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Samedi, 07 Déc. 2019

Dérèglement médiatique : progressisme et sionosphère en plein doute

Auteur : | Editeur : Walt | Mercredi, 25 Sept. 2019 - 11h43

Il se passe quelque chose en France, un changement de climat inattendu, une espèce de divine surprise, même si on n’y est pas encore : les médiateurs, médiacrates et autres propagandistes sont en plein désarroi. Ils ne savent plus où donner de la tête, commotionnés qu’ils sont par un réel qui leur est revenu en pleine face.

Le choc des Gilets jaunes, d’abord, signe d’un peuple français qui ne veut pas crever et qui a crevé l’abcès de sa soumission ; ensuite la chute des grands intouchables, un effet domino qui a des répercussions inattendues sur des personnalités qui incarnaient le progressisme ; enfin la puissance renversante des réseaux sociaux, qui n’aiment pas obéir aux vieilles injonctions des maîtres à penser, qui étaient surtout des maîtres à ne pas penser. La pensée est en train de s’éveiller en France, et nous nous en réjouissons. On a beau être au début de l’automne, on n’est pas encore au printemps mais on sent que et l’automne et l’hiver seront chauds.

Qu’est-ce qui nous fait dire qu’il est en train de se passer quelque chose et que ce quelque chose n’est pas le fruit de notre imagination ou de notre impatience ?

La grande lame de fond créée par les Gilets jaunes – qui selon nous ont déjà gagné mais ne le savent pas, ou on ne leur dit pas assez – emporte lentement des morceaux de la falaise oligarchique. Sur une semaine, ça ne se voit pas, mais sur des mois, on constate une accélération de l’histoire, et de l’histoire sociale, celle qui compte.

Jean-Michel Aphatie, suite à l’incroyable condamnation d’Alain Soral à deux ans de prison (dont 6 mois avec sursis) et 171 000 euros d’amende pour avoir relayé un clip, au demeurant très bien fait, sur les Gilets jaunes face à l’oligarchie – ce qu’est fondamentalement ce mouvement –, a diffusé un tweet que l’on croyait et que certains croient toujours parodique.
Nous avons laissé passé le temps et aucune infirmation n’est venue, c’est-à-dire que Jean-Michel confirme implicitement cette pensée qui figure en bonne place sur son compte certifié, à moins que le hacking ne soit réalisé à la perfection. Soyons toujours prudents, et ne basons pas notre démonstration uniquement sur cette divine surprise. La voici :


Cette comparaison est évidemment pur bon sens, et nous aurions pu l’écrire cent fois. Mais en l’occurrence, la flèche vient d’un élément du Système, un propagandiste de grosse facture, qui n’a jamais été tendre avec ceux qui dénoncent l’oligarchie française, si on peut la qualifier de française. Cela n’en prend que plus de poids.

De la même façon, un autre propagandiste, de gauche trotskiste avérée cette fois, a mis les pieds dans la mare (ou un pavé dans le plat). Il s’agit de Gérard Miller, qui n’a toujours pas infirmé ce tweet qui figure en bonne place sur son compte certifié :


Factuellement, tout est vrai : condamné pour provocation à la haine contre les musulmans, l’écrivain et journaliste Éric Zemmour est inopinément casté par la chaîne d’information du groupe Canal+, CNews. On peut dire que c’est le monde à l’envers. Toutes les portes semblent ouvertes pour les sionistes, qui placent leurs hommes dans toutes les fenêtres de tir média. On pense aux commissaires politiques qui officient dans les émissions de débats qui forgent l’opinion ou une partie de l’opinion.

Le deux poids deux mesures (2P2M) saute à la figure. Mais il faut aussi considérer les conflits de personnes, qui croisent et parfois dépassent les conflits idéologiques : les virulentes critiques d’Aphatie contre Zemmour sont plus sûrement le fait d’un propagandiste d’Europe 1 et LCI dépassé par le succès du journaliste du Figaro que d’un opposant au national-sionisme montant.
Voici ce qu’écrivait Aphatie sur son confrère à la fin décembre 2015 :

« Journaliste multicartes, animateur d’une émission de télévision (Paris Première) et participant régulier d’une seconde (I-Télé), titulaire d’une chronique radio (RTL), signataire de nombreux papiers dans Le Figaro et Le Figaro Magazine, et invité régulièrement de toutes les émissions possibles et imaginables, probablement à cause d’une promesse d’audience ou de buzz, au motif inavoué que ce qui est un peu sale ne nuit pas aux recettes publicitaires, au contraire ».

Aphatie va même plus, loin, se posant en opposant à Zemmour au sein de la plus grande radio de France :

« J’ai cohabité pendant des années sur la même antenne qu’Éric Zemmour, RTL en l’occurrence. Après tout, j’aurai pu la quitter au moment de son arrivée, initiée par Christopher Baldelli (NDLR : le patron de RTL), mais je jugeais à l’époque paradoxal de me détacher de cette entreprise à laquelle j’étais attaché précisément à cause de la venue d’Éric Zemmour. J’ai mis cependant des barrières, des digues fragiles et d’une certaine manière insignifiante. J’ai par exemple refusé de débattre avec Éric Zemmour sur l’antenne de RTL, à chaque fois que la direction m’en a fait la proposition. J’ai même, à partir de son odieuse chronique sur les “bandes qui dévastent et dépouillent” refusé de le saluer quand je le croisais dans la rédaction, en regrettant que ces propos horribles n’aient jamais été commentés par la direction de la radio ».

