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Mardi, 29 Sept. 2026

Football : L’Irlande baisse la tête pendant l’hymne israélien, refuse les poignées de main et gagne 3-0

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Mardi, 29 Sept. 2026 - 21h09

Le match avait à peine commencé que le message était passé. Dimanche 27 septembre, à Debrecen, en Hongrie, les joueurs de la République d’Irlande ont baissé la tête pendant l’hymne israélien. Ils portaient un brassard noir. Puis les deux équipes ont rejoint le terrain sans la traditionnelle poignée de main ni échange de fanions. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, l’Irlande avait battu Israël 3-0 en Ligue des nations. Pour une rencontre que certains auraient aimé réduire à une simple ligne de résultats, les images d’avant-match risquent de durer bien plus longtemps que le score.

Le brassard rendait hommage, selon la fédération irlandaise, à toutes les vies perdues dans le conflit. Le contexte, lui, ne laissait guère de doute sur la portée du geste : en Irlande, la tenue de ces rencontres contre Israël provoque une vive opposition en raison de la guerre menée à Gaza. Les joueurs ont choisi de disputer le match, mais ils n’ont pas accepté de dérouler le cérémonial comme si tout allait bien. Les gestes observés avant la rencontre avaient été annoncés ; les voir accomplis ensemble leur a donné une tout autre force.


Sur la pelouse, l’Irlande n’a pas traîné. Troy Parrott a ouvert le score à la 13e minute, Adam Idah a marqué à la 16e et Jack Moylan à la 25e. Trois buts en douze minutes. Moylan a ensuite embrassé son brassard noir après avoir marqué. Merci aux joueurs irlandais : ils ont trouvé une manière de rendre hommage aux morts tout en assumant leur présence sur le terrain.

Ce malaise couvait depuis plusieurs jours. Le sélectionneur Heimir Hallgrímsson avait déclaré : « Nous ne jouons pas avec le génocide, nous jouons contre le génocide. Nous jouons contre Israël, nous ne jouons pas avec Israël. » Ses propos avaient déclenché la colère de la Fédération israélienne. Après le match, le ministre israélien des Affaires étrangères a, lui aussi, attaqué l’attitude de l’équipe irlandaise. Il fallait visiblement s’attendre à des sourires et à des fanions, même dans ce contexte.

Le mot « génocide » employé par Hallgrímsson n’est pas sorti d’un vestiaire échauffé. En septembre 2025, une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza. Nous avions rendu compte de cette conclusion. Israël la rejette. La Cour internationale de Justice, saisie dans une procédure distincte, n’a pas encore rendu de jugement définitif sur le fond.

Le football connaît pourtant bien ce sujet. Éric Cantona a demandé la suspension d’Israël par la FIFA et l’UEFA. Des joueurs de l’équipe de France se sont exprimés pour Gaza. Et pendant que les compétitions suivent leur calendrier, le football palestinien enterre aussi ses joueurs. Demander aux Irlandais de faire comme si cette réalité s’arrêtait à la ligne de touche relevait d’un optimisme assez spectaculaire.


Leur décision ne satisfera pas tout le monde. Des sportifs irlandais réclamaient un boycott complet ; l’équipe a préféré jouer et afficher publiquement son désaccord. On peut juger le geste insuffisant. On peut aussi reconnaître ce qu’il a exigé : se présenter face à Israël, devant les caméras, et refuser les marques de cordialité prévues par le protocole. Ce dimanche, personne n’a pu prétendre que le match se déroulait dans une bulle.

L’Irlande retrouvera Israël le 4 octobre, cette fois en Serbie. D’ici là, l’UEFA pourra remettre des fanions dans les sacs et préparer son protocole. Les joueurs irlandais viennent de rappeler qu’une poignée de main ne se commande pas avec une feuille de match. Bravo à eux pour le brassard, pour la dignité du geste et, tant qu’à faire, pour les trois buts.

***

Écarté de la tournée d’Ed Sheeran, Macklemore annonce un concert « Free Palestine » à Paris

On lui a retiré des dates de concert après qu’il a lancé « Free Palestine » sur scène. Macklemore revient avec une réponse difficile à rater : ces deux mots donnent désormais leur nom à sa propre tournée. Le rappeur américain a annoncé trois premiers concerts en Europe, à Dublin le 26 octobre 2026, à Paris le 29 octobre à l’Accor Arena, puis à Londres le 30 octobre. Les bénéfices iront à des organisations qui soutiennent les Palestiniens.

