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Vendredi, 23 Févr. 2024

Azov les héritiers de la sinistre division SS Das Reich

Auteur : Laurent Brayard | Editeur : Walt | Vendredi, 24 Nov. 2023 - 18h29

Azov, certainement l’unité la plus connue de l’armée ukrainienne… et qui pourtant n’en fit jamais partie ! Car le bataillon, puis régiment Azov, ne furent jamais que des unités de police supplétive du Ministère de l’Intérieur ukrainien. Son nom a fait le tour du monde, et des centaines d’articles parlèrent de lui depuis 2014. L’unité a été impliquée dans le massacre de Marioupol (été 2014), et dans les répressions qui furent effectuées dans la ville sous l’égide de la police politique ukrainienne, le SBU (2014-2021). De nombreux mythes ont été propagés en Ukraine sur cette unité, les présentant comme l’élite de l’élite des soldats ukrainiens, légendes qui se sont propagées à l’étranger, jusqu’en France où l’unité recrutait il y a peu. Elle est restée très longtemps comme « l’armée privée » du Ministre de l’Intérieur Avakov (2014-2021), et fut utilisée également dans des assassinats politiques, tel celui de Sheremet ou de l’avocat Babitch qui voulait révéler le vol de finances occultes par les cadres du bataillon (venues en secret du Canada). Azov fut également à la base de trafics nombreux, surtout après le pillage de Marioupol, en particulier de rackets des entrepreneurs locaux, ou des bourgeois de la ville, saisies illégales de propriétés, vols de voitures, etc. L’article sera forcément un « résumé », l’unité demandant à elle seule une véritable encyclopédie, avec la création du Corps Civil d’Azov, du Corps National de Biletsky, ou encore des camps d’Azovets, des camps à la manière de la Hitlerjugend pour formater des enfants et des adolescents.

Azov, les mains dans le sang du massacre de Marioupol. Il fut formé le 4 mai 2014, avec des militants néonazis et ultranationalistes du parti Pravy Sektor, avec qui il a toujours gardé des liens ténus. Son premier commandant fut un des pires néonazis ukrainiens, également député à la Rada d’Ukraine, Andreï Biletsky. Ce bataillon de quelques centaines d’hommes, fut financé en partie par l’oligarque et mafieux, Ukrainien, Chypriote et Israélien, Igor Kolomoïsky. La plupart des premiers engagés venaient de la frange la plus dure du néonazisme et le démontrèrent largement, en particulier en fondant une organisation destinée à la jeunesse, Azovets, qui a endoctriné des milliers d’enfants dans des camps de vacances. Au programme le nationalisme ukrainien, Adolf Hitler et le nazisme, apprendre à se servir d’armes et d’autres entraînement du genre, défilés paramilitaires, haine raciale et russophobie, aux cris de morts aux Russes, ils affirment que l’Ukraine va conquérir le monde entier. Azov utilisait comme on le sait, le wolfsangel SS, de la 2e division waffen SS Das Reich, mais inversé et qui est connue pour ses massacres terribles, notamment du village français d’Oradour-sur-Glane (été 1944). Azov se livra lui-même à des massacres de civils dans le Donbass, notamment lors de celui du 5-9 mai 2014 à Marioupol, puis après la reconquête de la ville (13 juin) où ils restèrent ensuite pendant 8 ans. L’unité participa ensuite à la bataille des frontières, et quelques sections furent engagées dans l’assaut de Mariinka (position clef du Sud de la grande capitale du Donbass, Donetsk, juillet-août 2014). Après quelques succès initiaux, elle s’enfonça en profondeur dans le territoire insurgé. Des éléments furent accrochés lors des combats pour la hauteur de Saur Mogila, et les débris des unités ukrainiennes refluèrent en désordre et furent sévèrement étrillés dans la bataille du chaudron d’Ilovaïsk (fin août 2014). L’unité garda ensuite des positions clefs en avant de la ville de Marioupol (Shirokino), et participa à un combat sur cette dernière position au moment de la défaite de Debaltsevo (février 2015). Elle garda de nombreux postes de contrôles dans d’autres villes occupées par les Ukrainiens, à Gratninoe ou Volnovakha (2015-2022). Malgré les légendes ukrainiennes sur ces soldats invincibles, l’expérience militaire se borna aux faits peu glorieux énoncés plus haut. C’est la propagande ukrainienne qui érigea en mythe l’unité de police, qui passa bientôt à un régiment (2016). Pendant toute la période, l’activité principale d’Azov fut le quadrillage de la ville, des opérations de police et donner la main à la police politique du SBU, à laquelle il était étroitement lié et dépendant du même ministère. Il faudra sans doute des années aux Russes pour rassembler les témoignages des centaines, voire peut-être milliers de faits de répressions et crimes de guerre commis par Azov dans la région pendant 8 années.

