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Vendredi, 30 Sept. 2022

Les enfants afghans, victimes innocentes de la culture de l'opium

Auteur : | Editeur : Admin | Mardi, 12 Févr. 2013 - 07h56

Eradiquée lorsque les talibans étaient au pouvoir, la culture de l'opium a repris sous le gouvernement des Etats-Unis. La culture et le traffic de drogue, connus, encadrés et pratiqués par les forces américaines font des ravages.

Le plus jeune drogué doit avoir 3 ans à peine, le plus âgé peut-être 12 : dans le centre de traitement Wadan, une marmaille gesticulante reprend goût à la vie, après des années d’addiction, problème croissant en Afghanistan.

Deux fillettes vêtues d’un uniforme bleu, dont l’une a les cheveux recouverts d’un foulard, s’essaient au badminton. Des garçons se disputent un ballon jaune. D’autres sont captivés par un jeu électronique rudimentaire. Tous ont l’air actifs, sains. Aux antipodes de leur état à leur arrivée dans ce centre de Jalalabad.

« Quand je les vois pour la première fois, ces enfants sont déprimés, malheureux. Ils ne jouent pas, ne se préoccupent pas de leur hygiène », observe Massouma Khatima, une aide-soignante. « Ils sont comme des fantômes », acquiesce l’une de ses collègues.

En Afghanistan, qui produit plus de 90 % de l’opium mondial, les parents sont directement responsables de la toxicomanie de leurs enfants. Dans la plus grande partie du pays, ceux-ci deviennent en effet accros en tant que « fumeurs passifs » de l’opium que leur père consomme à la maison, explique Zarbadshah Jabarkhail, médecin travaillant pour le Bureau des Nations unies contre les drogues et la criminalité (UNODC).
Trois des cinq enfants de Baspari, une jeune femme de 28 ans, sont désormais accros. Les deux autres, un nourrisson de 10 mois et un bébé de moins de 2 ans, sont consommateurs passifs. « Je sais que c’est mal. Les médecins m’ont dit de ne pas le faire. Je ne recommencerai pas », déclare-t-elle, visiblement peu convaincue, devant des employés du centre. Et cette fermière peu éduquée, qui cultive de l’opium avec son mari, de décrire en souriant les effets de la drogue sur sa progéniture : « Parfois ils dansent, parfois ils peuvent dormir trois jours d’affilée. » « On m’a donné la même chose quand j’étais petite », reprend-elle. « De toute façon, quand on n’a pas d’argent pour leur acheter des médicaments, on n’a pas le choix. »

Quelque 1,6 million d’Afghans, sur une population d’environ 30 millions, sont drogués, dont 300 000 enfants, selon une estimation américaine. Entre 2005 et 2009, le nombre d’héroïnomanes a triplé, pour atteindre 150 000, et 230 000 personnes prenaient de l’opium, selon l’UNODC. Et toujours plus de toxicomanes signifie toujours plus d’enfants frappés par ce fléau, note le Dr Jabarkhail. La menace est de taille pour un pays très jeune (plus de la moitié des habitants ont moins de 18 ans), et dont les enfants incarnent un avenir... incertain.

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