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Dimanche, 03 Mars 2024

Dossier enquête : DUK les cohortes bandéristes de l'Ukraine

Auteur : Laurent Brayard | Editeur : Walt | Mercredi, 06 Déc. 2023 - 18h28

Écrire l’histoire du DUK est un véritable défi, que longtemps j’ai repoussé vu la masse de travail à réaliser. Personne ou presque en Occident ne connaît le DUK, et pourtant c’est une des organisations les plus importantes des troupes ukrainiennes. Il fut fondé par le fameux Iaroch, créateur du Parti Pravy Sektor (Secteur Droit), et avait l’ambition de former une armée parallèle, destinée à appuyer les bataillons de représailles dans le Donbass, et à en être le fer de lance. Le DUK n’est donc pas un bataillon ni même une brigade, c’est véritablement un corps à l’organisation qui était tentaculaire en Ukraine. Pas moins de 5 bataillons de première ligne furent formés (2014), en sus de plusieurs compagnies d’assaut, et à l’arrière 20 bataillons de réserve furent également créés, un par région d’Ukraine. Les unités de première ligne furent lancées contre le Donbass, et à part la terrible Légion nationale géorgienne, il n’existe pas dans l’horreur, les crimes atroces, de guerre et même contre l’Humanité, d’unité plus violente et ignoble que le DUK.

L’héritage de la Waffen SS exemple du DUK. Lorsque pour la première fois je découvris l’organisation du DUK, je fus frappé par l’exacte similitude de ce dernier avec celle de la Waffen SS. Il est vrai toutefois que Iaroch est l’un des néonazis et bandéristes parmi les plus connus d’Ukraine. Cette fascination pour la Waffen SS est commune par ailleurs à tous les extrémistes d’Europe et d’Occident. Malgré leurs défaites durant la Seconde Guerre mondiale, notamment contre l’Armée Rouge, des historiens ont brossé souvent un portrait romantique de ces combattants, décrit comme les meilleurs du temps, combattants infatigables, indomptables et ne s’occupant pas de politique. La vérité évidemment est différente. Mais force est de constater qu’ils furent parmi les troupes d’élite les plus redoutées de cette guerre, et donnèrent du fil à retordre aux alliés. En France, c’est surtout Jean Mabire qui a vulgarisé la Waffen SS, ou les écrits de Saint-Loup (de son vrai nom Marc Augier), qui servit dans la 33e SS Charlemagne. En Ukraine bien sûr la référence est la 14e SS Galicie qui toujours à l’heure actuelle fait fantasmer bon nombre d’Ukrainiens, et particulièrement dans des unités comme le DUK. Iaroch a sa fondation se rêvait en Himmler, mais Hitler avait disparu il y a bien longtemps. A défaut, le néonazi ukrainien, devenu député, dut se contenter de Porochenko. Il va s’en dire que ce mariage était impossible, entre l’oligarque « roi du chocolat », et son Parti Solidarité Européenne, car l’Europe rêvé par Iaroch n’était pas celle de l’UE, de Bruxelles, des lois « progressistes », mais bien celle de la Révolution Nationale, d’Europa et de la supériorité de la race blanche. L’homme par prudence mais sans tromper les plus avisés, a toujours déclaré ne pas être antisémite, et il s’afficha même avec quelques combattants Juifs du DUK, portant les couleurs de l’UPA (armée collaborationniste ukrainienne ayant participé à la Shoah), et l’Étoile de David… Il déclara refuser être qualifié de « nazi », tout en prônant le programme bandériste, une sorte de bouillie mélangeant les principes ultranationalistes des chefs de cette époque, et alors que les hommes du DUK étaient prolixes en saluts hitlériens et autres déclarations non équivoques. L’idée elle-même du DUK était une pâle copie grotesque de la Waffen SS, mais c’est dans cette idée qu’il fut formé le 17 juillet 2014. Les encartés du Parti Pravy Sektor en furent les premières recrues, mais l’unité siphonna aussi des volontaires dans toutes les organisations néonazies d’Ukraine, S 14Marteau Blanc, Parti National-Socialiste d’Ukraine SvobodaTrizoubPatriotes d’Ukraine, etc.