L’agonie et le naufrage d’Azov. Lors de l’opération spéciale russe (24 février 2022), la position d’Azov devînt rapidement intenable, et malgré les premières demandes de retraite, le commandement ukrainien ordonna de tenir la ville à tout prix. L’encerclement et l’isolement de la ville fut très rapidement atteint par les Russes (mars), qui commencèrent méthodiquement à progresser dans la grande agglomération (près de 500 000 habitants avant le Maïdan). Le régiment abandonna soudainement ses positions laissant dans une position « en l’air », la 36e brigade d’infanterie de marine (avril). Pour ceux comme moi qui étaient présents dans la ville au moment de la bataille, et reddition d’Azov, je fus surpris de voir la grande distance qui existe entre le lieu de reddition de la 36e brigade (usine Ilitcha), et celui d’Azov (usine Azovstal), se trouvant à l’opposé de la ville. Abandonnée par Azov à son sort, la 36e ne tarda pas à se rendre. Pendant ce temps, Azov et des débris d’unités ukrainiennes s’enfuirent dans l’usine Azovstal. L’immense complexe fut transformé en forteresse, et fit l’objet d’une intense propagande pour tenter de faire croire : 1) à l’héroïsme d’Azov, 2) à l’impossibilité de prendre la position, 3) au fait qu’une contre-attaque allait libérer Azov, 4) puis au fait qu’ils ne s’étaient jamais rendus, mais qu’ils avaient été « évacués ». La libération de Marioupol par l’armée russe apportant des centaines de témoignages de civils contre Azov. Ils persécutèrent les populations russes durant le siège et assassinèrent de nombreux civils, soit en les empêchant de fuir, en se servant d’eux comme bouclier ou même en les abattant dans les rues ou chez eux. Une série de procès est d’ailleurs en cours pour juger ceux qui ont été clairement identifiés comme des criminels de guerre (automne 2023), et sont condamnés à de lourdes peines de prison en RPD. La fin de l’aventure fut la capitulation d’Azov, dans les ruines d’Azovstal (20 mai 2022). Les principaux commandants et officiers supérieurs de l’unité furent échangés avec l’aide de la Turquie et de l’Arabie Saoudite (21 septembre), et envoyés dans ce dernier pays. Les Ukrainiens déclarèrent que le régiment avait perdu durant le siège de Marioupol « un peu plus de 300 hommes », dans le délire propagandiste des médias ukrainiens, affirmant que l’unité ne s’était pas rendue mais avait été évacuée. En réalité le régiment comprenait un gros effectif d’environ 2 500 hommes, tout ce qui ne fut pas tué par les Russes, fut fait prisonnier. Notons qu’une cinquantaine furent encore tués dans la prison d’Elenovka, 29 juillet, lors d’un bombardement ukrainien pour des raisons encore obscures (tentatives d’en éliminer pour les réduire au silence ?). Les officiers échangés qui auraient du être internés jusqu’à la paix en Turquie (selon les promesses faites par l’Ukraine), furent finalement libérés et retournèrent en Ukraine (8 juin 2023).

La reformation d’Azov pour des raisons de propagande et de symbole. La reformation du régiment fut annoncée rapidement par Kiev (automne 2022), annonçant même un effectif de plus de 1 500 hommes (décembre). Des cadres survivants de l’unité, qui étaient partis du service avant le désastre et la capitulation de Marioupol furent rappelés dans ses rangs, mais l’unité ne fut pas recréée sous sa forme originelle. En effet, son logo fut échangé, car ayant été l’une des meilleures preuves pour montrer la contamination totale d’Azov au bandérisme et néonazisme. Enfin, l’unité ne fut pas recréée comme un régiment, mais comme une brigade, non plus du Ministère de l’Intérieur, et de police spéciale, mais comme une unité de la défense territoriale, et plus exactement de la Garde nationale ukrainienne. L’unité fut reformée essentiellement avec des jeunes volontaires, qui affluèrent assez nombreux (prestige légendaire de l’unité), mais aussi de mobilisés de la conscription. Peu de temps après, pour nettoyer sa réputation à l’internationale, la société Meta, contrôlant le réseau social Facebook annonça qu’elle avait retiré le régiment Azov de la liste des organisations extrémistes et néonazies, étant censurées par les algorithmes à l’œuvre dans le célèbre réseau (19 janvier 2023). L’unité fut finalement engagée dans les divers batailles qui s’ensuivirent, notamment dans celles pour Artëmovsk (hiver 2022-2023), ou encore dans la contre-offensive ukrainienne qui échoua (été/automne 2023). Elle a subit d’importantes pertes, des profils surgissant régulièrement côté ukrainien annonçant la mort de tel ou tel soldat. La propagande s’est aussi largement écartée d’Azov, sans doute par des ordres supérieurs venus de Kiev, voire de l’OTAN. L’unité avait en effet été un problème majeur pour le gouvernement ukrainien, électron libre qui détruisit en partie les effets de la propagande « positive » sur le Maïdan. Son pouvoir de nuisance, son contrôle des villes de Marioupol et de Kharkov, la quasi immunité des officiers supérieurs et fondateurs, avait donné des sueurs froides à bien des politiques ukrainiens. Sous sa forme actuelle, Azov est désormais une unité de l’armée régulière ukrainienne. Pour tenter toutefois de conserver le mythe de troupes d’élite, la brigade Azov a ensuite été versée dans « les forces spéciales » ukrainiennes (2023). Un artifice supplémentaire qui ne peut toutefois changer la donne de la nouvelle nature d’Azov : une unité de conscrits encadrée par des vétérans et néonazis d’Azov tirés de leur retraite.

Un bourreau, ancien d’Azov et transfuge de Crimée. Il est très rare de découvrir l’aveu d’ancien de l’opération ATO, des crimes et tortures qu’ils ont commis dans le Donbass et l’Est de l’Ukraine. Vous allez découvrir le visage de la torture, un simple marin, aujourd’hui âgé de 49 ans, mari et père de quatre enfants. Ce serait peut-être le voisin ordinaire, celui qui vous donnera un coup de main pour déménager, ou réparer quelque chose dans votre logis. Les photos de sa famille montrent une famille tout à fait paisible, ils pourraient même être vos cousins et dans votre cercle d’amis. Des gens comme vous et moi, mais quelques signes toutefois sont inquiétants, notamment le drapeau de la Confédération sudiste trônant dans leur appartement à Kiev. Souriant, il raconte même dans l’article qui m’a permis de découvrir cette histoire, comment il rencontra son épouse en 1995, en se rendant à une conférence de l’Union des chrétiens. Sa « foi religieuse » ne l’aura pas cependant empêché de trahir les dix commandements, sans parler de ses origines et de sa terre. Car de langue russe maternelle, né en Crimée, sa trahison est multiple, celle de son sang, de sa foi, de ses parents et de sa famille au sens large. Ce sont ses propres frères qu’il a torturé et enterré du côté de Marioupol, dans les sombres heures de son service dans l’armée ukrainienne de représailles. Lorsque les journalistes occidentaux ferment les yeux sur l’extrémisme de tout un peuple, ils ne peuvent imaginer comment ils sont eux-mêmes coupables. Dans l’Allemagne nazie de l’après-guerre, de simples citoyens, des hommes et des femmes propres sur eux et comme tout le monde, avaient participé pendant des années au déroulement des plans des chefs nazis du NSDAP. En Ukraine, depuis déjà au moins 8 ans, nous assistons au même phénomène, aggravé par le soutien des pays occidentaux, qui légitiment du coup tout ce qui s’est passé en Ukraine depuis près de 30 ans. Voici donc le visage et l’histoire d’un bourreau et meurtrier. Peut-être sa famille est hébergée dans un petit coin de France, peut-être même pousse-t-il lui-même un caddie dans un supermarché Lidl, en dépensant l’argent que le gouvernement français, généreusement, pioche dans les poches des contribuables. Et comme les nazis du temps passé, peut-être finira-t-il sa vie tranquille sans avoir jamais répondu de ses crimes sur cette terre. Dans l’autre monde bien sûr, l’accueil sera certainement moins chaleureux.

