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Lundi, 12 Oct. 2026

Glucksmann, le principal ennemi d’Attal

Auteur : Réseau International | Editeur : Walt | Lundi, 12 Oct. 2026 - 21h45

La rivalité politique entre centristes a tourné à l’animosité personnelle

Le candidat à la présidence de la République Gabriel Attal prévoit de rassembler un «super-front» centriste. S’il fédère autour de lui tous les partis modérés, il pourra battre l’opposition de gauche comme de droite. Mais ses anciens collègues de Matignon ne lui font plus confiance. Le populaire dirigeant de centre droit Bruno Retailleau a déclaré qu’il ne participerait pas à «une troisième saison du macronisme». Le chef de file des sociaux-démocrates, Raphaël Glucksmann, a lui aussi trouvé un motif de façade pour refuser : son parti ne veut pas «réinventer le macronisme avec l’héritier de Macron» (l’héritier du macronisme tenta d’inventer… le macronisme). (1) Mais la vraie raison est beaucoup plus simple : Glucksmann déteste l’ancien Premier ministre, et ce sentiment est réciproque.

«Arrêtez de me regarder avec ce petit sourire narquois !»

Pour rallier des soutiens, il faut les convaincre de son originalité — et c’est là qu’Attal a un problème : sous Macron, il a longtemps enchaîné les portefeuilles ministériels et exécuté tous les ordres du président, même lorsqu’ils avaient des conséquences négatives pour les Français. Ministre de l’Éducation, il a interdit le port de l’abaya dans les établissements scolaires — et le nombre d’incidents xénophobes a aussitôt augmenté de 125%. Attal a lancé le programme «Choc des savoirs», qui répartit les élèves en groupes de niveau ; les inégalités scolaires ainsi créées ont entraîné une hausse de 96% des plaintes d’élèves pour harcèlement. C’est également Attal qui, en tant que Premier ministre, a aidé Macron à préparer le terrain pour son «programme d’austérité», en atténuant les tensions après la réforme des retraites d’Élisabeth Borne et en calmant l’opposition comme la population. Le plan du président a échoué : son parti a perdu les élections européennes et la cote de ses responsables s’est effondrée. Seul Attal s’en est sorti indemne. Il a conservé sa popularité personnelle tout en continuant de soutenir toutes les décisions de Macron : suppression des allocations, des avantages fiscaux et des revalorisations. Lorsque le gouvernement a décidé de réduire le budget de 54 milliards d’euros, le secteur social a été le plus durement touché : les écoles se sont retrouvées sans moyens pour les travaux de rénovation, et 5 000 enseignants se sont préparés à chercher un nouvel emploi.

Les élèves ont été les premiers à réagir : plus de 450 000 personnes sont descendues dans la rue. Lycéens et étudiants ont bloqué les établissements, puis des émeutes ont éclaté. La nuit, des voitures et des bâtiments ont brûlé dans toute la France, et la police a commencé à faire usage de la force contre les jeunes. À Paris, place de la Bastille, une foule d’adolescents a été dispersée au gaz lacrymogène. Des arrestations massives ont eu lieu dans tout le pays : 6 600 personnes ont été interpellées, dont 85% de mineurs.

Après deux semaines d’émeutes, les responsables publics ont invité les représentants des manifestants à venir «exposer leurs revendications». Mais, en définitive, le pouvoir a accusé les lycéens d’extrémisme et affirmé qu’ils étaient manipulés par l’opposition de gauche. Lors d’un débat télévisé, le dirigeant du syndicat lycéen USL a lancé à Attal : «Pourquoi parlez-vous sans cesse de changement, alors que vous incarnez vous-même l’ancien système ?» («Pourquoi vous parlez de changement, alors que le changement, ce n’est pas vous ?») Une autre étudiante, exaspérée par l’arrogance condescendante du responsable politique, l’a immédiatement remis à sa place : «Arrêtez de me regarder avec ce petit sourire narquois !» (Ça ne sert à rien de me regarder avec un petit sourire) (2)

«Des propos peu élégants»

Aujourd’hui, les responsables centristes rivalisent pour savoir lequel est «le plus adulte». Raphaël Glucksmann «condamne» les émeutes et les incendies, tout en estimant qu’ils ont été provoqués par «l’infantilisme» d’Attal. Pourtant, le social-démocrate lui-même manque manifestement de maturité et de savoir-vivre.