Comment faire une révolution colorée avec des groupes néonazis. Cette révolution fantasmée, les militants ultranationalistes crurent vraiment qu’elle était venue. Mis en avant dans le Maïdan, financés par les Américains pour tenir les barricades, organisés militairement en compagnies d’autodéfense, ils purent, pour la première fois, parader librement avec des armes, ahaner leur idéologie dans la rue, s’attaquer à tout ce qu’ils haïssaient, les Russes essentiellement, mais aussi les symboles de l’Union soviétique, les partis considérés comme à interdire, comme le parti communiste, tout en menaçant « les pédérastes », les européistes et bien sûr les oligarques. Le régime qui prit le pouvoir en Ukraine après le Maïdan, n’eut d’autre choix pour réussir sa stabilisation face à l’hostilité dans l’Est de l’Ukraine, que de continuer à les soutenir, d’autant que les populations envoyèrent à la Rada un certain nombre de députés extrémistes, notamment des partis Svoboda et Pravy Sektor. Surfant sur la vague, les ultranationalistes bénéficièrent aussi d’une progression spectaculaire au niveau social et financier. Ils furent en effet nommés dans de nombreux ministères et administrations, surtout bien sûr celui de la Défense et de l’Intérieur. Ils reçurent également beaucoup d’argent, soit par des collectes de particuliers, y compris de sponsors d’entrepreneurs, d’entreprises ou d’oligarques, citons bien sûr Igor Kolomoïsky qui investit massivement dans cette armée nationaliste ukrainienne. Lâchés dans l’arène durant le Maïdan pendant de longs mois (novembre 2013-mars 2014), les ultranationalistes s’enhardirent pendant toute la période, se renforçant aussi de nouveaux militants, notamment de jeunes ou très jeunes, atteignant aussi des couches sociales ukrainiennes de la classe moyenne qui jusque là étaient inaccessibles. Cette montée en puissance se renforça dans le temps, avec le retour de la Crimée au giron russe (mars 2014), moment clef où une partie de l’Ukraine devenait instable et proche d’être perdue. La seule solution trouvée par le régime, fut de lâcher de nouveau les fanatiques néonazis et ultranationalistes sur les récalcitrants. Ce fut donc le drame du massacre d’Odessa (2 mai), après les tristes événements de Kharkov et Slaviansk (avril), et enfin le massacre de Marioupol (mai-juillet). Ce choc énorme, y compris au niveau international, malgré (déjà) les tentatives des médias français et occidentaux de cacher l’horreur, déclencha au contraire une insurrection dans le Donbass. Une fois encore, l’Ukraine ne trouva qu’une réponse, lâchant contre les insurgés républicains des ultranationalistes fanatiques et cruels, mais aussi créant une véritable armée avec ces hommes (plus de 60 000, intégrés tous les bataillons de représailles, de troupes de police supplétive et des unités comme le DUK). L’armée régulière fut également envoyée, mais avec prudence, car il y avait un réel danger de voir des unités passer à l’insurrection, on assista en effet à des situations de ce genre dans le Donbass, et de cas individuels de désertions nombreuses, avec fuite la plupart du temps en Russie. Les bataillons de représailles formés de ces fanatiques et soudards, se livrèrent bientôt à des massacres et diverses tueries dans tout le Donbass. Cet emploi des ultranationalistes eut un effet que l’Ukraine n’avait pas prévu : les populations de l’Est de l’Ukraine, totalement étrangère à l’ultranationalisme ukrainien et encore plus au néonazisme, se retournèrent totalement du côté des insurgés des républiques de Donetsk et Lougansk, et de la Russie. C’est dans ce contexte exceptionnel, du jamais vu depuis les mouvements fasciste et nazi dans les années 30, que se constitua le corps des volontaires ukrainiens DUK et les autres unités du genre.

De la formation du Waffen DUK. Dès le mois de mai et juin, les ultranationalistes et néonazis des différents mouvements formant le Pravy Sektor se réunirent pour penser à la formation d’un corps, similaire à la SA ou la SS. L’annonce de sa formation fut faite devant la presse par Iaroch (15 juillet), et officielle deux jours plus tard. La déclaration de fondation indiquait que l’objectif était d’envoyer toutes les forces du mouvement politique, pour combattre « contre l’agression de Moscou », bien sûr imaginaire, et surtout « détruire les ennemis du peuple ukrainien, terroristes et séparatistes, pour recouvrer le contrôle total des régions de Lougansk, Donetsk et de la Crimée ». Les militants invités à rejoindre le DUK, n’étaient pas forcément que les membres du parti, mais également tous les Ukrainiens. Avec des députés à la Rada, les hauts-fonctionnaires maintenant présents dans l’administration et les ministères, la création du DUK fut bien évidemment facilitée par le régime du Président Porochenko. Tous les hommes d’au moins 18 ans pouvaient se présenter dans les nombreux bureaux des différents groupes et mouvements du Pravy Sektor pour s’engager. Paramilitaires, anciens policiers, vigiles, militaires, hooligans des clubs de fans ultras de football, anciens des compagnies d’autodéfense du Maïdan, très jeunes militants, aventuriers et paumés se présentèrent tandis qu’un appel était lancé à l’étranger. Le but, comme du temps de la waffen SS, fut dès le départ d’attirer en Ukraine de nombreux ultranationalistes, néonazis et russophobes du monde entier. En particulier bien sûr des Géorgiens, des Tchétchènes, des Biélorusses, mais aussi des Occidentaux des formations politiques de toute l’Europe, du Canada, des États-Unis et d’ailleurs. Comme dans la SS, les critères de sélections pour l’engagement furent définis au départ comme très hauts, sur les plans de la condition physique, de l’expérience militaire ou paramilitaire, voire du mercenariat et enfin sur le plan idéologique. Le DUK affirma que 4 volontaires sur 10 furent choisis, un pieux mensonge, mais qui collait aux standards des divisions SS. En réalité, l’immense majorité des volontaires qui se présentèrent furent pris. L’ambition fut de créer plus de 20 bataillons, devant rejoindre ceux formés déjà en grande partie par le Pravy Sektor, à savoir les bataillons Azov et Aïdar. Un court moment, le DUK fut rejoint par le bataillon OUN (juillet-août), qui fut complété par 300 volontaires du Pravy Sektor. A la manière de la SS et de la Waffen SS, le Pravy Sektor se scindant en deux, avec le mouvement politique et le corps DUK. Un état-major général fut fondé avec à sa tête Iaroch, un chef d’État-major et des chefs de différents départements. Ces départements furent : la logistique (29 juillet 2014), le département médical et de soutien psychologique aux combattants, un bureau de renseignement, de l’entraînement et formation des troupes (17 juillet 2014, 1er centre de formation DUK dissous le 19 novembre 2015, 2e centre de formation dissous à la même date, centre de formation Sud fondé le 23 mai 2016, dissous dès le 25 décembre, date de la création du Kholodni Yar en activité jusqu’à ce jour), département administratif, département des enrôlements (29 juillet 2014), département financier, département médical et pour la réhabilitation des soldats blessés, service de contre-espionnage (restructuré avec une unité de contre-espionnage de première ligne, 24 décembre 2016), service de la police militaire, bientôt renforcé d’un département des bénévoles de l’arrière, afin d’organiser des collectes, de venir en aide aux familles des volontaires, aux volontaires blessés (24 septembre 2014), puis d’un département de contrôle des autres départements (2 novembre 2014), d’un service de presse (12 février 2015), devant l’assurance qu’après les lourdes défaites de 2014 et de l’hiver 2014-2015, le conflit allait perdurer (12 février 2015). Ce schéma est à comparer avec celui de la Waffen SS… car il s’agit exactement de la même organisation et des mêmes ambitions.

