériens russes. Mais elle a négligé de mentionner que beaucoup de gens ont beaucoup souffert — la mort d’innombrables vieillardes et vieillards déshérités n’est une tragédie ni pour les laboratoires d’idées, ni pour les journalistes.
Poursuivant sur l’abandon de la population âgée, Mendel évoque un « metteur en scène célèbre, mort de faim, il y a quelques semaines ». Elle parlait du décès de Pavlo Loiko, un homme de 81 ans mort au début février, qui avait été opérateur au Dovzhenko Film Studio, une institution soviéto-ukrainienne très connue. Loiko est mort dans le village de Vorzel aux environs de Kiev. Cela a été porté à l’attention du public avec le post Facebook de Svetlana Poklad, voisine de Loiko et veuve du célèbre compositeur Igor Poklad. Voici ce qu’elle a écrit :
« Un voisin est mort hier soir. Et le pire : il est mort de faim et de froid. Sa famille se composait de lui et de sa femme. Personne d’autre. Malheureusement, ils vivaient en ermites, ne laissant jamais personne entrer dans leur vie. Au mieux, ils disaient bonjour ou bonsoir. Sinon, ils avaient un bout de terrain, un potager à plus de 80 ans. Aujourd’hui sa veuve m’a raconté qu’ils ne consommaient plus que de l’eau depuis deux semaines parce qu’ils n’avaient pas d’argent pour la nourriture. Hier, le cœur de son mari a lâché : il ne pouvait plus le supporter ».
Dans sa réponse, l’administration militaire régionale a nié la thèse de Poklad selon laquelle Loiko était mort d’hypothermie.
Mendel dit qu’il reste 25 millions d’habitants en Ukraine pour 35-40 millions en 2021. En effet, le ministère des Affaires sociales a déclaré que 20-25 millions d’habitants vivaient dans les territoires contrôlés par Kiev. Il annonce qu’au début 2022, il y en avait 41 millions. En 1991, il prétend qu’il y en avait 48 millions, (la plupart des sources avancent le chiffre de 52 millions, mais peu importe). En bref, ce n’est pas un pays pour les vieillards, ni pour personne, du reste.
Un dictateur cynique ?
Et nous pouvons à présent passer au personnage de l’émission de télé que nous traversons tous — Volodymyr Zelenski. Il s’en est beaucoup mieux sorti.

Photo : Zelenski et son partenaire de comédie Koshevoi
Bien sûr, la description de Zelenski comme un dictateur plein de duplicité a scandalisé beaucoup de monde. Je vous laisse le soin de décider si ce titre est approprié pour le dirigeant d’un pays où les hommes de plus de 18 ans n’ont pas le droit de le quitter et sont même abattus par les gardes-frontières lorsqu’ils tentent de s’en échapper. Mais ce qui est indéniable, c’est que Zelenski a toujours mené ses troupes avec autorité. Après tout, avant de devenir président en 2019, il avait passé toute sa vie adulte à diriger un studio de comédie —Kvartal 95. Le show-business est connu, en dehors de sa propension pour les drogues, pour son style de gestion autocratique. Voici, par exemple, ce que disait Igor Kolomoïski sur Zelenski en 2019. Kolomoïski était le propriétaire du groupe média 1+1 avec lequel Kvartal 95 était sous contrat depuis les années 2000.

PHOTO : Kolomoïski, incarnation vivante du culot.
C’est grâce à la victoire de Zelenski que Kolomoïski a finalement pu rentrer en Ukraine de son exil israélien — il est revenu le 16 mai 2019, quatre jours avant l’inauguration de Zelenski. Comme 1+1 avait soutenu la campagne de Zelenski outrageusement, et que le chef de l’administration Zelenski, Andrey Bohdan était l’ancien avocat de Zelenski, beaucoup voyait celui-ci comme la marionnette de Kolomoïski. Bien que Zelenski ait fini par emprisonner Kolomoïski en 2023, en 2019, ils s’entendaient encore bien.

PHOTO : Une affiche anti-Zelenski en 2018, le traitant de « serviteur » de Kolomoïski.
Tout ça pour dire que Kolomoïski ne cherchait certainement pas à salir Zelenski dans l’interview qui suit, datée du 27 mai 2019. Sa description de celui-ci était censément positive, pour contrer ceux qui ne voyaient en Zelenski qu’un bateleur faible et pusillanime.