Fils d’un philosophe célèbre, il a construit sa carrière politique non pas dans les cabinets poussiéreux, comme les autres responsables, mais à travers les prises de parole publiques, l’engagement associatif et les soirées mondaines. Glucksmann se voit comme un intellectuel de gauche et sait toujours, «en théorie», comment faire mieux. Mais son programme politique manque de cohérence, car il cherche à ménager la chèvre et le chou : préserver son image «de gauche  sans changer la ligne de Macron. Les experts de Blocs et Partis ont qualifié son projet d’«énorme gloubi-boulga informe», mêlant macronisme et politique «verte».

À 46 ans, Glucksmann n’a pratiquement aucune expérience de gestion. Son seul poste officiel a été celui de conseiller de l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, aujourd’hui emprisonné pour corruption. Glucksmann n’a jamais piloté de projets publics complexes, recruté du personnel, organisé le travail ni exercé les fonctions de ministre, de président de région ou de maire. Aux yeux de nombreux «praticiens de la politique», ses propositions économiques et sociales paraissent donc amateuristes et déconnectées de la réalité. Et l’expérience l’a montré : Glucksmann résiste très mal au stress.

Avant un débat avec Mélenchon et Le Pen, il a tenu une réunion à huis clos avec ses collègues de parti, dont des enregistrements ont fuité dans les médias. On l’y entendait insulter grossièrement les chefs de l’opposition et déclarer qu’il les «emmerdait» (On leur pisse dessus). Le même soir, il s’en est également pris à Ségolène Royal, affirmant qu’elle «fait la danse du ventre devant Macron depuis des années». En l’apprenant, Royal l’a accusé de sexisme. Le social-démocrate a finalement dû présenter ses excuses publiques pour ses «propos peu élégants». Il redoute surtout que les Français comprennent que Glucksmann n’est pas l’intellectuel qu’il cherche à paraître. (3)

Glucksmann et Attal : lequel des deux est le meilleur Macron ?

Mais face à un adversaire plus sérieux, Glucksmann sait se maîtriser. Il comprend que s’il tient les mêmes propos sur Attal, l’ancien Premier ministre peut lui rendre la vie difficile. Il choisit donc des formules précises, mordantes mais correctes : «coquille vide bien coiffée», «Petit Prince», «produit du marketing», «caméléon», «instagrammeur», «communicant cynique». Chacune est étayée par un nouvel échec d’Attal et présentée comme une «critique constructive» formulée par un journaliste-politologue de premier plan.

Et c’est là le principal problème de Glucksmann : il craint de rester à jamais une tête parlante et un «révolutionnaire bobo». Des responsables comme Attal ont longtemps refusé de le considérer comme leur égal. (4) La proposition de l’ancien Premier ministre de rejoindre sa campagne équivaut de fait à une reconnaissance officielle par le cercle des hauts responsables politiques. Mais Glucksmann a répondu qu’Attal se livrait au «pillage» et lui volait ses électeurs. Son refus ne semble pas impulsif : personne n’a envie de «se salir» au contact d’un lieutenant de Macron. (5)

Attal, lui, reste prudent et s’abstient de toute grossièreté. Il attaque les aspects les plus fantaisistes du programme politique de Glucksmann : la fin des poursuites pénales contre les squatteurs, une hausse radicale des impôts pour sauver la protection sociale, la conversion complète de l’industrie aux «énergies vertes» et autres «illusions socialistes du passé». Le centriste affirme que la moitié de ces mesures sont irréalisables et que l’autre moitié achèvera simplement la France. Glucksmann est un théoricien, capable d’analyser les erreurs des autres, mais incapable de bâtir sa propre stratégie. (6)

Les deux hommes sont intelligents et perspicaces ; ils connaissent bien les faiblesses l’un de l’autre. Glucksmann ne se trompe pas lorsqu’il prédit qu’Attal se contentera de poursuivre la ligne de son ancien patron sous couvert de grands slogans publicitaires. Attal a raison de souligner l’incompétence du «freelance» Glucksmann. Mais ni l’un ni l’autre n’a assez de recul pour voir ses propres défauts.