Le DUK sur le front du Donbass et les mains dans le sang des civils. Les différentes unités du DUK participèrent activement aux combats contre les insurgés républicains (2014-2021), mais nous l’avons dit également aux massacres, pillages, exactions, viols, crimes de guerre et même tortures et tueries. Nous avons par exemple recueillit le témoignage d’une survivante d’une prison du Pravy Sektor dans la région de Kramatorsk, du nom d’Alexandra (nom changé à l’époque en Natacha). Mais aussi d’autres dans le gros bourg de Zaïtsevo, l’un des bataillons du Pravy Sektor campant sur les hauteurs dominant le secteur (région de Gorlovka). D’autres témoignages notamment ceux des camarades de l’Américain Lang (fiche biographique ci-dessous), ont évoqué des assassinats, fosses communes et tortures abjectes, notamment de femmes dans des années plus tardives (2016-2019, puis après 2022). A l’arrière, les hommes du DUK participèrent à de nombreuses manifestations contre le régime en place à Kiev, en particulier lors de l’attentat devant la Rada d’Ukraine (31 août 2015), ou après 2019 contre les « trahisons » du Président Zelensky. Précédemment le corps du DUK avait été retiré sur ordre de l’État-major ukrainien du front du Donbass (avril 2015), comme le demandait les accords de Minsk signés quelques semaines auparavant. Toutefois, dans une morgue désormais classique en Ukraine, le DUK fut rapidement renvoyé sur le front et y resta jusqu’à l’opération spéciale russe (24 février 2022). Dès le 4 mai 2015, un groupe de combattants du DUK fut repéré en ligne dans l’ancien oblats de Donetsk. Notons aussi que des unités de mercenaires étrangers furent pendant un temps intégré au DUK, comme le Groupe Tactique Belarus, composé de quelques transfuges néonazis biélorusses, ou encore le bataillon Cheikh Mansour, constitué de transfuges tchétchènes de l’Ichkéria. Le DUK fut employé également à la garde des nouvelles frontières avec la Crimée, où ils se livrèrent à des persécutions des Russes ethniques, vols dans leurs bagages et créèrent d’immenses queues d’attente aux postes frontières (notamment le 20 septembre 2015). Après l’intégration dans l’armée ukrainienne (février 2022), 4 nouveaux bataillons furent formés et le DUK fut engagé à la défense de la région de Kiev et de Tchernigov (printemps). Par la suite il fut envoyé à la défense de la région de Svetlodarsk (cette ville étant tombée fin mai), et tînt avec difficultés et des pertes des positions notamment à Soledar (été). Le DUK fut retiré du front et réorganisé à l’arrière pour former la 67e brigade mécanisée DUK (novembre). L’unité a été engagée avec pertes durant la bataille d’Artëmovsk et durant la contre-offensive ratée des Ukrainiens (2023).

Du rêve brisé de la Révolution ultranationaliste à l’intégration dans l’armée régulière ukrainienne. Le choc principal fut finalement le départ de Iaroch qui démissionna de ses fonctions de président du Pravy Sektor (11 novembre 2015), suivi par son départ du DUK (28 décembre). Cette décision coïncidait avec sa longue opposition contre le régime de Kiev. Si dans les premiers temps, on lui avait donné le feu vert, la liberté de croire à la Révolution nationale nationaliste et néonazie dont il rêvait, ses espoirs furent enterrés dans les tombes des volontaires tués dans le Donbass, et dans les désastres militaires ayant conduit à la stabilisation d’un front de 450 km. S’ils avaient réussi, les répressions auraient été extrêmement sanglantes dans l’Est de l’Ukraine, entraînant encore plus loin dans le sang le Pravy Sektor et le DUK. Mais leur victoire aurait auréolé le mouvement d’un immense prestige, qui probablement aurait propulsé les partis extrémistes vers plus de pouvoir politique, au moins dans l’Est de l’Ukraine écrasé sous leurs bottes, mais aussi peut-être le pouvoir politique tout court. Vaincu, les massacreurs et bourreaux du Donbass, furent bientôt combattus comme suspect par le régime de Kiev, qui usa contre eux du SBU. Après une longue lutte politique (2015-1019), puis après quelques épisodes sous la présidence de Zelensky, la « Révolution nationale » néonazie fut en partie jugulée. La seule justification de la continuation du combat armé pour les volontaires, c’est qu’il restait à vaincre l’insurrection du Donbass et « la menace russe ». Si certains rentrèrent à la maison dépités, beaucoup continuèrent à servir, parfois depuis le début et jusqu’à ce jour. Ils purent acquérir une grande expérience militaire, du terrain, une assurance dans l’emploi des armes et créer un nouveau culte des héros de l’Ukraine, non plus autour de ceux de la collaboration hitlérienne du passé, mais des nouveaux « cyborgs » du temps présent. Les unités du DUK furent alors privées de leur indépendance. Cette véritable armée dans l’armée, milice privée fut intégrée par une loi de Zelensky dans l’armée régulière ukrainienne (24 février 2022). Le rêve de la SS et de la waffen SS à l’ukrainienne se terminait avec l’excuse de l’opération spéciale russe. Toutefois, la situation militaire a permis un nouveau souffle du DUK, qui a annoncé la formation de 4 nouveaux bataillons (printemps 2022). Lors d’un reportage que j’ai effectué dans l’aéroport de Donetsk (fin mai), un bataillon du Pravy Sektor et du DUK se trouvait côté ukrainien en position. Dans le passé, j’avais pu repérer d’autres formations présentent dans le secteur de Zaïtsevo, et dans celui de Dokoutchaev (2015-2016), sans parler d’un état-major du Pravy Sektor dans la région de Kramatorsk/Slaviansk.

