Giorgia Meloni : « Le moment est venu pour l’Europe de parler aussi avec la Russie » – et pas question d’envoyer des troupes italiennes au sol en Ukraine
Lors de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année, vendredi 9 janvier 2026, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a tenu un discours marquant un net tournant, tendance pragmatique : l’Europe doit impérativement rétablir un canal de dialogue direct avec Moscou.
Fidèle à un soutien plutôt appuyé à Kiev depuis février 2022, la cheffe du gouvernement italien n’en a pas moins estimé que le statu quo diplomatique n’était plus tenable. « Je pense que le moment est venu où l'Europe devrait parler aussi avec la Russie », a-t-elle lancé sans ambages.
Pour éviter que l’Union européenne ne se retrouve marginalisée ou ne multiplie les initiatives contradictoires, Giorgia Meloni a réclamé avec force la nomination d’un « envoyé spécial » européen dédié à la crise ukrainienne. L'objectif est certes utopique, mais souhaite enfin parler d’une seule voix.
« La question est de savoir qui devrait le faire. Car si nous faisions l’erreur de décider, d’une part de rétablir la communication avec la Russie et d’autre part d’y aller en ordre dispersé, nous rendrions un service à (Vladimir) Poutine, ce qui est la dernière chose dont j’ai envie », a-t-elle martelé.
Elle a également mis en garde contre une participation européenne fragmentée aux négociations actuelles : « Si l’Europe décide de participer à la phase de négociations en cours en parlant avec une seule des parties, je crains qu’à la fin sa contribution positive soit limitée ».
Interrogée sur la perspective d’un retour de la Russie au sein du G7, la Première ministre a fermé la porte : c’est « absolument prématuré » aujourd’hui, même si le sujet pourra être évoqué « quand et s’il y aura » la paix.
Enfin, Giorgia Meloni a réitéré avec la plus grande fermeté son refus catégorique d’envoyer des troupes italiennes au sol en Ukraine. Une position qu’elle défend depuis des mois et qu’elle a une nouvelle fois confirmée sans la moindre hésitation, soulignant que l’Italie continuera à soutenir Kiev par tous les moyens diplomatiques, financiers et militaires possibles… mais jamais par l’envoi de soldats italiens sur le terrain.
Un discours qui mêle réalisme diplomatique et ligne rouge très nette sur l’engagement direct des forces armées italiennes : un message qui pourrait bien préfigurer une inflexion plus large au sein de l’Union européenne.
- Source : France-Soir