« — Vous connaissez Zelenski non seulement tant qu’acteur mais aussi en tant que fournisseur, puisqu’il vend ses productions à la chaîne 1+1. Comment est-il en affaires ? Comprend-il bien les aspects légaux et économiques ? —Oui, bien sûr. Je peux en juger par le contrat que nous avons avec lui. —Est-ce un homme d’affaires cynique ? —Très certainement. —Pouvez-vous nous donner un exemple ? —On ne peut pas baisser sa garde avec lui. Aucune sentimentalité. Si vous lui devez quelque chose, vous lui devez. Sans discussion et sans pitié. Il est moderne, de la génération des années 70-80. Ma sœur est comme ça aussi : dure. Il est très impressionnant ».
Dans la même interview, où il nie en riant qu’il puisse émerger un désaccord entre lui et Zelenski (pas de chance), Kolomoïski fait la lumière sur la fortune de Zelenski. Apparemment, 1+1 paie entre dix et vingt millions de dollars américains à Zelenski par an. Et ce, depuis 2012. C’est pourquoi Mendel a plutôt raison de dire à Carlson que Zelenski a toujours été riche. Après tout, Zelenski était le comique télé le plus populaire du pays, bien avant 2019. Mendel décrit également Zelenski comme un homme à la profonde duplicité, intégralement formé par sa vie d’acteur. Les gens qui le connaissent bien le caractérisent généralement comme ça. Dans une interview datant de 2021, le premier chef de l’administration présidentielle (2019-2020) Andrey Bohdan a dit la même chose :
« Nous ne comprenons pas que Volodymyr Olexandrovitch n’a jamais vraiment quitté Serviteur du Peuple. Il joue son rôle. On est offensé, parce qu’il ment. J’ai écrit un post à ce sujet, vous l’avez dit, beaucoup de gens le disent : « Ceci n’est pas vrai, il ment constamment, du matin au soir. » Mais non, il ne ment pas, il joue. De son point de vue, le boulot c’est de se faire aimer. Il apparaît, il dit quelque chose, la caméra l’enregistre, les lumières s’éteignent, ça y est. Ensuite, ça ne l’intéresse plus. Est-ce que l’image était bonne ? Elle l’était. Est-ce que ça a plu aux gens ? Ça leur a plu. Est-ce qu’ils ont applaudi ? Ils ont applaudi. Ça y est, il a fait son boulot ».
Gardez à l’esprit que la série télé Serviteur du Peuple est passée de 2015 à 2019 dépeignait Zelenski sous les traits d’un instituteur ordinaire qui devenait président. C’est grâce à ce conte populiste (dont la dernière saison est sortie pendant les élections) dont le slogan était « l’histoire du prochain président » depuis 2015, que Zelenski est devenu président. Les gens ont moins voté pour Zelenski qu’ils n’ont voté pour Vasyl Holoboroko, l’instituteur-président, héros de Serviteur du Peuple. Revenons à la façon dont Bohdan caractérise les rapports de Zelenski à la vérité.
« Et ce que nous appelons des mensonges ne sont que des coups de théâtre dans l’intrigue. Volodymyr Zelenski disait : le film ira au box-office s’il est captivant du début à la fin. Mais vous comprenez qu’on ne construit pas une histoire réelle comme ça. Il faut des retournements de situation : là, les extra-terrestres débarquent, ici, on découvre un trésor, ailleurs, grand-mère surgit. Dans un film, c’est super. Dans la vie, non. Mais il n’a jamais eu d’autre vie. Il n’a jamais travaillé comme fonctionnaire ou dans une grosse entreprise. Il ne sait pas comment faire. Et ma grande tragédie, c’est qu’il n’a toujours pas appris. Sous cet aspect, il se dégrade. Il n’a cessé de monter et une fois parvenu au sommet, il a mis dehors tous ceux qui comprenaient le langage bureaucratique et maintenant il continue à faire du cinéma sur son trône, nous ne pouvons rien y changer ».
J’ajouterai que Serviteur du Peuple avait une saison finale, lancée frénétiquement fin 2018/début 2019 pendant les élections, passant et repassant sur 1+1. Elle était beaucoup plus dramatique que les précédentes. Au final, l’Ukraine était divisée en dizaines de micro-états par une guerre catastrophique. L’ex-président Holoborodka est dévasté. On ne peut que se demander pourquoi Zelenski et Kolomoïski ont pensé que ce serait un message qui plairait aux Ukrainiens — votez pour moi et l’État sera désintégré. Et pourtant, ça a marché.