L’affiche annonce « Macklemore and Friends », sans encore donner le nom des autres artistes. Le rappeur prévoit aussi des dates aux États-Unis, qui restent à préciser. Pour Paris, l’Accor Arena a déjà ouvert une inscription à la prévente. La salle indique que les bénéfices du concert seront reversés à douze organisations engagées dans l’aide médicale, l’alimentation, l’éducation ou la défense des droits des Palestiniens. Parmi elles figurent Gaza Soup Kitchen, Medical Aid for Palestinians, HEAL Palestine et Palestine Children’s Relief Fund.


De la première partie supprimée à sa propre tournée

Pour comprendre cette annonce, il faut revenir aux concerts d’Ed Sheeran dans le New Jersey, début septembre. Macklemore assurait sa première partie. Sur scène, il a parlé de Gaza et de la Cisjordanie, puis lancé « Free Palestine ». Quelques jours plus tard, il était retiré des autres dates américaines auxquelles il devait participer. Le promoteur de la tournée a expliqué que plusieurs stades refusaient de l’accueillir à l’affiche. Nous avions retracé cette éviction et le départ d’autres musiciens en solidarité avec lui.

Le propriétaire du Gillette Stadium, Robert Kraft, a défendu son opposition à la présence du rappeur en invoquant des propos et des images qu’il jugeait antisémites. Macklemore conteste, lui, l’idée que sa défense des Palestiniens viserait la communauté juive. Ce désaccord existe et mérite d’être rapporté. Il n’efface pas le fait central de cette histoire : après une prise de parole sur scène, le rappeur a perdu sa place sur une tournée déjà programmée.

Ed Sheeran a assuré que la décision venait des salles et du promoteur, et qu’il avait essayé de trouver une issue. À Philadelphie, il a ensuite présenté ses excuses pour sa gestion de l’épisode et qualifié la situation à Gaza de « catastrophique et injustifiable ». Entre-temps, Finneas, Lukas Graham, Aaron Rowe et le groupe Beoga s’étaient retirés de différentes dates. Une décision censée éviter des difficultés à la tournée en a donc créé de nouvelles. Macklemore, lui, s’est retrouvé avec du temps libre et une idée de concert.

Des recettes destinées aux Palestiniens

Dans son annonce, Macklemore écrit : « Être apolitique pendant un génocide, ça ne marche plus. » Il estime que les artistes doivent se renseigner, prendre la parole et utiliser leur scène autrement que pour divertir. Il accuse aussi des milliardaires de vouloir décider quelles voix peuvent être entendues. Sa nouvelle tournée est présentée comme une réponse à ces pressions, mais également comme un moyen de financer des organisations présentes auprès des Palestiniens.

La page de l’Accor Arena donne une liste plus précise pour le concert parisien. On y trouve des structures d’aide humanitaire et médicale, mais aussi des associations consacrées à la mobilisation et à l’information, dont Palestinian Youth Movement et Jewish Voice for Peace. Leurs missions ne sont pas identiques. Toutes figurent parmi les bénéficiaires annoncés par la salle.

Cette tournée prolonge un engagement plus ancien. En 2024, Macklemore avait publié « Hind’s Hall », un morceau en soutien aux Palestiniens, dont il avait annoncé reverser les recettes à l’UNRWA. Le titre rend hommage à Hind Rajab, une fillette palestinienne tuée à Gaza, et aux étudiants américains mobilisés pour la Palestine. Ceux qui l’avaient choisi pour ouvrir les concerts d’Ed Sheeran connaissaient donc déjà ses positions. Sa prise de parole dans le New Jersey n’avait rien d’un retournement inattendu.

Après son éviction, Macklemore avait également promis de donner un million de dollars correspondant à ses gains nets sur la tournée d’Ed Sheeran à six organisations d’aide aux Palestiniens. Les concerts « Free Palestine » constituent une initiative supplémentaire. Ils ne remplacent pas ce premier engagement, et leurs bénéficiaires annoncés ne se limitent pas à ces six organisations.

Reste à découvrir qui partagera la scène avec lui, combien rapporteront les concerts et si la tournée américaine se concrétisera. Une date, elle, est fixée : le 29 octobre à Paris. Macklemore devait initialement chanter quelques morceaux avant la vedette d’une autre tournée. À l’Accor Arena, il portera lui-même une soirée entièrement organisée autour du message qui lui a coûté cette place.

par Yoann


- Source : Le Média en 4-4-2

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