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Vendredi, 30 Sept. 2022

Plus qu'une visite de routine diplomatique.

Auteur : | Editeur : Admin | Jeudi, 14 Févr. 2013 - 15h48

Ce timing entre les arrivées à Alger de Brahimi et de Lavrov peut donner à penser que le Kremlin a sollicité de Bouteflika qu'il fasse comprendre au premier qu'il fait l'objet d'une instrumentalisation vouée à faire échec aux efforts internationaux qui tentent de faire accepter l'option politique pour la résolution de la tragédie syrienne. La visite effectuée lundi à Alger par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n'est pas à apprécier comme un fait «routinier» s'inscrivant ainsi qu'annoncé officiellement dans le cadre du dialogue politique entre l'Algérie et la Russie pérennisé par la déclaration conjointe signée par les chefs d'Etat des deux pays le 06 octobre 2010.

Il y a évidemment de cela dans cette visite, mais qui n'interdit pas de penser qu'elle a été convenue entre les deux parties pour des raisons d'actualité régionale et internationale ayant rendu indispensable et pressante la concertation entre elles. Il n'apparaît pas en effet comme un simple hasard d'agenda diplomatique si Sergueï Lavrov est venu à Alger au moment où les crises malienne et syrienne sont en train de connaître des évolutions dont Alger et Moscou ne veulent pas en faire les frais. Ayant des points de vue convergents sur le règlement de l'une et de l'autre de ces deux crises, les deux capitales ont dû juger que les tournants qu'elles sont en train de prendre sont cruciaux pour leurs intérêts nationaux et leur font obligation d'accorder leurs violons diplomatiques sur les deux sujets dans l'arène internationale.

Si les officiels algériens n'ont rien laissé percer de ce que leur inspirent les développements dans la région du Sahel et au Proche-Orient du fait des crises malienne et syrienne, le chef de la diplomatie russe a lui apporté un éclairage sur ces développements, la veille de son arrivée à Alger, que ses hôtes n'ont certainement pas jugé erroné dans leurs entretiens avec lui. Il a en effet stigmatisé le rôle de la France et au-delà de l'Occident dans ces deux crises en faisant valoir qu'au Mali ils luttent contre ceux qu'ils ont armés contre le régime de Kadhafi en violant l'embargo du Conseil de sécurité et qu'en Syrie ils soutiennent des groupes de même nature contre le régime de Bachar El-Assad. Une ambiguïté qui pour Alger et Moscou est révélatrice de desseins qui n'ont rien à voir avec l'objectif de préservation de l'unité territoriale du pays avancé pour l'intervention étrangère dans le cas de la crise malienne et celui de la démocratie et de la liberté dans celui de la crise syrienne.

L'Algérie est naturellement plus directement impliquée dans la crise malienne du fait qu'elle se déroule à sa porte. La Russie l'est de la même façon dans la crise syrienne parce que son enjeu concerne ses intérêts géopolitiques et économiques. L'un et l'autre pays ont besoin de s'épauler pour faire prévaloir leurs positions quant au règlement de ces crises. Très certainement que la Russie va après la visite de Sergueï Lavrov s'impliquer plus fortement dans le conflit malien et appuyer plus concrètement le point de vue de l'Algérie sur ce dossier, et l'Algérie se montrer plus activiste diplomatiquement sur la question syrienne dans le sens favorable à la thèse défendue par Moscou.

Ce n'est pas aussi simple coïncidence de calendrier que Bouteflika a reçu l'émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, la veille du déplacement à Alger du chef de la diplomatie russe. Lequel chef de la diplomatie russe a tenu récemment des propos peu amènes contre Brahimi qu'il soupçonne d'avoir été circonvenu par les puissances prônant la solution militaire de la crise syrienne. Ce timing entre les arrivées à Alger de Brahimi et de Lavrov peut donner à penser que le Kremlin a sollicité de Bouteflika qu'il fasse comprendre au premier qu'il fait l'objet d'une instrumentalisation vouée à faire échec aux efforts internationaux qui tentent de faire accepter l'option politique pour la résolution de la tragédie syrienne.


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