Comment devient-on un bourreau et un assassin. Alexander Karabinenko (1973-), originaire de Crimée, de Sébastopol, simple employé dans une station service, puis serrurier et enfin marin sur des navires étrangers. Après le retour de la Crimée dans le giron russe, il fut l’un des rares à décider de quitter la Crimée et à prendre le parti de l’Ukraine du Maïdan. Sa décision fut prise durant l’automne 2014. L’une de ses filles resta sur place dans leur appartement, participant à la récolte de fonds et d’aides pour les volontaires des bataillons de représailles de l’Ukraine dans le Donbass. Elle fut bientôt signalée au FSB pour ses activités illégales et son soutien à l’ennemi, elle dut s’enfuir et l’appartement fut saisi par l’État russe. Son plus jeune fils, seulement âgé de 15 ans, ultranationaliste convaincu, s’était enrôlé durant le Maïdan dans une compagnie d’autodéfense et servit durent les émeutes insurrectionnelles qui firent beaucoup de victimes et de blessés (hiver 2013-2014). Il indiqua lui-même avoir aidé à construire des barricades et fabriqué des cocktails molotov. Leurs proches ne supportèrent nullement leur trahison de la Crimée, leurs propres parents restèrent dans la péninsule et s’empressèrent de demander des passeports russes : « mon père regarde constamment les chaînes russes, il a du mal à changer d’avis, nous les avons emmené au Maïdan, nous avons expliqué, nous avons parlé longtemps. Enfin ma mère a dit qu’ici à Kiev, il est plus facile de respirer, mais ils sont restés à Sébastopol avec un passeport russe ». Après une dernière mission sur un cargo, alors second du capitaine (fin 2014), il décida de s’engager dans le bataillon de représailles le plus célèbre : Azov. Il rejoignit Marioupol, s’enrôla et devînt instructeur de topographie et en orientation pour les recrues. Trop vieux et sans expérience militaire réelle, il fut versé dans l’artillerie, et participa ensuite aux combats de Shirokino. Il fut formé sur le système d’artillerie Kropiva (Ortie) et servit pendant 20 mois (2015-2016), dans les rangs du bataillon et avoua même avoir torturé des « espions », puis les avoir enterré : « Je me souviens qu’ils nous ont envoyés des espions. C’était très sale, je me souviens surtout des gars que j’ai cuisiné, puis enterré, mais j’essaie de ne pas y penser. ». Son amertume était aussi très grande à l’égard des habitants de Marioupol, comprenant bien vite le peu de soutien à la guerre menée par l’Ukraine dans le Donbass : « le matin, les gens vous remercient que vous les protégez de Givi et Motorola, mais le soir ils commencent à pleurnicher, certains disant – J’ai une station essence près de Donetsk, et les Oukrops ont tout gâché, il y avait des habitants des quartiers de l’Est qui après avoir été bombardés ont changé d’avis, mais les autres s’en fichaient ». Désabusé et ébranlé, il démissionna de l’armée de représailles, rentra chez lui et resta longuement dans une période de déprime : « pendant longtemps, je suis resté sans rien faire avec des collègues, buvant plus que d’habitude, même si je n’ai jamais bu sérieusement ». Aveu naïf d’une longue période de désœuvrement, copieusement arrosée pour oublier.

Vivre avec des crimes sur sa conscience et poursuivre dans une fuite en avant. Le choc du retour était rude et sa conscience travaillait contre lui, comme il l’avait laissé entendre à propos des atrocités qu’il avait commise. Bon an mal an, il retourna dans la marine marchande (2016-2017), notamment sur des navires transportant des céréales. Lors d’une escale en Russie, il fut contrôlé par le FSB, et eut la peur de sa vie. Il décida de ne plus voguer sur des navires pour ne prendre aucun risque, il savait qu’il avait eu de la chance. Il fut fut plus tard couché sur une liste de criminels de guerre des bataillons de représailles, désormais recherché comme criminel de guerre. Sans travail et dans des difficultés, il tenta de profiter des avantages consentis aux anciens de l’opération ATO. L’affaire fut longue à régler, il n’avait que peu de preuves de son service, et la corruption très grande en Ukraine, pouvait lui avoir fourni de faux documents. Convoqué à une commission d’enquête à Dniepropetrovsk, il s’y rendit avec de nombreuses photos de sa période de service. Il indiqua avoir perdu sa maison familiale, dans un héritage où son oncle s’empara du bien immobilier, puis avoir perdu son appartement en Crimée. Après enquête, l’État lui accorda 2 millions de Hryvnia pour l’achat d’un nouveau logement (2018), et il s’installa dans un appartement neuf à Rusanivka, dans les quartiers de la rive droite du Dniepr à Kiev (2020). Il réapparut sur la page communautaire du bataillon de police supplétive et de représailles Kiev-2, dans une liste de coordinateurs responsables de l’organisation de la « Marche des défenseurs de l’Ukraine », organisée dans tout le pays (5 août 2021), responsable pour la Crimée… et publiant même son numéro de téléphone + 380 96 754 10 30. Sa surprise de l’opération spéciale russe lancée le 24 février dernier… du être très grande. S’il était capturé, il serait immédiatement envoyé devant un tribunal militaire russe pour ses crimes et tortures. Il risque les peines les plus lourdes. C’est ce genre de personnage qui peut-être a préféré s’enfuir à l’étranger, ou du moins à y envoyer sa famille. Son fils âgé désormais de 22-23 ans a forcément été mobilisé. Le choix de la trahison de leur terre de Crimée, d’avoir embrassé l’ultranationalisme ukrainien, comme des millions d’Ukrainiens lobotomisés, les aura finalement conduits à cette catastrophe incroyable. Méprisés dans leurs familles, il est probable qu’ils perdront un troisième logement. S’ils s’étaient rangés du côté de la Crimée, ils vivraient aujourd’hui paisiblement à Sébastopol, au milieu de leurs proches. Mais pour laver sa conscience des actes horribles qu’il a commis, la seule voie que cet homme a trouvé, c’est justement de justifier tout cela par la continuation de son soutien à la cause sanglante de l’Ukraine du Maïdan américain. Sans doute jugerait-il s’il était capturé qu’il avait reçu des ordres ? D’autres que lui après 1945 en firent autant…

