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Mardi, 05 Mars 2024

Odessa, protégée par l’Unesco – de quels barbares ?

Auteur : Modeste Schwartz | Editeur : Walt | Lundi, 06 Févr. 2023 - 17h33

En regardant le maire d’Odessa se féliciter de voir sa ville portée sur la liste UNESCO du patrimoine de l’humanité, les français intoxiqués par la propagande de guerre du régime d’Emmanuel Macron ont dû se réjouir de bon cœur, à l’idée que ce joyau de la Mer noire serait désormais protégé. Mais protégé de qui ?

Dans leur esprit : probablement des Russes, dépeints sous les traits classiques du barbare, assoiffé de sang, affamé de viol et toujours content de pouvoir napalmer un retable du 17e siècle avant le petit-déjeuner. Simplement, même à supposer que ce portrait-robot du russe éternel corresponde à la réalité, en Ukraine, il n’est pas certain qu’il commencerait son orgie de vandalisme justement par Odessa – ville que les Russes ont fondée, et dont la population, d’un point de vue ethnique, reste majoritairement russe – pour ne rien dire du point de vue linguistique (vivant deux semaines à Odessa il y a 5 ans, je n’ai pas entendu parler ukrainien une traître fois…).

À Odessa, l’UNESCO entre au service des vandales

Comme il est bien évident pour tous les acteurs sérieux (et même pour BHL) que le plan Kissinger finira par être appliqué, et que le sort d’Odessa est peut-être le seul élément du règlement qui prête encore à débat sur le fond, il est bien naturel que la partie kiévienne cherche à s’assurer du plus grand nombre possible de garanties internationales.

Il n’est hélas même pas étonnant de voir l’UNESCO se prêter à cette manœuvre et à sa mise en musique médiatique, au risque de cautionner un nationalisme ukrainien qui n’a jamais reculé devant aucun acte de vandalisme (y compris récemment et, justement, à Odessa) au service de sa vision révisionniste et délirante de l’histoire de cette région de l’Eurasie.

Il faut dire qu’en Europe de l’Ouest, les iconoclastes de la Grande Galicie ont trouvé à qui parler : le même communiqué de l’ONU fait état du projet de « mettre à l’abri » en Italie les toiles de grande valeur conservées à Odessa. Elles y resteront probablement jusqu’à la « reconstruction de l’Ukraine ». Autant dire : ad aeternam.


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