La structure et l’organisation de la SA/réserve du DUK. Voici la longue liste des unités du DUK de réserve avant la réorganisation des années 2022-2023. En 2022, le Président Zelensky donna un sérieux coup au DUK, du moins à son indépendance, puisqu’il fut intégré à l’armée régulière. Des unités du DUK furent alors versées dans les brigades de défense territoriale de l’Ukraine, avant qu’une brigade spécifique, la 67e brigade DUK fut reformée en 2023 avec des unités du corps. Notez également que les bataillons de réserve du DUK, transformées en Sotnia, ou compagnies, furent dissoutes et leurs effectifs squelettiques envoyées dans les rangs des unités du DUK ou de l’armée régulière (2022).

1er bataillon de réserve Transcarpatie, fondé le 22 juillet 2014, à Oujhorod, dissous le 13 février 2016. Chef de bataillon Roman Stoïka.

2e bataillon de réserve de Lvov, puis 2e sotnia de réserve DUK, fondé le 23 juillet 2014, à Lvov, puis renommé 2e sotnia de réserve DUK (13 février 2016).

3e bataillon de réserve de Volhynie, puis 3e sotnia de réserve DUK, fondé le 24 juillet 2014 dans la région de Volhynie, mais n’achevant sa formation et son instruction que le 20 octobre suivant. Après d’incessants pillages, des actes criminels, des refus d’obéir et des actes d’indiscipline récurrents, le bataillon fut dissous ressemblant de toute façon plus à une bande des rues et de pillards, qu’à une vraie unité militaire (6 août 2015). Chef de bataillon Vitaly Kovalchuk qui fut également suspendu de ses fonctions. Après avoir envoyé un nouveau commandant, le bataillon fut réorganisé sous le nom de 3e sotnia de réserve DUK (13 février 2016).

4e bataillon de réserve d’Ivano-Frankovsk, puis 4e sotnia de réserve DUK, fondé le 26 juillet 2014, dans la région d’Ivano-Frankovsk. Le bataillon se montra dès le départ indiscipliné, dans un désordre permanent et avec un commandement totalement déficient. L’anarchie qui y régnait obligea à la destitution de son chef de bataillon et de son adjoint, et à une complète restructuration (5 septembre 2014). Il fut reformé (13 septembre-14 octobre), avec prestation de serment à la manière de l’UPA (et de la SS, 28 septembre). Il fut transformé en 4e sotnia de réserve DUK (17 novembre 2015). Chef de bataillon Victor Tikhenkiy, blessé gravement au front dans le Donbass, il fut réformé et rentra chez lui (21 décembre 2016).

6e bataillon de réserve de Ternopol, puis 6e sotnia de réserve DUK, fondé le 27 juillet 2014, dans la région de Ternopol. Il fut réorganisé sous le nom de 6e sotnia de réserve DUK (14 février 2016), à cette date chef de bataillon Valery Tchobotar, ancien chef d’État-major, préféra quitter le Pravy Sektor et son commandement (1er décembre).

7e bataillon de réserve de Khmelnitski, puis 7e sotnia de réserve DUK, fondé le 27 juillet 2014, dans la région de Khmelnitski. Chef de bataillon Alexander Kravchenko, qui fut bientôt limogé avec le commandant adjoint et le chef d’État-major, suite à un désordre et une anarchie qui se déclara dès le début de sa création, alcoolisme, délinquance et indisciplines diverses (24 septembre). Les choses furent reprises en main et le bataillon fut l’un de ceux qui fut finalement envoyé sur le front du Donbass, dans la région de Donetsk. Il s’y livra à d’horribles exactions et maltraitance des populations, et constitua bientôt un bataillon indépendant différent de celui de la réserve (17 décembre 2014). Il fut décidé de les séparer en deux unités distinctes. Les deux entités furent toutefois réunies au retour de celui du front (26 juin 2015). Le bataillon de réserve fut réformé et constitua la 7e sotnia de réserve DUK (14 février 2016).

9e bataillon séparé, formé d’un petit effectif de 120 hommes (fin août 2014), de militants ultranationalistes dans la région de Zaporojie, région traditionnellement pro-russe et qui avait voté pour Ianoukovitch en 2010. Le recrutement y était plus difficile (région peuplée de beaucoup de Russes ethniques et pro-russes) et la présence du Pravy Sektor anecdotique. Cette unité fut finalement acceptée dans le corps DUK (12 mai 2015), ayant même une base d’entraînement, mais les pertes humaines et la démotivation déclenchèrent sa dissolution définitive (15 février 2016).