La sinistre galerie de fanatiques néonazis devenus les « héros » et les exemples des démocraties occidentales. Du fait de sa formation précoce pour les représailles dans le Donbass, mais aussi de sa célébrité, puis de son organisation de bataillon en régiment (vers 2016), de son anéantissement dans la bataille de Marioupol (printemps 2022), puis sa reformation de zéro en brigade de la Garde nationale (automne 2022), nous possédons énormément de profils de l’unité. Ceux qui sont détaillés mènent tous vers la même piste : bandérisme et néonazisme. La propagande occidentale et ukrainienne n’aura jamais réussi à cacher la nature du bataillon. Les profils montrent aussi la présence d’un certain nombre de transfuges du Donbass, peut-être encore plus cruels et fanatiques que les autres. Enfin, vous découvrirez aussi quelques étrangers hauts en couleur et dont l’idéologie est bien sûr le néonazisme, mais à quoi pouvions-nous nous attendre avec Azov? Parmi les personnalités révélatrices de ce qu’était Azov avant sa destruction, citons aussi Igor Mosiychuk, pur produit violent et extrême de l’ultranationalisme, antisémitisme et néonazisme de l’Ukraine. Enfin notons que malgré l’énorme liste de profils que je publie à la suite de l’article, je possède une liste de plus 700 profils de l’unité, la liste suivante n’étant qu’une sélection de ceux dont nous connaissons le plus les biographies et parcours.

Oleg Aksenenko (1994-2014), originaire de Lougansk, fan du club de football local Zarya, où il fréquenta les rares milieux ultranationalistes et bandéristes dans le Donbass. Transfuge, il fit le choix de s’enrôler dans le bataillon néonazi Azov. Il participa aux répressions dans la ville de Marioupol (juin-juillet 2014), puis à la bataille des frontières et fut tué au début de celle d’Ilovaïsk. Il fut atteint d’un éclat de grenade à l’œil et par d’autres à la jambe. Mortellement blessé, il mourut pendant son évacuation, le 24 août 2014. Il fut enterré à Kiev, Lougansk n’ayant jamais été prise par les bataillons de représailles et fut décoré à titre posthume par le Président Porochenko (17 juillet 2015).

Alexandre Aldoshine (4 décembre 1984-), originaire de la ville de Marioupol, transfuge du Donbass, son action lors de l’insurrection n’est pas connue, mais toujours est-il qu’il était pour la révolution du Maïdan (l’un des rares dans la ville), et attendit le retour des Ukrainiens. Lorsqu’il comprit que les Républicains ne seraient pas vaincus, il s’enrôla dans le régiment Azov (fin 2014), et fut envoyé dans la zone ATO en garnison à Marioupol. Il y resta très longuement en garnison (2015-2022), et semble avoir quitté la ville deux jours avant l’opération spéciale russe (22 février 2022). Il était alors major et chef du service juridique de l’unité.