La Russie et Boris Johnson
Nous nous rapprochons de plus en plus du sujet des relations de Zelenski avec la mafia russe. Kolomoïski en est déjà proche — son surnom est « Benya » comme le gangster juif des « Contes d’Odessa » d’Isaac Babel, un personnage imaginaire inspiré par le véritable gangster des années 1920 Mishka Yapontchik.
Avant de passer à la mafia proprement dite, parlons un peu de Zelenski et la Russie. Et Youlia Mendel dont j’essaie de vérifier les dires, dit tout de même que c’est Boris Johnson qui a ruiné la tentative de Zelenski de conclure un marché en mars 2022. Là, je dois admettre que ce n’est pas mon sujet favori. Les discussions sur ce qui s’est réellement passé en mars 2022 sont souvent complexes et fondées sur toutes sortes de « sources internes ». Cependant, ça vaut le coup de souligner que la source principale vient d’une interview de David Arakhamia, le chef très influent de la fraction parlementaire pro-Zelenski. Arakhamia était par conséquent impliqué dans les négociations de mars 2022. Il a parlé du rôle de Boris Johnson dans la perturbation de ces pourparlers en novembre 2023 ans une interview sur 1+1 la chaîne de Zelenski, avec l’animatrice pro-Zelenski Natalia Moseytchouck. Cette déclaration vaut aussi parce qu’Arakhamia confirme que la préoccupation de la Russie n’est pas le territoire ukrainien, mais un véritable engagement de l’Ukraine à cesser toute coopération avec l’OTAN.
« Le but de la délégation ukrainienne était de faire traîner les choses. Et le but de la délégation russe ? À mon avis, leur but était de montrer qu’il pouvaient vraiment — presque jusqu’au dernier moment — espérer nous forcer la main vers un accord de ce type, de façon à ce que nous adoptions la neutralité. Pour eux, c’était l’élément-clé. Ils étaient prêts à mettre un terme à la guerre si nous acceptions d’être neutres comme la Finlande autrefois et nous engagions à ne pas rejoindre l’Europe. C’était vraiment la clé de tout : la neutralité. Tout le reste c’était de l’assaisonnement politique : la dénazification, les populations russophones, bla-bla-bla. Pourquoi est-ce que l’Ukraine n’a pas donné son accord ? Tout d’abord, il aurait fallu changer la constitution. Notre chemin pour entrer dans l’OTAN est inscrit dans la constitution. Ensuite, on n’avait pas confiance dans les Russes — ni à l’époque, ni jusqu’à maintenant — on ne croyait pas qu’ils tiendraient parole. Ça ne pouvait marcher que s’il y avait de véritables garanties de sécurité. On ne pouvait pas se permettre de signer quelque chose, se décontracter, souffler, et puis ils reviennent mieux préparés. Parce qu’en réalité ils sont entrés en guerre en ne s’attendant pas à ce niveau de résistance. Nous ne pouvions aller de l’avant que si on avait la certitude à 100% que ça ne se reproduirait plus. Et cette certitude n’existait pas. Qui plus est, quand on est rentré d’Istamboul, Boris Johnson est venu à Kiev et dit qu’on ne devait rien signer et continuer à se battre ».
Sans nul doute, Arakhamia obéissait aux ordres de ses maîtres russes en disant ça. Mais en fait, c’est Zelenski qui est le proche de Moscou, alors que les obédiences d’Arakhamia résident plutôt outre-Atlantique, où il a passé la fin des années 1990, les années 2000, et le début des années 2010, vivant aux États-Unis. Et ça ne s’arrête pas là. Arakhamia est très probablement un agent du FBI qui s’est mis à coopérer à la suite de son arrestation au début des années 2000 comme complice d’un des plus gros réseaux mondiaux de crime cyber. C’est une allégation courante et elle a été faite à nouveau à la fin 2025 par le chef du dit réseau de crime cyber, Vladislav Horohorin. Celui-ci libéré des prisons américaines en 2017 fait maintenant partie des huiles du département de guerre cybernétique de l’armée ukrainienne (ce qui englobe largement les escroqueries des retraités russes).