Aphatie est un socialo-sioniste, Zemmour un national-sioniste. Nous en concluons que le tweet révolutionnaire d’Aphatie est donc plus anti-Zemmour que pro-Soral. N’empêche !

Dans la série devenue presque quotidienne Les tourments de la propagande, nous avons aussi passé un cap. L’écroulement n’est pas brutal, comme beaucoup de révolutionnaires le souhaiteraient (ils sont toujours trop pressés), il est continu. Nous avons deux exemples sous la main, frais émoulus de cette fin septembre : la chute de la maison Mondadori et la farce de l’indépendance du Monde, tenu par les mains fermes de l’oligarchie financière.

À l’issue d’un « échange d’une heure et trente minutes », lundi soir, le banquier de Lazard et le fondateur de Free ont « signé, avec le pôle d’indépendance, un document établissant irrévocablement les termes et les conditions du droit d’agrément, qui devient donc effectif à compter de ce jour », s’est félicité le pôle, qui représente salariés, journalistes et lecteurs, dans un courriel aux personnels. Les deux coactionnaires se sont également engagés à mener « la réflexion sur la création d’une fondation ».

Le droit d’agrément permettra au pôle d’indépendance, qui détient 25 % du groupe (Le Monde, Télérama, La Vie, Courrier international), de refuser l’entrée d’un nouvel actionnaire de contrôle. Charge, ensuite, au pôle de trouver, dans un délai de six mois, un repreneur alternatif. Xavier Niel et Matthieu Pigasse s’étaient engagés, le 25 octobre 2018, à accorder ce droit inédit pour un groupe de presse, au moment où le banquier de Lazard reconnaissait avoir cédé 49 % de sa société Le Nouveau Monde (LNM) au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. (Le Monde)

Nous avions relaté la pleurniche des 460 journalistes du journal des Marchés et des Lobbies qui désiraient ardemment que leurs propriétaires fassent semblant que la rédaction est indépendante. Eh bien c’est fait : les généraux des Tuniques bleues que sont Niel & Pigasse ont signé aux Indiens de la réserve rédactionnelle un papier bidon pour faire croire à toute la tribu que l’indépendance du journal était garantie. Une farce majeure, que les internautes ont fêtée comme il se doit, sur les réseaux sociaux, avec une ironie mordante.

Un tweet parmi tant d’autres : « C’est un peu comme faire signer un cleptomane pour plus qu’il ne vole... »


Mais le gros morceau de la série Les Tourments de la Propagande, saison 6 épisode 12, c’est, après l’équarrissage de l’empire de presse Hachette-Filipacchi (du groupe Lagardère), celui du groupe Mondadori. En fait d’effondrement, il s’agit plutôt d’une destruction, et d’une destruction contrôlée : un fonds vautour média rachète les titres à bas prix, vire un maximum de journalistes et, dans les coquilles vides qui restent, essaye dans un temps limité de tirer un maximum de profit de l’acquis rédactionnel. On est dans la restructuration industrielle brutale, avec éviction des cadres et putarisation du produit, l’information.

On le voit, non seulement des pans entiers de la presse sont en miettes, mais la télévision ne va pas mieux : on rappelait récemment que Tout le monde en parle faisait dans les années 2000 jusqu’à 2,7 millions de téléspectateurs les bonnes semaines, tandis que Ruquier dans sa 13e saison peine à réunir 900 000 passionnés. Et encore, plus le grand public déserte la télé, plus les chiffres d’audience sont trafiqués (sinon les tarifs des annonceurs baissent, ce qui est déjà le cas), le même trucage a été appliqué à la presse depuis le début des années 2000.

Faut-il se réjouir de toutes ces victimes du libéralisme, de ces centaines d’emplois perdus ou menacés ?

Oui et non. La punition divine n’est pas si divine que ça quand on vend depuis des lustres des salades à des gens qui ont appris à penser par eux-mêmes avec l’Internet et ses échanges horizontaux, sans filtres. Ce sont les filtres qui souffrent, mais l’information, elle, ne s’est jamais aussi bien portée. Les chaînes de télé mainstream, TF1, France 2, France 3, considèrent que l’information n’est pas rentable, ils la conservent dans un esprit de « service public » auquel les gens ne croient plus trop.

Les JT sont tellement cons que seuls des abrutis ou des intoxiqués lourds peuvent y être accro. La véritable information n’est plus là, elle est ailleurs, et le formidable succès d’une chaîne comme Netflix montre que les gens aiment la télé, ou le cinéma, mais pas la propagande. Netflix n’est qu’un grand TF1, un grand Canal ou un grand France 2 qui se serait débarrassé de sa propagande repoussante. C’est pourquoi les Français se désabonnent en masse de Canal+ (le casting de Zemmour sur CNews c’est justement pour dégauchiser la chaîne et retenir les téléspectateurs) et son progressisme infect, pour se payer de la télé un peu moins impure avec Netflix ou Prime Video d’Amazon. Les multinationales américaines ont au moins compris ça : la propagande, ça ne marche plus comme avant, ça devient invendable et si ça continue, c’est mort.
Les renards qui nous lisent argueront que la propagande ira se nicher ailleurs, de manière plus subtile mais ça, c’est l’évolution ! À nous de la pousser dans le bon sens, car elle n’est pas écrite.


- Source : E&R

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