Alexandre Alforov (30 novembre 1983-), originaire de Kiev, il fit des études supérieures en histoire et en droit, membre de la société héraldique d’Ukraine (2001-2007), titulaire d’un doctorat (2012), il affirmait venir de la « noblesse ukrainienne ». Il devînt animateur d’une émission de culture dans une radio (2008), proche des mouvements révisionnistes et négationnistes, chercheur à l’Académie nationale des sciences d’Ukraine (2010-2012), sympathisant bandériste, il fréquentait Andreï Biletski, qui fit de lui son secrétaire et porte-parole durant sa députation (2014-2018). Il avait également été le chef du service de presse du bataillon Azov (2014-juin 2015). Il s’encarta au parti néonazi Corps National, porte-parole du parti (2016-2017), la presse ukrainienne lui donna souvent la parole dans les années qui suivirent. Il fut nommé membre du bureau politique national du parti, et plus tard le responsable de la campagne de propagande « Mémoire de la Nation » (2018), lancée par le parti. Il fut mêlé à un projet de liste noire des entreprises russes en Ukraine, devant ensuite être attaquées, pressées, rackettées ou boycottées (2017). Interrogé, il déclara que les Ukrainiens qui travaillaient pour ces entreprises, ou pour des Russes étaient des collaborateurs. Il organisa avec d’autres partis et groupes néonazis des actions pour s’attaquer à des centres culturels russes, des monuments, ou encore à la banque russe Sberbank dans la capitale et d’autres villes (locaux saccagés, employés violentés, vandalisme). Il fut interviewé par la radio néonazie Svoboda et déclara (2018) : « Nous ne pouvons pas permettre que les rues de nos villes soient appelées par des noms de criminels fascistes [en réalité par inversion accusatoire, il parlait des Soviétiques], sans parler de ce concert scandaleux pour le Jour de la Victoire [contre l’Allemagne nazie] sur la chaîne de télévision Inter, ou selon le service de presse, plus de 7 millions d’Ukrainiens ont regardé ce programme ». Il continuait sur ce ton en dénonçant tous les médias à interdire, les journalistes à mettre en prison et poursuivit : « Huit millions d’Ukrainiens sont morts aux mains des envahisseurs fascistes [là encore, il parle de l’Armée Rouge], c’est notre histoire, c’est notre mémoire génétique. Leurs portraits passaient impunément sous nos fenêtres dans des processions dans notre capitale où chaque mètre est couvert du sang de nos compatriotes. Et parfois il me semble que tout est contre nous, que nous sommes des étrangers dans notre pays, mais ce n’est pas le cas, nous sommes nombreux ! ». Avec d’autres fanatiques du parti, il vînt manifester devant les locaux de la télévision Inter demandant sa fermeture et une procédure judiciaire. Il se présenta aux élections législatives de 2019, pour le Corps National dans l’alliance Svoboda, mais ne fut pas élu (été-automne). Il était désigné comme le porte-parole du parti, lorsqu’il donna une interview alors qu’un monument avait été érigé dans Kiev, au sujet d’un prince varégue (31 octobre 2020) : « le mythe de la Russie kiévienne a été volé effrontément par les Russes, et pour la vérité, il faut se battre, il faut dire : l’Ukraine est l’héritier exclusif de la Rus’ de Kiev, les autres nations qui s’approprient cette succession sont des imposteurs ». Il regretta ensuite dans l’interview que l’imagerie collective de la Rus’ de Kiev soit trop « russe », que « Kiev était littéralement imprégnée de l’esprit russe », qu’il faudrait d’une manière ou d’une autre extirper de la capitale. Il fut médaillé à plusieurs reprises, y compris par le Patriarcat de Kiev, et le relai du parti avec la diaspora ukrainienne aux USA, Chicago, Princeton, ou encore au Canada.

Valery Almazov dit Légionnaire (1980-2021), il vînt en France pour s’enrôler dans la Légion Étrangère, où il aurait donc servi au moins une période de 5 années (début années 2000). Il rentra en Ukraine et entama des études en droit, et travailla ensuite comme assistant-juridique. Il s’enrôla dans le bataillon Azov (2015), servant au départ dans le compagnie de reconnaissance, puis rejoignant après la formation du bataillon en régiment, la 1ère compagnie du 2e bataillon (2016-2021). Il servit notamment dans la région de Mariinka, mais aussi passa une rotation de huit mois dans la région de Svetlodarsk. Il se trouvait probablement en permission, lorsqu’il fut mortellement blessé dan un accident de la route survenue dans la région de Vinnytsia, le 30 mai 2021. Un article de presse relata à propos de sa mort : « en roulant aux commandes de sa moto Honda, il a perdu le contrôle et a quitté la route, entrant en collision avec une clôture en béton. Le réservoir d’essence a éclaté lors de l’impact et le conducteur a subi une fracture de la clavicule, de nombreuses lacérations, des brûlures, et une hémorragie interne s’est déclarée. Pendant quelques jours, les médecins se sont battus pour sa vie, mais ses blessures se sont avérées incompatibles avec sa survie ».

Sergeï Ambros (16 mai 1990-2015), fils d’une famille d’ingénieurs et de la classe aisée, originaire de Tcherkassy. Il fit des études supérieures dans le génie civil et industriel, et pratiquait plusieurs arts martiaux. Il était un fan du club ultra de l’équipe de football de Tcherkassy, et militait dans les milieux ultranationalistes et bandéristes. Il était un membre de l’organisation Initiative Patriotique, et participa aux émeutes et violences de la Révolution du Maïdan, en se rendant à Kiev pour servir dans une compagnie d’autodéfense (hiver 2013-2014). Il s’enrôla parmi les premiers dans le bataillon néonazi Azov (mai 2014), grade de sergent. Il participa aux répressions et tueries dans la ville de Marioupol (juin-juillet), puis obtînt le grade de lieutenant pour son zèle fanatique. Il fut mortellement blessé par un tir de mortier dans les positions du village de Shirokino, le 18 février 2015. Il mourut le même jour de ses blessures à l’hôpital de Marioupol, et fut enterré dans sa ville natale (21 février). Il fut médaillé à titre posthume par le Président Porochenko (10 juillet 2015), et érigé en « Héros de l’Ukraine » (18 novembre). Deux plaques commémoratives furent installées dans a ville, sur un gymnase, sur la place de la cathédrale (14 octobre 2015). Les ultras des clubs de football évoquèrent à plusieurs reprises sa mémoire dans des matchs ou tournois (2015), et une rue de la ville fut renommée à son nom (27 janvier 2016). Enfin, il fut nommé citoyen d’Honneur de sa ville (17 novembre). Il portait en permanence une coupe à la Huron et portait de nombreux tatouages sans équivoques.