PHOTO : Hororohin en 2023. Né à Donetsk, il a émigré en Israël pour échapper à des accusations de fraude. Là, son intérêt pour la pornographie l’a mené à devenir hacker. J’ai déjà parlé de tout ça et du travail de Horohohin pour les services israéliens.
Le Marché du Cinéma
Avec le show-business post-soviétique — on se rapproche de la mafia. Mendel parle aussi d’une grosse partie de la fortune de Zelenski faite sur le marché russe. C’est un fait établi. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Zelenski a commencé sa carrière de comique en Russie, en tournée dans le pays en tant que compétiteur dans la ligue de comédie KVN. Boris Rodnyanski, le fondateur originel de 1+1 et l’homme qui a lancé la carrière de Zelenski au début des années 2000, passait le plus clair de son temps à Moscou jusque dans les années 2020. Entre autres films blockbuster, il a produit en 2013 le film « Stalingrad » qui est devenu le plus gros succès de Russie. Au passage, c’est Rodnyanski que Zelenski devait choisir pour négocier avec les Russes.

PHOTO : Rodnyanski.
En janvier 2012 Zelenski a sorti un film simultanément en Russie et en Ukraine. Il traitait de l’invasion napoléonienne de la Russie — Zelenski interprétait Bonaparte. Le rôle semblait taillé sur mesure pour lui. Zelenski a sorti bien des films avant et après sur le beaucoup plus grand marché russe. Tous les films de Zelenski et Serviteur du Peuple étaient exclusivement en langue russe.
Mendel dit que Zelenski a admis avoir sorti un film en Russie en 2014. Peut-être pensait-elle à « Les huit meilleurs rendez-vous » qui avait été filmé en Russie, sorti en mars 2016. Ce film a fait partie des 15 plus grands succès en Russie cette année-là. Ce qui, est-il besoin de le dire, signifie que Zelenski engrangeait les profits du marché russe deux ans après l’annexion de la Crimée et la mort de dizaines de milliers de gens au Donbass. En 2016, il y a eu des tentatives de boycott du film par certains patriotes russes en raison de la critique de la politique du gouvernement russe par Zelenski. Cependant, le gouvernement russe a plutôt soutenu ce film. Les médias ont annoncé que le ministère russe de la Culture avait attribué un certificat de distribution au film, le distributeur étant Central Partnership qui fait partie du holding Gazprom-média, la télévision étatique Chaîne Un s’est chargé de la promotion du film et la plupart des médias russes ont passé le boycott sous silence. Ce qui n’avait rien de surprenant, vu l’étendue des relations de Zelenski avec les élites russes, dont j’ai déjà parlé. Mendel dit aussi que Zelenski « travaillait avec les chaînes de propagande russe et n’y voyait aucun inconvénient ». Il suffit de jeter un coup d’œil à l’apparition de Zelenski au Nouvel An 2013 pour la chaîne étatique Russie 1. Soloviev, aujourd’hui le solennel guerrier de l’écran en costume à col Mao est visible, jubilant, à la 30ième seconde dans le public. Zelenski a joué un rôle de premier plan dans le programme de Nouvel An de Russie 1 de nombreuses fois. Dans son apparition de 2014, il échangeait avec le comique russe Maxime Galkine des plaisanteries sur la situation entre Russie et Ukraine en voie de militarisation rapide.
« Zelenski — Le Nouvel An est une bataille et on pourrait écrire des mémoires militaires à ce sujet. Moi, par exemple, je commencerai comme ça : ‘L’offensive de Nouvel An a commencé par un mitraillage au champagne… Galkine —Puis vint le soutien d’artillerie avec pétards et feu d’artifice. Zelenski —L’ennemi avançait en petits groupes de 50à 100 grammes (mesure de vodka). Galkine— C’est le moment idéal pour annoncer les négociations, mais il y a un problème : tout le monde n’est pas en état de parler… Zelenski—Dans ce cas, il est temps de faire des prisonniers (pour les interroger). Puis le point culminant. Tout le monde dort. Ni pertes, ni victimes. C’est la victoire tant attendue ! Bienvenue dans la première soirée du Nouvel An… » Mais mon histoire favorite sur Zelenski et la Russie, c’est quand il a donné un spectacle privé au président de l’époque Medvedev et le président « pro-russe » Viktor Yanoukovitch. Dans une interview à Dimitri Gordon Zelenski a chaleureusement évoqué ce spectacle. Aujourd’hui, bien sûr, Medvedev ne perd pas une occasion d’exiger des frappes nucléaires sur l’Ukraine ».