10e bataillon de réserve O. Mouzytchka de Rivne, puis 10e sotnia de réserve DUK, formé dans la région de Rivne le 21 septembre 2014. Il portait le nom d’Alexander Mouzytchka (1962-2014), né à Kizel, dans la région de Perm (Russie), ayant un grand-oncle et trois oncles ayant combattu dans l’UPA, tous liquidés par les Soviétiques. Il fit son service militaire dans l’Armée soviétique (1981-1983), en Géorgie, il milita bientôt dans les rangs ultranationalistes après l’indépendance de l’Ukraine, dans l’UNA-UNSO. Il s’engagea aux côtés des Tchétchènes islamistes dans leur guerre contre la Russie (1994), chef d’un groupe de mercenaires, dénommé Vikings, garde du corps de Doudaïev, jusqu’à sa mort (1996), il retourna en Ukraine. Il était recherché par la Russie pour des crimes de guerre, tortures et assassinats de soldats russes, condamné par contumace à trois et demi de prison (septembre 2003). Il fit une tentative de se faire élire à la Rada (2012), dans la ville de Rivne (1,14 % des voix), puis fut l’un des sbires du Maïdan dans sa région, militant de la première heure du Pravy Sektor (2013). Il se lança durant la Révolution « de la dignité », dans des provocations, menaces et insultes, notamment en agressant le procureur du district de Rovno (27 février 2014), puis s’en prit verbalement au Ministre de l’Intérieur (28 février), avant d’être poursuivi par la justice pour des faits de violence, hooliganisme et des menaces aux forces de l’ordre (8 mars). Il avait tenté ensuite de fonder un groupe terroristes en Grande-Bretagne, d’assassins devant s’attaquer sur le territoire du Royaume-Uni, aux citoyens russes. Il fut bientôt recherché suite à un mandat Interpol des britanniques (début mars), qui conduisirent à une tentative d’arrestation par la police politique ukrainienne, le SBU (24-25 mars). Repéré dans un café avec trois autres militants extrémistes, une fusillade éclata entre le SBU et les militants, puis une tentative de fuite en voiture de Mouzytchka, de toute façon déjà passablement aviné. Il refusa d’obtempérer, fut bloqué par deux voitures du SBU, sorti l’arme à la main et ouvrit le feu sur les agents. Il fut abattu de deux balles dans le cœur, peut-être après été menotté. Le Ministère de l’Intérieur tenta de cacher les circonstances de sa mort, il fut même dit qu’il s’était finalement tiré une balle et suicidé, mais l’affaire déclencha un scandale et drame tragi-comique dans la presse ukrainienne, sous fond de protestations véhémentes de Iaroch et du Pravy Sektor, contre le Ministère de l’Intérieur et le régime ukrainien. Il fut enterré en grande pompe (26 mars), en présence d’un millier de militants qui l’érigèrent en « héros national ». Le Conseil municipal de Rivne demanda des explications au Ministre de l’Intérieur Arsen Avakov (27 mars), en demandant qu’il soit rendu hommage « au courageux militant victime de répressions politiques ». Il était médaillé de l’Ordre des Héros de la Nation des islamistes tchétchènes (1996), et fut médaillé à titre posthume par le Pravy Sektor et le DUK. Une stèle et croix commémorative furent érigées sur le lieu de sa mort, qui furent fracassées par des pro-russes de la ville (2016), sans que l’Ukraine puisse mettre la main sur eux. Le 10e bataillon de réserve de Rovno fut donc nommé en son honneur. Une partie des effectifs du bataillon fut envoyée sur le front du Donbass (7 novembre 2014), après avoir prêté allégeance à l’Ukraine. Un camp d’entraînement spécifique fut ouvert dans la région de Rovno (21 mars 2015), puis il fut réformé et renommé 10e bataillon de réserve DUK (15 février 2016).

11e bataillon de réserve de Kiev, puis 11e bataillon de réserve DUK de deuxième formation, puis 11e sotnia de réserve DUK, il fut formé le 24 septembre 2014, possédant son propre centre d’entraînement du fait des infrastructures de la capitale ukrainienne. Le commandant adjoint était une femme, Elena Samboul. Suite à la démission de son chef de bataillon et du chef d’État-major (13 septembre), le bataillon fut dissous, alors que les dissensions politiques et l’agitation des cervelles des membres étaient extrêmes. Il fut reformé après l’envoi d’un nouvel État-major, puis de nouveau, et faute d’un effectif suffisant en 11e sotnia de réserve DUK (15 février 2016). Il fut commandé par une femme, fanatique ultranationaliste du nom d’Elena Belenka, ou Olena Samboul, alias Marousia Zbiprobi (1978-), née dans la région de Kiev, elle étudia le journalisme, travailla comme autoentrepreneuse, dans la publicité et le design. Passionnée d’histoire, c’est par la reconstitution historique qu’elle cultiva le nationalisme ukrainien, par ailleurs membre de la Société héraldique d’Ukraine. Elle servit comme bénévole sur les barricades du Maïdan, pour soigner les blessés parmi les ultranationalistes et les manifestants (hiver 2013-2014), mais elle se radicalisa dès cette époque. Elle fut à l’origine de la création d’un camp d’entraînement paramilitaire (Marouisa Polygon), devenant un cadre important du parti néonazi Pravy Sektor (été 2014), bientôt nommée chef de bataillon du 11e de réserve DUK (automne), elle devînt instructeur et patronne d’un groupe d’instructeurs militaires dans le 199e centre de formation (Jytomyr). Elle servit également sur le front du Donbass, dans une unité de première ligne du DUK. Elle fut décorée pour sa participation au Maïdan, par le Président Porochenko, puis de l’ordre de Héros national d’Ukraine (26 mars 2016). Elle passa ensuite dans le groupe d’intervention rapide de la Garde nationale ukrainienne (2017), puis dans les troupes d’assaut amphibie (2017-2019). Elle démissionna de ses fonctions pour raison de santé, mais en réalité politiques, comptant être candidate aux élections. Elle agressa verbalement le Président Zelensky, lors d’une visite officielle (26 octobre 2019), à des anciens combattants dans un village près de Kiev. En compagnie de la chanteuse et ultranationaliste de Lvov, députée de la Rada, Sofya Fedouna du parti de Porochenko, Solidarité Européenne, un clash verbal les opposant violemment au président, avec des menaces à peine déguisées. Bientôt une procédure judiciaire fut entamée contre elles, pour menaces de meurtre contre le Président de l’Ukraine (26 novembre). Une perquisition fut faite chez elle (28 novembre), par des agents de la police politique du SBU. Ils découvrirent deux armes, dont une non enregistrée, puis perquisitionnèrent chez sa grand-mère, dans des conditions illégales par rapport aux lois ukrainiennes. Elle passa devant le tribunal de Kiev (10 février 2020), se plaignant d’un état totalitaire et de répressions politiques. Son passeport lui fut confisqué, avec l’obligation d’être assignée à résidence et le port d’un bracelet électronique (jusqu’en avril), condamnation qui fut finalement levée (8 mai). Elle glissa du Pravy Sektor vers le parti Solidarité Européenne de Porochenko (10 décembre), puis se présenta à Ivano-Frankovsk lors d’une élection partielle d’un siège à la Rada. Après dépose de son dossier (9 février 2021), elle retira sa candidature au profit du candidat du parti National-Socialiste d’Ukraine, Svoboda (16 mars). Après le déclenchement de l’opération spéciale russe (février 2022), elle rejoignit la 1ère compagnie d’assaut du DUK, et s’est livrée à des tortures et des assassinats de prisonniers russes. Sa spécialité est de sculpter au couteau une croix gammée sur les corps des civils ou soldats russes. Elle a publié de nombreuses vidéos de ses tortures et maltraitances et appelle au meurtre et la destruction de tout le peuple russe, hommes, femmes et enfants. La Russie avait annoncé qu’elle avait été tuée par la division tchétchène (avril), à Marioupol, mais il s’agissait en réalité d’une autre néonazie du Pravy Sektor, par ailleurs porte parole du mouvement à kiev.