Youri Anoutchine (29 avril 1983-), alias l’Ours, originaire de la région de Poltava, il participa aux émeutes et violences durant le Maïdan, et s’enrôla dans le bataillon Azov (printemps 2014). Il participa au massacre de Marioupol et aux répressions qui suivirent dans la ville (juin/juillet). Il réussit à survivre à la déroute du chaudron d’Ilovaïsk et put se replier avec les survivants (août-septembre). Il servait comme sous-officier et était servant de mitrailleuse. Il fut nommé commandant du bataillon de police spéciale Poltava qui venait d’être reconstitué (26 novembre). Il visita ses hommes sur le front ce qui fit l’objet d’un petit article (5 décembre). Il signa une pétition de protestations adressée au Président Porochenko, qui demandait que les hommes gardent le statut de volontaires et ne soient pas amalgamés (19 février 2015). Ceci n’empêcha pas qu’il fut reçu par le Premier Ministre Iatseniouk et par le Ministère de l’Intérieur Avakov, qui le médaillèrent devant des caméras avec d’autres policiers des bataillons spéciaux de police de l’Ukraine (9 août). Il fut finalement nommé à un poste confortable de l’arrière, ayant monté les grades jusqu’à celui de lieutenant-colonel de police, apparaissant alors de temps en temps dans les médias locaux, notamment lors de l’ouverture d’un nouveau poste de police dans la région de Poltava (6 mars 2019), puis lors de la surveillance des élections régionales, le poste de Chef d’un service de gestion des activités préventives de la Police nationale dans la région de Poltava (15 septembre 2020). L’ancien criminel de guerre doit toujours se trouver bien au chaud à Poltava.

Dmitri Astrakov (5 mars 1994-2014), originaire de Dniepropetrovsk, il fut contaminé jeune par l’idéologie bandériste et néonazie et participa aux troubles et émeutes pendant la révolution du Maïdan (hiver 2013-2014). Il s’enrôla dans le bataillon Azov, grade de caporal (printemps 2014), et participa aux répressions et tueries dans la ville de Marioupol (juin-juillet). Alors qu’il servait à la garde d’un barrage routier près de Marioupol, il fut mortellement blessé d’une balle dans le cou, lors d’un accrochage avec les résistants de la ville. Il fut emmené inconscient à l’hôpital où il mourut le jour même, 28 décembre 2014. Il fut enterré dans sa ville natale, et décoré à titre posthume par le Président Porochenko (17 juillet 2015).

Denis Babiy (5 juillet 1993-), alias Treïn, originaire de Vinnitsya, il s’enrôla dans le régiment Azov, sans doute en 2014, puis devînt un membre actif du groupe néonazi Centuria (2018). Il reprit du service dans le régiment Azov en reformation (2022-2023).

Dmitro Babitch (12 février 1981-), originaire de la région de Zaporojie, néonazi assumé, il faisait partie de groupes radicaux avant le Maïdan. Il s’enrôla dans le bataillon Azov, caporal de police (2014).

Vladimir Baï (10 mars 1989-), originaire de la région de Lvov, bandériste et néonazi assumé, il s’afficha avec des portraits de Bandera et des insignes de la 14e division SS Galicia, et participa aux émeutes et violences du Maïdan. Il s’enrôla dans le bataillon Azov (2014). Il y servit comme chauffeur.

Nestor Bandiko (?-août 2023), originaire de Jitomyr, il s’enrôla dans le régiment Azov (2015), où il servit longuement dans la région de Marioupol. Il revînt sans doute à la vie civile, mais retourna dans les rangs du régiment en cours de reconstitution après sa destruction dans la grand port du Donbass (2022). Il fut liquidé par les Russes, dans la région d’Artëmovsk au commencement d’août 2023.

Vitali Barabash (?-), Ukrainien de confession juive, fanatique russophobe qui s’enrôla dans le régiment Azov à une date inconnue. Il servit durant le siège de Marioupol (février-mai 2022), et se replia dans l’usine Azovstal. Il fut fait prisonnier avec tout le régiment, et serait revenu en Ukraine « où il soigne ses blessures et se remet des horreurs subies en détention », évidemment sorties de l’imagination de l’auteur de cet article.

Pavel Bas (1988-2015), originaire de Ternopol,il fit des études professionnelles dans le commerce, qu’il abandonna bientôt. Il fit ensuite des petits boulots ici et là, et monta à Kiev pour s’enrôler dans une compagnie d’autodéfense du Maïdan, où il participa aux émeutes et aux violences (hiver 2013-2014). Il était un fan ultra du club de football local, le Nyva Ternopol. C’est dans ce milieu qu’il se radicalisa et fut contaminé par l’idéologie bandériste et néonazie. Il s’enrôla tardivement dans le bataillon Azov (fin septembre 2014), et fut envoyé sur les positions du bataillon dans la région de Marioupol. Il fut tué par un bombardement de lance-roquettes Grad, sur une position près de la ville de Granitnoe, le 7 janvier 2015. Il enterré quatre jours plus tard dans sa ville natale (11 janvier), et fut fait citoyen d’Honneur de la ville (2015), puis une plaque commémorative fut installée sur sa maison (11 janvier 2016). La région de Ternopol le nomma également citoyen d’Honneur (26 août 2022), essentiellement pour des raisons propagandistes et pour ajouter au sinistre culte « des héros ukrainiens ».

Nicolaï Bedik dit Shakhid (?-2023), néonazi ukrainien qui s’enrôla dans le régiment Azov, servant dans la 2e compagnie, et fut tué dans la bataille d’Artiomovsk, début mars 2023.

Roman Belenkiy (1987-?), originaire de Kiev, il fit des études supérieures en droit, et devînt avocat. Il participa aux émeutes et violences du Maïdan, dans une compagnie d’autodéfense (hiver 2013-2014), étant un ultranationaliste et bandériste très actif. Il s’enrôla dans le bataillon néonazi Azov (printemps 2014). Il participa à la terrible répression et aux tueries dans la ville de Marioupol (juin-juillet), puis fut engagé dans la bataille des frontières. Il fut fait blessé à la tête et fait prisonnier près de Novoazovsk, son groupe ayant été anéanti dans une embuscade (27 août). Il fut envoyé par les insurgés en Russie, qui le conduisirent dans un hôpital un Rostov-sur-le-Don. Son camarade Khoudan déclara par la suite qu’il était mort.