J’ai traduit la version qu’en donnait Zelenski, mais le cœur de celle-ci est que Zelenski et ses collègues de Kvartal ont été conduits dans une forêt en Ukraine pour jouer sur une grande scène pour un tout petit public : les deux présidents. Lorsque Zelenski a fini son numéro et qu’une popstar a commencé à chanter, les présidents se sont éclipsés pour un certain temps avant de revenir, à présent en peignoir de bain. Avec son humour habituel, Zelenski a blagué que « S’ils avaient ôté leurs peignoirs, c’est nous sans doute qui aurions dû les payer ! » À la fin, Medvedev s’est approché de Zelenski en le complimentant, mais l’a averti de prendre plus de précaution en abordant des sujets politiquement « sensibles ».
Moguilevitch
Passons au plat de résistance. Le parrain des parrains. À un certain moment de l’interview, Mendel évoque le récent scandale de corruption impliquant la firme étatique Energoatom, où « les services de police ont prouvé que derrière toute la machination, on trouve un homme qui travaille avec la mafia russe ». Alléchant, non ?
Mendel fait ici référence aux accusations de blanchiment d’argent et de crime organisé contre Timur Mindich et ses associés par le Bureau National Anti-corruption d’Ukraine (NABU). Mindich, l’homme dont Kolomoïski dit qu’il l’a présenté à Zelenski en 2008, était aussi un copropriétaire de Kvartal 95 jusqu’en décembre 2025 (il a fui les accusations du NABU vers Israël en novembre). Il fait partie des amis les plus proches de Zelenski, le président avait violéles règles de quarantaine COVID pour se rendre chez Mincih au début 2021 — comme d’habitude Mindich avait invité Zelenski pour son anniversaire. Bref en novembre 2025, le NABU créé au départ par les Américains en partenariat avec Transparency International de George Soros, a rendu publiques des conversations où Mindich et ses amis discutent de leurs escroqueries en temps de guerre, notamment le détournement de 100 millions de dollars américains destinés au programme d’énergie nucléaire. La semaine dernière, le chef de cabinet bien-aimé de Zelenski Andrey Yermak a été accusé par le NABU d’utiliser les fonds blanchis par Mindich pour construire quatre résidences. Une pour Yermak, une pour Mindich, une pour leur ami Tchernishov et une pour Zelenski. Le NABU ne peut accuser ce dernier couvert par l’immunité présidentielle, mais les conversations dévoilées prouvent que c’est lui. Alors, où est la mafia russe ? Pour commencer, Mindich est un citoyen israélien ne parlant que le russe. Il est assez difficile de définir le genre d’affaires qu’il fait, que Kolomoïski tente de résumer par « de l’immobilier ». Les journalistes ukrainiens ont trouvé Mindich et son ami Alexandre Tsukerman , et tant leur apparence que leur façon de parler a tout du genre : « Odessa-Brighton Beach1-Tel Aviv ». Tsukerman (ci-dessous) insiste avec véhémence sur le fait que son supposé bureau de blanchiment d’argent était en réalité un « club intellectuel » pour « discuter de philosophie », une affirmation que je vous laisse le soin de juger.
Mais, plus important, le NABU a révélé des liens intéressants entre Mindich et le Parrain des parrains de la mafia russo-isarélo-unkrainienne : Sémione Moguilevitch. Beaucoup d’Occidentaux en ont entendu parler. Le FBI et la CIA l’appellent « le mafieux le plus dangereux du monde ». Les fédéraux dénombrent ses activités « trafic d’armes, meurtres sur contrat, extorsion, trafic de drogue et prostitution à l’échelle internationale. Ils oublient un secteur important : le blanchiment d’argent. C’est que Moguilevitch et le groupe Mindich-Zelenski se rejoignent… Nous nous tournerons juste après sur un réseau excessivement intéressant de mafieux et de barbouzes, à la fois russes et ukrainiens…
(À suivre)
Traduction par Thierry Marignac
- Source : Médias-Presse-Info