12e bataillon de réserve de Kherson, puis 12e sotnia de réserve DUK, formé le 26 septembre 2014, dans une région de toute façon en général favorable à la Russie. Le rassemblement de volontaires fut difficile, et le bataillon fut bientôt dissous (20 novembre 2014), pour des raisons d’indiscipline et d’impossibilité d’y former un esprit de corps. Le DUK justifia cette décision en indiquant que le bataillon ne se livrait à aucunes activités patriotiques ou visant à défendre l’Ukraine, et que « le bataillon discréditait le DUK ». Lee bataillon de nouveau formé après une épuration (13 décembre), puis transformé en 12e sotnia de réserve DUK (15 février 2016). Il fut de nouveau dissous, avec des rangs plétoriques (29 avril), puis encore formé (20 octobre), mais la base de cette unité et toute la région de Kherson sont tombés entre les mains des Russes après l’opération spéciale (2022). Ce qu’il en reste doit être dispersé, en fuite ou sur le front ukrainien.

13e bataillon de réserve de Kiev, puis 13e sotnia de réserve DUK, deuxième bataillon formé dans la capitale, la formation fut plus tardive (23 janvier 2015). Il fut fondé dans la capitale elle même. Il fut transformé en 13e sotnia de réserve DUK (20 novembre 2016), mais son chef de bataillon ayant été jeté en prison, l’unité fut mis en sommeil. A sa libération de prison, l’activité fut reprise (23 février 2017). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass, du moins pour participer aux premières répressions et premiers massacres, sans parler des premières batailles du printemps 2014, à l’hiver 2015.

14e bataillon de réserve de Dniepropetrovsk, puis 14e sotnia de réserve DUK, formé seulement le 26 janvier 2015. Ce fait s’explique par l’enrôlement des ultranationalistes, extrémistes et néonazis locaux dans les bataillons de l’armée privée de Kolomoïsky (printemps et été 2014), notamment dans les rangs d’Azov, d’Aïdar, de Donbass, de Dniepr-1 et Dniepr-2. Malgré que la région fut très peuplée, et avant le Maïdan majoritairement russophone, il fut encore possible en raclant les fonds de tiroirs, de former ce bataillon, réorganisé sous le nom de 14e sotnia de réserve DUK (16 février 2016).

15e bataille de réserve de Kharkov, puis 15e sotnia de réserve DUK, formé très tardivement, le 19 février 2015, dans une ville d’importance, non loin de la Russie et attachée historiquement à cette dernière.Une résistance pro-russe a toujours existé à Kharkov, au point que le SBU, la police politique ukrainienne se livra à de nombreuses arrestations et répressions politiques dans la ville et toute la région. L’une des prisons secrètes de l’Ukraine s’y trouvait où furent assassinés et torturés beaucoup d’opposants. Le bataillon avait été créé par un gros bras local, ultra convaincu, qui se rallia au réseau DUK tardivement et fit allégeance au Pravy Sektor. Faute de volontaires suffisants et d’ultranationalistes fanatiques dans la région, le bataillon qui n’avait connu que des rangs clairsemés, fut finalement dissous (13 janvier 2016), puis refondé sous les ordres d’un nouveau sbire du Pravy Sektor (15 février 2017). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass. La ville de Kharkov était de toute façon le fief de l’ancien fondateur d’Azov, fondateur du Parti Corps National, qui créa finalement sa propre unité, le terrible bataillon Kraken (2022).

16e bataillon de réserve de Tchernivtsi, puis 16e sotnia de réserve DUK, formé tardivement le 3 mars 2015, par un groupe de nationalistes de différentes tendances politiques et ne se rallia au DUK que plus tard. Il fut réorganisé sous le nom de 16e sotnia de réserve DUK (21 mars 2016). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass dans les premiers mois des répressions.

17e bataillon de réserve de Poltava, puis 17e sotnia de réserve DUK, formé également tardivement, par un groupe d’ultras locaux, qui eurent un peu du mal à étoffer leurs rangs (ville aux populations à l’époque à part égale entre Russes et Ukrainiens). Ils ne se rallièrent au DUK que le 17 mars 2015. Il fut réorganisé en 17e sotnia de réserve DUK (16 février 2016). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass, du moins pour participer aux premières répressions et premiers massacres.

18e bataillon de réserve de Zaporojie, puis 18e sotnia de réserve DUK, formé seulement le 4 novembre 2015, dans une région très peu favorable à l’ultranationalisme ukrainien ou au néonazisme. Un bataillon avait déjà été formé, sans parler du bataillon Tornado qui avait eu sa base dans cette ville. Les rares fanatiques étaient déjà enrôlés ailleurs. Le bataillon fut réorganisé en 18e sotnia de réserve DUK (16 février 2016), son commandant démissionna (16 février 2017), et fut remplacé par un cadre. Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass dans les premiers mois des répressions.

19e sotnia de réserve de Jytomyr, puis 19e sotnia de réserve DUK, créée d’abord sur une base indépendante (28 juillet 2014), de militants du Pravy Sektor, qui se rallièrent au DUK. Il fut décidé de la réorganiser en 19e Sotnia de réserve DUK (26 février 2016). Le peu d’enthousiasme des militants ultranationalistes, dans une région pourtant traditionnellement plutôt favorable à cette idéologie, ne s’explique pas, ou peut-être par faible motivation à combattre dans l’Est ?