Ivan Belishki (?-), originaire de Panagyuristhe, Bulgarie, néonazi certainement d’origines ukrainiennes. Il vînt s’enrôler dans le régiment Azov, ou du moins ses restes (printemps 2022). Il s’affichait avec le soleil noir affectionné notamment par Himmler, au point de le faire installer dans la crypte du château de Wevelsburg. Il porte également l’insigne d’Azov qui est rappelons-le l’insigne de la 2e division SS Das Reich, et d’autres tatouages sans équivoque. Il décida semble-t-il de prendre le large et était de retour en Bulgarie (juillet-août 2023).

Gennady Belofastov (1965-2015), originaire de Kiev, il s’enrôla dans le bataillon Azov (printemps 2014), et fut versé dans le groupe d’artillerie du bataillon. Il fut envoyé sur les positions dans la région de Marioupol, et fut tué dans un duel d’artillerie, où sa pièce fut détruite, deux autres furent tués, et 6 blessés, le 28 janvier 2015. Il fut décoré à titre posthume par le Président Porochenko (25 mars), et une plaque commémorative fut installée sur la façade de sa maison (9 décembre 2021). Une cérémonie militaire fut organisée peu de temps après, à la mémoire de soldats ukrainiens tués sur le front du Donbass, son nom figurait sur la liste (28 janvier 2022).

Igor Beloshitskiy (1988-2014), originaire de Kiev, néonazi assumé et convaincu qui s’affichait avec le fameux soleil noir des SS d’Himmler. Il s’enrôla dans le bataillon Azov (début septembre 2014), grade de lieutenant et fut envoyé sur les positions du bataillon dans les environs de Marioupol. Il fut tué par un piège installé par les Républicains, un obus piégé qui le tua ainsi qu’un autre soldat d’Azov, près du village de Pavlopol, le 12 décembre 2014. Il fut décoré à titre posthume par le Président Porochenko (9 avril), et une plaque commémorative fut installée dans son école (18 octobre 2018).

Nikolaï Berezoviy (1976-2014), originaire de Gorlovka, il fit des études supérieures en économie à Kiev, diplômé (2006), puis en Finances (2007-2088), et travailla en temps que contrôleur de gestion dans diverses entreprises dans le Donbass. Il se présenta au Conseil municipal de Gorlovka, sans étiquette (1998), puis fut le cadre local du parti de la Reine du Gaz, Yulia Timochenko (2001), et milita en faveur de l’élection de Iouchtchenko lors du premier Maïdan (Révolution Orange, 2004-2005). Il passa dans les rangs du parti de Klitchko, le parti Oudar (2012), et tenta d’être élu député à la Rada d’Ukraine pour sa région, sans succès. Très isolé dans sa ville natale qui rejoignit l’insurrection immédiatement, il prit la fuite et se radicalisa au point de s’enrôler dans le bataillon néonazi Azov (mai 2014). Il participa avec lui aux terribles répressions dans la ville de Marioupol, puis à la bataille des frontières. Il fut tué dans la ville d’Ilovaïsk, par un tireur d’élite républicain, le 10 août 2014. Frappé d’une première balle à la jambe, il fut secouru par un camarade qui fut grièvement blessé d’une balle dans le ventre. Un autre soldat le traîna dans un BMP, mais il reçut quatre autres balles, dont deux parés par son casque, mais les autres l’achevèrent. Il était marié à Tatiana Tchornovol une journaliste, politicienne et personnalité publique qui s’était engagée comme lui dans cette course en avant vers la suicide de l’Ukraine. Il laissait donc une veuve mais aussi deux enfants nés en 2003 et 2010. Il fut décoré à titre posthume par le Président Porochenko (2014).

Vadim Bezougliy (22 avril 1998-), originaire de la région de Dniepropetrovsk, il s’enrôla dans le régiment Azov, et fut peut-être fait prisonnier à Marioupol. Il s’agissait là encore d’un néonazi assumé portant par exemple l’insigne de la division SS Totenkopf. L’homme était aussi un passionné de boxe.

Sergeï Bevz (10 février 1983-), résident dans la ville de Kiev, il s’enrôla dans une compagnie d’autodéfense du Maïdan, et participa aux violences et émeutes (hiver 2013-2014). Il s’enrôla ensuite dans le bataillon néonazi Azov (printemps 2014), participant ensuite aux massacres et tueries dans le Donbass et à Marioupol (mai-juillet), puis à la bataille des frontières. Il démissionna du régiment Azov, puis s’encarta dans le parti néonazi Corps National (2016), nommé chef de file de la branche du parti pour la ville de Kiev. Il fut compromis dans des violences et manifestations contre le régime, contre des médias et chaînes de télévision considérés comme pro-russes, et dans diverses actions violentes, confrontations avec la Police et les forces de l’ordre. Il se présenta aux élections législatives à Kiev, mais ne fut pas élu (été-automne 2019). Il fut arrêté par la police politique, le SBU, pour des accusations de « terrorisme » et de complot contre l’état (vers la fin de l’année 2019). Il resta emprisonné jusqu’au début de l’opération spéciale russe, le Président Zelensky déclara ensuite une amnistie pour tous les criminels, et leur intégration dans l’armée pour défendre l’Ukraine, notamment ceux ayant une expérience militaire (mars 2022). Les chances sont grandes qu’il serve dans le bataillon Kraken, ou une autre unité néonazie du genre.

Maxime Blendov (11 mai 2000-), transfuge du Donbass, élevé dans la haine de celui-ci, originaire de l’ancien oblast de Donetsk, Novozarevka. Il s’enrôla dans le régiment Azov à sa reformation (2022), et publia une photo de lui tenant la tête d’un soldat républicain de la République populaire de Donetsk, décapité. Il avait également enfoncé dans la bouche du malheureux un drapeau de cette république (26 mai 2022). On ne sait pas si l’homme décapita un prisonnier, ou un cadavre, mais cela en dit long sur la mentalité de ce fou dangereux, criminel de guerre en puissance. La photo et les fanfaronnades sanglantes de ce sbire d’Azov fut finalement repéré et il fut couché sur une liste de criminels de guerre (2 juin). Nous ne savons pas s’il est encore en vie.

