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Mercredi, 14 Nov. 2018

Porton Down, laboratoire secret des poisons les plus dangereux ?

Auteur : Bob Woodward | Editeur : Walt | Lundi, 09 Juill. 2018 - 13h18

Après l’empoisonnement d’un couple britannique par le même agent innervant que celui utilisé contre Sergueï Skripal et sa fille, un laboratoire britannique spécialisé dans la défense contre les armements chimiques fait l’objet de nombreuses rumeurs car celui-ci se trouve à quelques kilomètres seulement du lieu des deux affaires.

Le nom de Porton Down est omniprésent outre-Manche, deux jours après la découverte d’un nouvel empoisonnement au Novitchok, cet agent innervant utilisé, début mars, contre l’ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia. Les deux citoyens britanniques, Charlie Rowley et sa compagne Dawn Sturgess, aujourd’hui dans un état critique, auraient cette fois-ci pu entrer accidentellement en contact avec un objet contaminé par le poison. Comme dans le cas des deux membres de la famille Skripal, le laboratoire militaire de Porton Down a confirmé que le couple avait bien été empoisonné par la même substance.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle le nom de Porton Down est cité. Comme le rappelle The Independent , ce centre de recherche, en pointe sur les armes chimiques et biologiques, est en effet situé à quelques kilomètres seulement de Salisbury, lieu du premier empoisonnement, et d’Amesbury, lieu du second, dans le sud-ouest de l’Angleterre. «Il n’y a absolument aucune preuve que l’emplacement soit autre chose qu’une coïncidence», précise The Independent .

Mais celle-ci déclenche de nombreuses rumeurs ou théories du complot. Le New York Times cite ainsi les propos de Nikolaï Kovalyov, un ancien directeur du Service fédéral de Sécurité (plus connu sous le sigle FSB), successeur du KGB. L’ancien espion suggère qu’un «scientifique voyou» du laboratoire de Porton Down aurait pu mener des expériences sur des personnes vivant à proximité. «Nous pouvons anticiper une nouvelle désinformation du Kremlin, comme nous l’avons vu suite à l’attaque de Salisbury», a réagi le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid.

Ces rumeurs largement diffusées sur les réseaux sociaux sont alimentées par le passé controversé de l’établissement scientifique, alors que Londres, qui a pointé du doigt le rôle de la Russie, n’a pour l’instant apporté aucune preuve de l’implication de Moscou. Porton Down a en effet bien démontré qu’il s’agissait de Novitchok, mais n’a pas découvert le lieu de fabrication de cette substance chimique, conçue en Union soviétique dans les années 1970 et 1980 avant d’être découverte par les Occidentaux au début des années 1990 grâce à des transfuges soviétiques.

Ce centre de recherche militaire très secret, qui fait l’objet d’interrogations depuis plusieurs années sur ses activités pendant la guerre froide, emploie à ce jour plus de 3000 scientifiques, dispose d’un budget annuel de 500 millions de livres (558 millions d’euros) et s’étend sur près de 1100 hectares. Il a été créé en 1916 pour permettre initialement aux soldats britanniques de se protéger pendant la Première Guerre mondiale contre certaines attaques de l’armée allemande, qui avait recours au gaz moutarde, au chlore et au phosgène, un gaz toxique. Dans les années 1950, les chercheurs de Porton Down ont, d’après la BBC, mis au point le gaz CS, plus connu sous le nom de gaz lacrymogène, ainsi que le gaz innervant VX, dont certains médias britanniques supposent qu’il a été utilisé pour empoisonner Sergueï Skripal.

Compte tenu des conventions internationales qui interdisent le recours aux armes chimiques, les recherches menées à Porton Down ont un objectif défensif. D’après le ministère britannique de la Défense, elles visent seulement à améliorer les équipements de protection des troupes ou à protéger la population.

Ces dernières années, le laboratoire a participé au programme de recherche sur le virus Ebola, et pris part à la lutte contre l’épidémie qui a frappé en Sierra Leone à partir de 2013. Il a aussi mené des recherches sur l’usage d’armes chimiques dans le conflit syrien, notamment sur le gaz sarin.

Le secret qui entoure ses travaux a alimenté de nombreuses rumeurs et des accusations contre les expérimentations menées sur des humains et des animaux. En 1999, la police avait ouvert une enquête sur des expériences qui auraient mis en danger la vie de certains soldats à leur insu.

L’enquête n’avait pas abouti, mais en 2008, le ministère de la Défense a accordé une compensation de 3 millions de livres (4 millions d’euros) à 360 anciens membres des forces armées qui affirmaient avoir servi contre leur gré de cobayes pour des essais chimiques pendant la Guerre froide. Le ministère n’avait cependant pas admis une quelconque responsabilité.

Dans les années 1950, les chercheurs de Porton Down ont, d’après la BBC, mis au point le gaz CS, plus connu sous le nom de gaz lacrymogène, ainsi que le gaz innervant VX. C’est ce gaz qui a par exemple été à l’origine de la mort, début 2017, de Kim Jong-nam, le demi-frère du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, soupçonné d’avoir commandité cet assassinat. Bien que considéré avec le gaz sarin comme l’une des armes chimiques les plus terribles, elle serait néanmoins cinq à dix fois moins puissante que le Novitchok, dont le nom russe signifie «petit nouveau».

Compte tenu des conventions internationales qui interdisent le recours aux armes chimiques, les recherches menées à Porton Down ont un objectif défensif. D’après le ministère britannique de la Défense, elles visent seulement à améliorer les équipements de protection des troupes ou à protéger la population. Ces dernières années, le laboratoire a participé au programme de recherche sur le virus Ebola, et a pris part à la lutte contre l’épidémie qui a frappé en Sierra Leone à partir de 2013. Il a aussi mené des recherches sur l’usage d’armes chimiques dans le conflit syrien, notamment sur le gaz sarin.

Le secret qui entoure ses travaux a déjà alimenté par le passé de nombreuses rumeurs et des accusations contre les expérimentations menées sur des humains et des animaux. «Le passé que Porton Down ne peut pas cacher», titrait ainsi le Guardian en 2014, qualifiant le laboratoire «d’un des plus infâmes établissements scientifiques de Grande-Bretagne». En 1999, la police avait ouvert une enquête sur des expériences qui auraient mis en danger la vie de certains soldats à leur insu. «De 1945 à 1989, Porton a exposé plus de 3400 cobayes humains à des agents innervants. Il semble probable que, sur une aussi longue période, Porton a exposé plus de sujets humains à ces gaz qu’aucun autre établissement scientifique à travers le monde», commentait alors le quotidien britannique, précisant que «Porton est aujourd’hui totalement dévoué à trouver des mesures défensives contre les attaques chimiques».

L’enquête n’avait pas abouti, mais en 2008, le ministère de la Défense a accordé une compensation de 3 millions de livres (4 millions d’euros) à 360 anciens membres des forces armées qui affirmaient avoir servi contre leur gré de cobayes pour des essais chimiques pendant la Guerre froide. Le ministère n’avait cependant pas admis une quelconque responsabilité. Il a en revanche reconnu la mort d’un soldat de l’armée de l’air, Ronald Maddison, décédé en 1953 après avoir participé à une expérimentation avec du gaz sarin. Ce lourd passé encourage encore davantage les théories du complot autour des empoisonnements au Novitchok.


- Source : Decryptnewsonline

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