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Vendredi, 23 Févr. 2024

Peut-on encore faire l’humour avec les LGBT sans aller en taule ?

Auteur : E&R | Editeur : Walt | Mercredi, 08 Nov. 2023 - 19h36

La question est sérieuse, et Alain Soral peut en parler. Qualifier une homosexuelle en surpoids de « grosse lesbienne » lui a valu une condamnation à 60 jours de prison en Suisse, en attendant l’appel... et un buzz international qui a mis des centaines de millions de rieurs de son côté.

L’humour, on le sait, adore les sujets sensibles, et contribue à les désensibiliser. Oui, l’humour raciste, antisémite, sexiste, grossophobe, handicapiste, est une forme d’acceptation de l’autre. On peut y voir du rejet, mais vanner n’a jamais tué personne. Harceler, oui, surtout en groupe : on doit bien faire la différence entre la vanne inclusive et le lynchage exclusif.

À partir de là, on peut vanner sa femme qui se trouve toujours trop grosse mais jamais trop conne, son voisin qui se paluche devant les docus féministes d’Ovidie, le SDF qui fait chier en bas de l’immeuble avec ses insultes, la salope du 3e qui montre son cul à tout le monde et qui hurle quand on la mate, le juif du 2e qui se barricade parce qu’il a peur de l’Arabe du 1er, qui lui fantasme sur la salope du 3e, le Black du 11e qui fume non stop des bombardiers de weed grâce à la CAF, les bobos du 5e qui fêtent l’anniversaire de leur chat en lui offrant la pâtée la plus chère possible, les boomers du 1er qui ont systématiquement dénoncé tout le monde à la mairie et au bailleur social, l’homo du 4e qui pense que personne ne le sait, le Chinetoque du 3e qui nous nique tous, bref, l’humour met de l’huile entre les humains qui sont différents, au premier abord. Après, quand on se contrevanne, naît une forme de relation, et ça va mieux.

Les dangereux, ce ne sont pas les vanneurs, mais les salopards qui jettent de l’huile sur le feu des différences, les diviseurs qui montent les communautés, les ethnies ou les groupes culturels les uns contre les autres.

On s’est moqués autrefois ici de Pipo & Pompo, les deux folles qui expliquaient avant tout le monde qu’ils allaient voter « Macaron » et comment ils se « lavaient le cul ». C’est sûr que ça prête le flanc : la vanne, après ça, devient quasi automatique ! Mais il ne s’agit pas de haine, et d’ailleurs, les deux clowns ont répondu avec un certain humour, et personne n’est mort. On ne dit pas qu’on passera nos vacances avec eux – ni eux avec nous – car il y a un risque certain de sodomie par surprise. Et chacun sait que les homos, c’est comme les zombies : quand ils te mordent, tu deviens l’un d’entre eux et tu mords à ton tour les innocents !

Voyez, c’est de l’humour, et faire de la prison pour ça, alors que des milliers d’agresseurs, de voleurs et de violeurs ne font pas un jour de taule, voire, récidivent pour la 35e fois, ça prouve qu’il y a un bug dans la justice (ce bug, c’est la franc-maçonnerie). La justice qui vient nous dire de quoi on peut rire ? On dirait Jakubowicz en 2014 à l’époque du conflit Valls-Dieudonné : il avait expliqué, doctement, comme s’il était le Père de la Nation, de quoi on pouvait rire, nous, Français.

Aujourd’hui, après l’affaire Lelandais, il se fait plus discret. Certes, d’autres ont repris le drapeau noir de la censure, mais on voit que ça n’a pas d’avenir, surtout chez nous : emmerder les autres, les empêcher de rire, c’est un projet voué à l’extinction. On rappelle à tous ces pisse-froid qu’il y avait un humour à Auschwitz, et au Goulag. La loi est simple : plus la vie est dure, plus l’humour est nécessaire. On a besoin de ce contrepoids, et ceux qui nous rendent la vie dure aujourd’hui veulent en plus nous amputer l’humour !

On continuera donc à rire de tout, mais pas avec tout le monde, juste avec ceux qui veulent.


- Source : E&R

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