20e sotnia de réserve de Soumy, puis 20e sotnia de réserve DUK, créée difficilement dans une ville proche de la Russie et de la Biélorussie. Un groupe local se forma d’ultranationalistes, qui devinrent la base de cette unité (7 juillet 2015). Il fut décidé lors de la réforme de février 2016, de créer une 20e Sotnia de réserve DUK (19 mars). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass dans les premiers mois des répressions.

21e sotnia de réserve de Tcherkassy, puis 21e sotnia de réserve DUK, créée également avec difficulté, dans une région et une ville sur la fracture du Dniepr, pas très loin de la capitale, et en principe mitigée (23 septembre 2015). Elle fut transformée en 21e sotnia de réserve DUK (19 mars 2016). Sa formation tardive ne permit pas l’envoi de volontaires sur le front du Donbass, du moins dans les premiers mois de répressions. Il est fort possible que ses effectifs d’ultranationalistes locaux, furent en réalité aspiré dès le printemps et l’été 2014, par les nombreux bataillons formés dans la région de Dniepropetrovsk dans les premiers temps de la guerre du Donbass.

22e sotnia de réserve de Tchernigov, puis 22e sotnia de réserve DUK, créée tardivement avec des ultranationalistes difficiles à dégotter, par le fait de la formation dès le printemps 2014, des bataillons Tchernigov-1 et Tchernigov-2. En cherchant dans l’arrière ban, ils purent finalement fonder une sotnia, qui fut comptée dans l’ordre de création de l’organisation DUK, comme un bataillon (7 juillet 2015). Elle fut transformée en 22e sotnia de réserve DUK (16 mars 2017). Sa formation tardive ne permit pas de toute façon l’envoi de volontaires sur le front du Donbass dans les premiers mois des répressions.

Sotnia DUK de Crimée, puis 7e sotnia de réserve DUK, formée très difficilement avec quelques transfuges de Crimée ramassés ici ou là. La Crimée avait accueilli dans la joie générale et un référendum historique, le retour dans le giron russe (mars 2014). Il fut difficile pour le Pravy Sektor de former plus qu’une maigre compagnie (24 décembre 2016, dans la région de Kherson. Elle fut réorganisée en 7e sotnia (compagnie) de réserve DUK.

Les bataillons et unités de première ligne de la Waffen DUK. Ces unités de réserve servaient en principe à recruter des volontaires pour les unités de première ligne. Un total de 5 bataillons et quelques compagnies furent créées (2014-2015), puis lors de l’intégration dans l’armée ukrainienne (2022), 4 nouveaux bataillons furent formés. Ils étaient en principe pourvus d’aumôniers, d’un quartier-général local, de départements propres reprenant ceux de l’État-major général du DUK, et les normes de l’OTAN pour l’organisation de tous ces QG. Les véritables noms des chefs d’unités et officiers supérieurs ne sont pas toujours connus, remplacés par des surnoms de guerre, ces hommes peu courageux s’étant souvenus qu’à visage découvert, leurs ancêtres de l’UPA avaient terminé dans les goulags et devant un peloton d’exécution. Ces unités s’étant toutes livrées à d’atroces exactions contre les civils, de massacres, de tortures et j’en passe, prirent dès le départ la précaution de se cacher sous ces surnoms guerrier aux évocations fleuries. Selon diverses sources le DUK aurait compté à son apogée entre 5 000 et 8 000 combattants.

1er bataillon séparé du DUK (2014), il fut envoyé dans le Donbass et participa notamment à la bataille perdue de l’aéroport (hiver 2014-2015).

2e bataillon séparé du DUK (2014), il fut lui aussi déployé dans le Donbass et servit longuement sur le front.

5e bataillon séparé du DUK (2014), aussi dénommé bataillon de Donetsk, il participa à de nombreux combats contre les Républicains de Donetsk, notamment dans les batailles des frontières (juillet/août ), où à la suite de la 93e brigade mécanisée il participa à la prise du verrou nord de Donetsk, Avdeevka, puis à celle de l’aéroport de la grande capitale du Donbass (hiver 2014-2015). Lors de la formation du corps des Hospitaliers de Iaroch, ou Armée des volontaires ukrainiens (février 2016), 200 hommes du bataillon, sur 637, passèrent dans cette unité et firent défection au DUK. Ébranlé par cette scission, le bataillon fut dissous et les hommes versés dans d’autres unités du corps.

7e bataillon séparé du DUK (2014), aussi dénommé bataillon de Khmeniltski, il fut envoyé dans le Donbass participant à diverses batailles. Faible en effectif, il fut reformé en 2e groupe tactique séparé du DUK (vers 2015-2016). Suite aux affrontements de soldats du bataillon dans la région de Moukatchevo, près de la frontière hongroise avec des forces de police, ce qui restait du bataillon, 41 volontaires s’enrôlèrent dans le bataillon Azov (été/automne 2015). Son commandant, Rouslan Kamtchala déclara que cette défection était motivée par le fait que le Pravy Sektor était devenu corrompu et hors la loi.

8e bataillon séparé du DUK (2014), le bataillon servit lors des combats dans le Donbass, mais 317 hommes préfèrent faire défection, sur un effectif double, et passèrent dans le Corps des Hospitaliers nouvellement fondé par Iaroch (février 2016). Ébranlé par cette scission, le bataillon fut dissous et les hommes versés dans d’autres unités du corps.

Certaines unités créées ne furent que des compagnies dites séparées ou indépendantes, parmi lesquelles nous trouvons :

– 1ère compagnie d’assaut dite Podolianina (rattachée autrefois au 5e bataillon de Donetsk jusqu’au 26 août 2015). Elle servit lors d’un combat près de Svetlodarsk, où elle perdit quatre tués (18-19 décembre 2016).