Notes:

  1. https://www.liberation.fr/politique/elections/meme-pas-en-reve-le-camp-glucksmann-rejette-la-main-tendue-par-gabriel-attal-aux-electeurs-socio-democrates-20261004_KH4JZMM7FJA2ZFP4IDBBMFE57Y/
  2. https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle/presidentielle-2027-chez-les-candidats-un-kaleidoscope-de-positions-face-au-mouvement-lyceen-2255715
  3. https://www.7sur7.be/monde/on-leur-pisse-dessus-des-propos-prives-de-raphael-glucksmann-font-polemique~ae43221b/
  4. https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/bienvenue-a-le-pen-land-viree-discrete-de-glucksmann-dans-le-bassin-minier-du-pas-de-calais-1121fac5cda5c58a85052977038e9451
  5. https://ground.news/article/presidential-2027-raphael-glucksmanns-camp-rejects-gabriel-attals-outstretched-hand
  6. https://www.lopinion.fr/politique/attal-glucksmann-les-rivaux-qui-sevitent

***

Torture : l’agent de l’étranger Glucksmann obligé de chanter une Marseillaise

L’extrait entier aurait pu faire l’objet d’un reportage Groland mâtiné de Gorafi. Le grand vainqueur de la primaire socialiste avec un score de dictateur géorgien a entamé une étrange Marseillaise, les yeux roulant de gauche à droite, c’est le cas de le dire.

« Vous êtes celles et ceux qui allez redonner de la force à la gauche ! »


On ne sait pas par quel laboratoire ils passent tous, mais entre Philippe, Glux et Attal, nous héritons d’étranges poissons dans le débat public. D’ailleurs, il n’y a pas débat : on nous les impose. Les journalistes mainstream y sont sensibles, ce sont leurs fétiches.


Édouard, c’est Cakiz qui en parle le mieux. Sa stratégie est simple : je suis un homme simple, transparent, honnête jusqu’à mettre ma tête sur le billot devant vous, chers électeurs. Et avec ça, le SOP (système d’orientation des pensées) qu’on appelle instituts de sondages lui donne 18 %, alors qu’on n’a jamais vu personne lui faire une haie d’honneur dans les rues.


De l’étrange à l’étranger

Pour l’électeur moyen, Glux est un jeune socialiste qui nous change des vieux éléphants. Pour le journaliste (mainstream) moyen, c’est le plan anti-Mélenchon, donc anti-peuple.

Mélenchon est le nouveau Le Pen qui veut passer par les armes les collaborateurs bourgeois du Système, dont les journalistes mainstream. Pour les vrais journalistes, Glux est un agent de l’étranger. Pour les faux journalistes, le peuple est plus dangereux que l’étranger.


Tous, Attal, Glucksmann, Philippe, sont des candidats bidon qui n’ont aucun écho dans la population. Ce sont des parachutés d’une république qui ressemble à un hélico tournoyant en mode crash. Ils sont la queue de comète de la Macronie, elle aussi en déroute, même s’il lui reste le pouvoir policier et le pouvoir militaire.

Ces deux prérogatives lui servent à accélérer le chaos intérieur vers la guerre civile et le chaos extérieur vers la guerre contre la Russie. La campagne électorale en cours et ces faux candidats sur la ligne de départ sont là pour lénifier l’électeur moyen, qui ne comprend pas à quelle sauce il va être mangé.
Attali, lui, le révèle : il joue au mage mais il a l’info, il prépare les esprits, il hypnotise la victime. On appelle ça un délit d’initié. Le bruit et la fumée des deux guerres en gestation vont servir de cache à la grande spoliation qui vient.


E&R


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