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Vendredi, 23 Févr. 2024

Le double langage de l’UE envers Kiev enfin traduit

Auteur : Philippe Rosenthal | Editeur : Walt | Vendredi, 10 Nov. 2023 - 20h25

Un double langage a lieu à Bruxelles envers l’adhésion de l’Ukraine et à Kiev envers cette même adhésion à l’UE. L’adhésion de l’Ukraine dans l’UE est, donc, la preuve que les valeurs démocratiques de Bruxelles sont la guerre, le massacre des civils (crimes de guerre), le soutien à l’idéologie nazie, à la corruption, et, surtout, le non-respect de l’aspect légal de l’UE. Qui se ressemble s’assemble. L’UE et l’Ukraine de Volodymyr Zelensky sont, finalement, identiques et c’est Kiev qui dicte comment l’UE doit marcher. 

«Un Etat qui veut devenir membre de l’UE doit respecter les valeurs démocratiques». La Commission européenne, via Ursula von der Leyen, la présidente de cette organisation non élue par les peuples des nations de l’UE, a stipulé: «L'Ukraine a franchi bien plus de 90% des étapes nécessaires que nous avions exposées l'année dernière dans notre rapport. Sur cette base, nous avons recommandé aujourd'hui que le Conseil européen ouvre les négociations d'adhésion». Pour rappel, l’UE a des critères très stricts pour accepter un nouveau pays. «L'élargissement est le processus par lequel des États adhèrent à l'UE, après avoir rempli un ensemble de conditions politiques et économiques», fait savoir le site du Conseil de l’Europe, précisant: «Tout État européen qui respecte les valeurs démocratiques de l'UE et s'engage à les promouvoir peut présenter une demande d'adhésion à l'UE». Accepter l’Ukraine en guerre, indique clairement qu’un pays qui tue est une valeur de l’UE. 

 La Commission UE a adopté mercredi le train de mesures sur l’élargissement 2023 et recommande d’ouvrir des négociations avec l’Ukraine. La Commission UE a fourni une évaluation détaillée de l’état d’avancement des travaux et des progrès réalisés par l’Ukraine. Le site de l’UE affirme que «le rapport met l’accent sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des réformes fondamentales, ainsi que sur la fourniture d’orientations claires sur les priorités de réforme à venir» et que «compte tenu des résultats obtenus par l’ Ukraine et des efforts de réforme en cours, la Commission a recommandé au Conseil d’ouvrir des négociations d’adhésion avec les deux pays».  

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré: «L’élargissement est une politique vitale pour l’UE. Achever notre Union est l’appel de l’histoire, l’horizon naturel de notre Union. L’achèvement de notre Union a également une forte logique économique et géopolitique. Les élargissements passés ont montré les énormes avantages tant pour les pays candidats à l’adhésion que pour l’UE. Nous gagnons tous». 

Pour la Commission UE: «En Ukraine, la décision d’accorder le statut de candidat à l’UE a créé une dynamique de réforme puissante, malgré la guerre en cours, avec un fort soutien du peuple ukrainien. Le gouvernement et le Parlement ukrainiens se sont montrés résolus à accomplir des progrès substantiels dans la réalisation des sept étapes de l’avis de la Commission européenne sur la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’UE. L’Ukraine a mis en place un système transparent de présélection des juges de la Cour constitutionnelle et a réformé les organes de gouvernance judiciaire. Il a continué d’améliorer son bilan en matière d’enquêtes et de condamnations de haut niveau en matière de corruption et a renforcé son cadre institutionnel. L’Ukraine a pris des mesures positives dans un effort plus large et systémique pour lutter contre l’influence des oligarques. Le pays a également démontré sa capacité à progresser dans l’alignement sur l’acquis de l’UE, même en temps de guerre». 

Les conditions pour devenir membre de l’UE sont pourtant clairs. L'adhésion nécessite: «que le pays candidat a atteint la stabilité des institutions garantissant»; «la démocratie, l'État de droit, les droits de l'homme et le respect et la protection des minorités»; «l'existence d'une économie de marché fonctionnelle, ainsi que la capacité à faire face la pression concurrentielle et les forces du marché au sein de l'Union»; «la capacité d'assumer les obligations liées à l'adhésion, y compris le respect des objectifs de l’union politique, économique et monétaire». Tous ces points ne sont pas réunis en Ukraine, un pays en guerre et qui stigmatise et tue les populations russes depuis 2014.
 
Le double langage de l’UE et de l’Ukraine navigue dans le terrain psychiatrique du criminel qui ne voit pas ce qu’il fait. En tout cas, les deux entités, l’UE et l’Ukraine, vivent dans le mensonge assumé ce qui n’augure rien de bon pour les autres peuples de l’UE. 

Pour Kiev, les réformes exigées par l’UE ne sont pas la priorité. Pour le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba l’essentiel n’était pas de remplir les critères de l’UE, mais d’obtenir le résultat final de la décision permettant d’entamer des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Dmytro Kouleba présente son pays comme un «atout» pour l’UE. «Ce serait un acte irresponsable de la part de l'UE de rater cette opportunité historique de faire un pas vers l'élargissement, non seulement avec l'Ukraine, mais avec tous les autres pays concernés», a-t-il ajouté. «Maintenant que l'Ukraine a sorti l'UE du coma lié à l'élargissement, il est dans l'intérêt de l'UE d'éviter un autre type de frustration, celui d'une réforme prolongée. La réforme n’est pas une raison pour retarder l’élargissement», a affirmé Dmytro Kouleba dans un entretien accordé à EURACTIV.

Le double langage de Kiev s’affirme. Les conditions de l’UE pour devenir membre de l’UE ne sont pas nécessaires. En direct, Kiev et l’UE assument les violations des fondements légaux de l’UE.


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