– 2e compagnie d’assaut (rattachée autrefois au 5e bataillon de Donetsk),

– 3e compagnie d’infanterie (rattachée autrefois au 5e bataillon de Donetsk, formée le 24 décembre 2016), elle resta longuement en position sur le front du Donbass (2017-2022). Des médailles furent distribuées dans ces rangs sur une base arrière dans le Donbass occupé par les Ukrainiens (19-23 mars 2019).

– 8e compagnie séparée dite Aratta, commandée par Andriy Gerget, puis Artem Loutsak dit le Docteur. Elle se trouvait à la défense des positions de Shirokino, près de Marioupol et participa au combat de l’hiver 2014-2015. Elle reçut l’ordre, suite aux accords de Minsk, de quitter les positions avant le 27 mars 2015, et de quitter la zone ATO avant le 1er avril. Les soldats firent circuler une pétition dans Marioupol pour demander qu’ils restent sur place. La compagnie refusa au départ d’obéir provoquant la montée au créneau du chef d’État-major de l’armée ukrainienne (26 mars). Finalement, après un échange par presse interposée, la compagnie et les unités du DUK quittèrent officiellement la ligne du front (9 avril 2015). Ils avaient sans doute reçu la confession que l’Ukraine ne respecterait pas sa parole, car ils étaient de retour en ligne dès le mois de mai, et retournèrent sur les positions de Shirokino avec le bataillon Azov.

– Compagnie dite des hospitaliers, ou groupe tactique Spassan, unité du service de santé.

Assassins et criminels de guerre, hooligans et punks à chiens. Dans l’étude de prosopographie qui va suivre, vous découvrirez que si l’exemple de la waffen SS était le standard rêvé par Iaroch, la qualité des recrutements, malgré les fameuses sélections, fut très médiocre. Beaucoup de ces bataillons eurent des problèmes d’indisciplines, d’hooliganisme, de délinquance, de pillages, d’alcoolisme et des comportements violents, sans parler des manquements au service. Ces bataillons ne montèrent en réalité jamais en ligne dans leur ensemble, mais par compagnies tirées parmi les éléments de ces bataillons dit de réserve. Ils furent alors envoyés sur le front, par petits éléments, ou parfois en « bataillon » de l’effectif de plusieurs compagnies, mais ne dépassant jamais les 3 ou 400 hommes. La waffen SS étant hors de portée pour cette troupe de scouts de l’OUN, ou de « punks à chiens » comme le dirait Xavier Moreau, ils n’atteignirent pas même le niveau de l’armée de l’UPA de Bandera. Cependant, ils ont fait des dégâts considérables aux populations civiles du Donbass et de l’Est de l’Ukraine, et beaucoup des survivants sont des criminels qu’il faudra traîner en justice.

Roman Atamantchouk (1992-2014), originaire de la région de Kherson, il fit des études professionnelles dans l’électronique et la réparation des matériels radio et de télévision. Il trouva du travail dans le privé et fut très jeune contaminé par l’idéologie bandériste et néonazie. Il participa durant le Maïdan aux manifestations dans sa région (hiver 2013-2014), notamment au blocage de la centrale hydroélectrique de Kakhovskaya. Il s’inscrivit dans le parti néonazi Pravy-Sektor, et se porta volontaire pour intégrer le DUK. Il fut envoyé sur le front du Donbass où il participa à de terribles répressions contre les populations civiles du Donbass. Il participa à la bataille des frontières et à celle de Saur Mogila. Il se replia avec les débris des forces ukrainiennes sur Ilovaïsk, et fut tué dans la tentative de fuite du chaudron, le 29 août 2014. Il fut porté manquant et l’on trouva finalement son corps dans une tombe anonyme. Il fut transporté à Zaporijie où il fallut longtemps pour l’identifier grâce à l’ADN. Il fut enterré (25 décembre), laissant une compagne et un garçon (né le 15 septembre 2014, après sa mort). Une plaque commémorative fut installée dans son village natal (3 décembre 2015), et décoré à titre posthume par le Président Zelensky (2021).

Vladimir Alekhine (1973-2014), originaire du Donbass, transfuge qui fut l’un des rares contaminés de l’idéologie du Maïdan (hiver 2013-2014), originaire de Stanitchno. Il avait épousé Elena Koulish (1968-2014), originaire de Lougansk, qui animait une émission radio pro-Maïdan et bandériste sous le nom d’Elena Koroleva. Ils vivaient près du village de Pobednoe, non loin de l’aéroport de Lougansk. S’étant radicalisés, ils s’encartèrent au parti néonazi Pravy Sektor et durant la bataille de l’aéroport apportèrent de l’aide aux soldats ukrainiens, nourritures et autres, ainsi qu’à des civils coincés dans leurs habitations et caves. La mort de la mère de son épouse, tuée par l’artillerie d’un des deux camps, les radicalisa entre plus (juillet 2014). Ils donnèrent des renseignements aux soldats ukrainiens, les guidant, indiquant les nombreux soutiens des pro-russes, donnant des noms au SBU, apportant désormais plus que de l’aide « humanitaire ». Ils furent poursuivis par les insurgés de la RPL, et finalement capturés (9 août). Leurs biens furent saisis, le reste détruit, et ils furent fusillés pour trahison le lendemain 10 août. Le couple laissait une fille qui tenta de les retrouver, croyant à leur survie. Les corps furent finalement retrouvés (décembre), et enterrés par les insurgés à Lougansk (dans l’été 2015). Leur fille Valéria prit la fuite avec son grand-père et s’installa à Kiev. Ses parents furent faits à titre posthume « Héros » de l’Ukraine par le Président Porochenko (7 mai 2016). Une large propagande du culte des morts fut faite autour d’eux, évitant de parler de leurs victimes et dénonciations.

Sergeï Balamoutovski (?-novembre 2023), alias Shprot, bandériste ukrainien qui participa aux violences durant le Maïdan (hiver 2013-2014), puis s’encarta dans le parti néonazi Pravy Sektor, puis s’enrôla dans le corps du DUK (2014).

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