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Jeudi, 04 Juin 2026

Comment le banquier-candidat Pigasse fait de l’argent avec l’antisionisme

Auteur : E&R | Editeur : Walt | Jeudi, 04 Juin 2026 - 15h09

On l’a dit et redit : l’antisionisme est médiatiquement et électoralement vendeur. Mais ce qu’on n’avait pas prévu, c’est qu’il serait récupéré par un banquier, qui plus est juif, donc qui ne risque rien au vu de la loi, et que ce dernier ferait un carton avec !

« Un jour, je serai président de la République » (aurait dit Pigasse à Minc)

Décidément, les lois du marché sont plus fortes que les lois de l’idéologie, ou de la religion. Alors que Les Inrocks sont une abomination éditoriale dénuée d’influence, un canard culturo-gaucho qui n’a jamais marché, et qui change de rédacteur en chef comme l’OM d’entraîneur, Pigasse a eu le nez creux avec Nova, la radio qui est en train de grignoter France Inter. À l’image de Pigasse qui grignote la vieille gauche...

La gauche sioniste (le PS) se demande quelle mouche du Hamas a piqué l’ex-boss de Lazard, qui est en train de faire une misère au sionisme de droite avec son duo de francs-tireurs Omiri & Meurice, et associés. Associés-gérants, pourrait-on dire.

Bah, si on comprend que ce qui compte, en politique comme dans le renseignement, c’est le contrôle de l’adversité, alors le virage éditorial de Pigasse FM est dans la droite ligne des intérêts du pouvoir profond. Et si en plus, avec l’augmentation exponentielle de l’audience, on peut se faire un petit billet de mille au passage...

C’est à se demander si taper sur Israël, Netanyahou et ses crimes de guerre, n’est pas tout simplement devenu mainstream : au fond, qu’est-ce que ça change ? Ça met la droite juive dans l’embarras, mais ce ne sont que des mots, sous forme de vannes en plus. Quels sont alors les rapports de ce banquier de gauche, selon l’expression consacrée, avec ses confrères de droite, de la droite juive ? C’est la vraie question. Mais ça, la presse mainstream n’en parle pas.

Il se peut que la tendance israéliste dure, grâce ou à cause de Netanyahou, que même Trump vient de traiter de dingo, soit une branche morte du judaïsme politique. Les guerres israéliennes sont un succès militaire autant qu’une défaite politique, et au bout du compte, comme pour la France en Algérie ou l’Amérique au Viêt Nam, c’est le politique qui fait la différence sur le militaire.

Le terrible body count israélien contre les Palestiniens – de Gaza et de Cisjordanie –, les Libanais ou les Iraniens, serait donc un marqueur de défaite politique totale. Une mise en danger de l’existence politique d’Israël, pays complètement isolé dans le monde, de par ses crimes impunis et couverts par les Américains. Israël fait tache, et tache sur les États-Unis.

Installés dans des fauteuils en cuir de l’Hôtel Providence, à Paris, deux hommes dissertent de la présidentielle 2027. « Est-ce que, Matthieu, t’as envie ? Est-ce que tu es prêt ? », s’enquiert en ce mois de mai le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, auprès de Matthieu Pigasse, banquier d’affaire, propriétaire de Radio Nova ou des Inrocks (il est également membre du conseil de surveillance du Monde).

L’énarque, que la politique a toujours démangé (il a écrit plusieurs livres économico-politiques et prépare pour l’automne un nouvel ouvrage au titre provisoire de Tout est possible) est tenté par l’aventure. « Regarde ce que je fais et ce que je dis depuis des semaines. Je m’en prends plein la gueule, de manière injuste et parfois indigne. Est-ce que tu penses que je fais ça pour le fun ? », répond l’intéressé. (Le Monde)

Pas la peine d’avoir fait des études au-delà de la 5e pour comprendre que Pigasse veut se construire une image de banquier de gauche présidentiable, comme DSK en son temps (d’ailleurs il a bossé dans les cabinets de DSK puis Fabius), qui a malheureusement (pour le PS) été rattrapé par ses démons. Et qu’il se sent un destin présidentiel, récupérant une partie de la gauche LFI antisioniste, les rieurs, plus les déçus du socialisme sauce Faure-Hollande. On met de côté Glucksmann qui est devenu le Bardella de la gauche et qui ne fait pas le poids devant Pigasse.


Alors qu’il a fait peur avec son score insolent aux législatives de 2024 (un 14 % aussi douteux que le score de Macron au premier tour 2017), aujourd’hui, tout le monde lui marche dessus.

Pour en revenir à Pigasse, il se place d’emblée en opposant à Bolloré, qui ne se présente pas, mais qui a plusieurs chevaux de courses dans le box, le duo Marine-Bardella ou, en cas de non-qualification, le duo Villiers-Philippot.

On écoute l’homme providentiel qui se pose en rempart contre la droite radicale (ça nous rappelle Macron contre le fascisme et la guerre en 2016)...

« On ne gagnera jamais la bataille politique si on ne gagne pas la bataille culturelle »

Omiri et Meurice sont donc les rabatteurs du banquier d’affaires qui a une bague à chaque doigt, un doigt dans chaque banque et une banque dans chaque pays, comme le chantait Jacques Brel.

Pigasse est en train de dépoussiérer le vieux lobby juif, et en le réactualisant, il le rend moins attaquable, moins détestable (là on re-cite Trump). Il est vrai que le CRIF l’a bien aidé en cela, en déraillant complètement dans l’abus de pouvoir, l’autoritarisme et l’apologie de crimes de guerre, aux yeux de tous. Le lobby israéliste a été trop loin, en plus en période de génocide des Palestiniens, ce qui est, stratégiquement, une connerie sans nom. La chutzpah a ses limites.

Alors, l’irruption dans le jeu politique d’un Pigasse qui dépoussière la gauche et le lobby, est-ce un bien ou un mal ?


- Source : E&R

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