Maxime Bondartchouk (?-21 août 2023), jeune ukrainien, versé ou enrôler au régiment Azov (2022 ou 2023), il fut tué non loin d’Artëmovsk, le 21 août 2023).

Maxime Bourda dit le Photographe (?-2023), néonazi ukrainien, enrôlé dans le régiment Azov, servant dans la 2e compagnie, il fut tué dans la bataille d’Artiomovsk en mars 2023.

Sergeï Bourlaka dit le Français (1977-2016), originaire de la région de Tchernivtsi, il fit des études secondaires, suivant ses parents lors de leur déménagement dans la région de Zaporojie, puis poursuivit ses études dans un lycée agricole. Il supporta la révolution du Maïdan dans une compagnie d’autodéfense locale, constituée de bandéristes et néonazis. Il s’enrôla dans le bataillon Azov (printemps 2014), servant dans une compagnie d’assaut. Il se trouvait dans les positions de Pavlopol, région de Volnovakha, lorsque les Azoviens perdirent un drone qui tomba à terre. Il fit partie d’un groupe qui fut envoyé le chercher et ramener pour réparations. Le Français et son camarade surnommé Van Gogh furent blessés, le premier mortellement en sautant sur une mine, le second blessé aux jambes par le même engin (25 mars 2016). Le groupe réussit à ramener son corps et le soldat blessé qui fut évacué. Le drone ne put pas être atteint ce jour-là. Il fut enterré par sa famille (1er avril), laissant une veuve et deux filles, et fut médaillé à titre posthume par le Président Porochenko (18 mai). Un passage fut rebaptisé en sa mémoire dans sa ville (23 septembre). Une plaque commémorative fut ensuite installée dans son lycée agricole (24 mars 2017), puis dans son école. Un tournoi de mini-football fut également organisé en sa mémoire (13 août).

Denis Denissiouk (1990-2015), originaire de Kiev, il fit des études professionnelles et travailla comme monteur pour une chaîne de télévision. Il participa aux violences et émeutes durant la révolution du Maïdan (hiver 2013-2014), et abandonna son emploi pour s’enrôler dans le bataillon néonazi Azov (janvier 2015). Il fut nommé au poste de conducteur, et servit ensuite dans l’unité d’artillerie du bataillon. Il fut tué par un bombardement des Républicains, des positions des Azoviens à Shirokino, le 10 juin 2015. Il n’avait pas été tué sur le coup, mais mourut dans les minutes suivantes. Il fut enterré par ses parents à Kiev (12 juin), et fut décoré à titre posthume par le Président Porochenko (15 septembre). Une plaque commémorative fut ensuite installée dans son école (avril 2016). L’histoire typique d’un gamin qui n’avait pas réalisé tous les enjeux et les raisons du conflit, qui rêvaient de gloire et d’actions et mourut obscurément en se vidant de son sang.

Andreï Diatchenko dit le Croate (28 novembre 1989-), originaire de Loutsk, région de Volhynie, il s’enrôla dans le bataillon Azov, dont il devînt à un moment le porte-parole. Il démissionna à une date inconnue du régiment, encarté dans le parti néonazi Corps National (2016), dont il fut nommé président pour la branche locale de la région de Volhynie. Il fut attaqué dans la rue par des inconnus, dans la ville de Loutsk, alors qu’il se trouvait à un arrêt de bus. Il fut frappé à coup de pieds et de poings sur la tête, et les assaillants prirent la fuite. Malgré les efforts de la police de retrouver les agresseurs, ils ne furent jamais identifiés. Il se présenta aux élections législatives dans l’alliance Svoboda et pour son parti (2019), mais ne fut pas élu.

Alexandre Didenko (1953-2016), originaire de la région de Tchernigov, il fit des études professionnelles. Il s’enrôla dans le bataillon Azov, servant longuement comme simple bénévole sans salaire. Il mourut d’une crise cardiaque, se trouvant dans la région d’Ourzouf, ancien oblast de Donetsk. Il fut médaillé à titre posthume par une médaille de l’ATO.

Artem Dimid (1995-2022), originaire de la région de Lvov, fils d’un prêtre et aumônier qui servit dans les rangs d’une compagnie d’autodéfense de bandéristes (hiver 2013-2014). Il s’enrôla lui-même dans les rangs du bataillon Harpon, puis ensuite dans ceux d’Azov (2014-?), où il servit pendant quelques années. Il rentra chez lui, mais il se porta volontaire dès le début de l’opération spéciale russe (24 février 2022). Il fut mortellement blessé dans un combat avec les Russes, et il fut abandonné par ses camarades ayant pris la fuite. Il mourut le jour même dans une ambulance russe, le 18 juin 2022.

Vladislav Dioussov (1994-2015), originaire de la région de Vinnytsia, il abandonna ses études secondaires, alors en dernière année de baccalauréat, pour se rendre à Kiev et participer aux émeutes et violences durant la Révolution du Maïdan. Il était déjà largement contaminé par l’idéologie bandériste et néonazi et servit dans une compagnie d’autodéfense à Kiev (hiver 2013-2014). Il s’enrôla dans un bataillon de représailles pour le Donbass, l’un des plus sinistres, le bataillon OUN (printemps 2014), et participa aux combats pour la position de Peski et l’aéroport de Donetsk (automne-hiver 2015). Il préféra passer dans les rangs du bataillon néonazi Azov (printemps 2015), servant d’une pièce antiaérienne, dans la région de Marioupol. Les conditions de sa mort sont troubles, il explosa peut-être sur un piège déposée par les Républicains, où se fit sauter lui-même en voulant en poser un, dans le village de Shirokino, le 31 mai 2015. Il mourut le jour même à l’hôpital de Marioupol de ses blessures. Il fut médaillé à titre posthume par le Président Porochenko (15 septembre), et ne reçut aucun autre honneur, ce qui parle en faveur d’une mort peu glorieuse.

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