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Mercredi, 04 Mars 2026

Marco Rubio admet qu’Israël a obligé les États-Unis d’entrer en guerre avec l’Iran

Auteur : Le Média en 4-4-2 | Editeur : Walt | Mercredi, 04 Mars 2026 - 14h19

Marco Rubio explique que les États-Unis ont frappé l’Iran parce qu’ils s’attendaient à une attaque israélienne et à une riposte iranienne immédiate contre les forces américaines. En clair, Israël lance l’escalade et Washington suit pour éviter d’être touché.

Les mots sont pesés, mais le message est limpide et explosif. Selon The Guardian, devant un cercle restreint de parlementaires à Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio a reconnu que les frappes américaines contre l’Iran ont été déclenchées non pas parce que Téhéran avait déjà attaqué les États-Unis, mais parce que l’administration s’attendait à une offensive imminente d’Israël — et jugeait quasi certaine une riposte iranienne visant les forces américaines dans la région. Autrement dit : Israël frappe, l’Iran réplique, et les États-Unis se retrouvent en première ligne.

« … deux choses. Premièrement, il était parfaitement clair que si l’Iran était attaqué par qui que ce soit — les États-Unis, Israël ou un autre —, ils nous frapperaient [les forces américaines]. Ils riposteraient contre les forces américaines car ils nous considèrent comme indissociables d’Israël. Nous avions des renseignements indiquant qu’une action israélienne était imminente. Nous n’allions pas rester les bras croisés et encaisser un coup. Le président a pris la décision d’agir préventivement pour protéger les troupes américaines et réduire les capacités balistiques iraniennes avant qu’elles ne deviennent incontrôlables… », a déclaré Marco Rubio.

« On savait qu’Israël allait frapper » : la logique exposée au Capitole

D’après le récit rapporté par Rubio lors de ce briefing, Washington aurait appris qu’Israël était sur le point de passer à l’action. Dans la foulée, la Maison-Blanche aurait estimé que l’Iran frapperait “immédiatement” des intérêts américains — bases, soldats, installations — et que rester en posture d’attente aurait mécaniquement augmenté les pertes.

C’est précisément ce raisonnement qui fait polémique : Rubio ne décrit pas une entrée en guerre dictée par une attaque iranienne directe — d’où la colère du Pentagone —,  mais une anticipation motivée par le calendrier d’un allié, qu’il n’a visiblement pas réussi à dissuader (?). Dans la bouche du chef de la diplomatie américaine, cela revient à admettre que la décision israélienne a créé les conditions d’un conflit où l’Amérique se dit obligée d’agir .

La chronologie nous rappelle que les discussions entre Américains et Iraniens continuaient encore la veille (à Genève, via médiation), avec des signaux de progrès revendiqués publiquement, notamment côté iranien. Puis les frappes israéliennes ont fait sauter cette séquence, rendant l’escalade beaucoup plus probable. Et Rubio le dit lui-même : l’administration s’attendait à une riposte iranienne qui toucherait aussi les États-Unis — ce qui transforme une attaque israélienne en engrenage régional.

Une “menace imminente”… mais liée à la riposte attendue après une attaque israélienne

Rubio insiste sur la notion de “menace imminente” — un élément central pour justifier des frappes préventives. Sauf que, dans sa démonstration, cette menace ne vient pas d’un mouvement offensif iranien indépendant, mais de la certitude qu’une attaque israélienne provoquerait une réaction iranienne contre les États-Unis. C’est ce renversement qui alimente les critiques : l’exécutif présenterait comme une menace contre l’Amérique ce qui découle d’abord d’une initiative israélienne.

L’aveu : “une guerre par procuration… au nom d’Israël”

Côté démocrate, plusieurs élus dénoncent une stratégie où Washington s’aligne sur une escalade au lieu de la contenir. Le débat dépasse la tactique militaire : il touche au cœur de la souveraineté décisionnelle américaine. Si l’enchaînement “Israël attaque → l’Iran riposte → les États-Unis frappent” devient la doctrine, alors la Maison-Blanche accepte de facto qu’un allié puisse fixer le tempo d’un conflit majeur.

Dans le même esprit, le chef de la diplomatie iranienne a qualifié l’opération américaine de “guerre de choix au nom d’Israël”, contestant l’existence d’une menace iranienne légitime et accusant les faucons pro-israéliens d’avoir poussé à l’escalade. Ce sont également les critiques de Téhéran qui accuse Trump d’être passé de « America First » à « Israel First ».

Ce que révèle l’épisode : l’Amérique “otage” du scénario israélien ?

Au fond, Rubio décrit une mécanique où les États-Unis frappent pour éviter d’être frappés… après une attaque qu’ils attribuent à Israël. Pour ses détracteurs, c’est l’aveu le plus gênant : la guerre n’est plus présentée comme une réponse à l’Iran, mais comme la conséquence d’une décision israélienne que Washington n’aurait pas (ou pas voulu) empêcher — et dont il estime devoir gérer le contrecoup.


- Source : Le Média en 4-4-2

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