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Dimanche, 14 Juill. 2024

Les médias mainstream et les politiques occidentaux pris en flagrant délit de mensonge

Auteur : Dominique Delaware | Editeur : Walt | Mercredi, 27 Sept. 2023 - 22h37

Dans la matinée du 6 septembre 2023, un missile tombe sur un marché ouvert du centre-ville de Konstantinovka en Ukraine, faisant au moins 17 morts, dont un enfant, et plus de 32 blessés. Immédiatement,  le président Zelenski condamne l’attaque, attribuée aux forces russes et la qualifie de «totale inhumanité». Il déclare, également, que ceux qui ont été tués étaient «des gens qui n’avaient rien fait de mal».

«Les terroristes russes ont délibérément visé le marché» alors qu’aucune cible militaire ne se trouvait à proximité, accuse le président ukrainien. C’est une «attaque ignoble» contre «une communauté déchirée par la guerre», dénonce, sans enquête, sans précaution et sans nuance, la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Ukraine, Denise Brown. «La Russie continue de terroriser la population civile en Ukraine».

L’ONU reprend, donc, le narratif «Zelensky» sans prendre la peine de vérifier quoique ce soit. Pour l’ONU, sous forte influence occidentale, seul l’icône des médias occidentaux Zelensky, classé premier au palmarès confessionnel 2022 de l’influence du Jerusalem Post, et donc forcément incapable de mentir, est crédible.

«Les attaques intentionnelles contre des civils sont des crimes de guerre», a, pour sa part, commenté un porte-parole de l’Union européenne, tandis que pour la ministre des Affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock, il s’agit d’«une attaque contre le droit international et l’humanité». Cette nouvelle attaque «rappelle la nécessité de continuer à soutenir le peuple ukrainien dans la défense de son territoire», a de son côté réagi la porte-parole du président des États-Unis, Joe Biden, Karine Jean-Pierre.

Évidemment, les médias occidentaux se précipitent à la curée avec délice et font les gros titres sur cette triste affaire. La Russie, propagande de guerre oblige, est vouée aux gémonies et son président et ses forces armées sont évidemment déclarés responsables de ce tir.

Mais, voilà que les résultats d’une enquête réalisée par un journaliste honnête du New York Times (il y en a quelques uns) sont publiés le 19 Septembre 2023, peu avant le discours de Zelensky devant l’Assemblée générale de l’ONU. Ils concluent que cet horrible crime de guerre russe n’est, en fait, qu’un dramatique tir fratricide émanant des forces armées ukrainiennes. Cette coïncidence entre la publication de l’article du New York Times incriminant l’Ukraine, et le discours de Zelensky n’est évidemment pas fortuite. Elle met le Président Ukrainien en difficulté et sape, si peu que ce soit, sa crédibilité.

Le New York Times ayant tranché, toute la presse occidentale reprend le nouveau narratif en chœur, rejointe par une presse pro-russe goguenarde. La vérité médiatique occidentale du 19 septembre est totalement inversée par rapport à celle du 7 Septembre sans que le moindre regret ne soit exprimé par les médias envers les lecteurs pour diffusion de fausses nouvelles et sans que des excuses ne soient prononcées à l’égard de la Russie, pour les calomnies dont elle a été l’objet.

La représentante de l’ONU, supposée neutre, et les politiques qui ont raconté n’importe quoi, Baerbock, Biden, Brown, Karine Jean Pierre & Co ne relèvent pas ce changement de narratif et passent au mensonge suivant en parfaite application de la doctrine bien connue de Mike Pompeo: «Nous avons menti, triché, volé, c’est comme si nous avions suivi des formations spéciales pour apprendre à le faire. Cela vous rappelle la gloire de l’expérience américaine».

Quels enseignements doivent être tirés de cet épisode (et de beaucoup d’autres)?

1 – Les médias occidentaux ont cette aptitude particulière de pouvoir inverser leurs narratifs du jour au lendemain sans se sentir gênés le moins du monde et sans, bien sûr, accepter de reconnaître qu’ils se sont trompés. Ils passent à autre chose.

C’est vrai pour cet épisode mais aussi pour beaucoup d’autres. On se rappelle tous de l’épisode des masques en début d’épidémie Covid, masques forcément inutiles et interdits au citoyen de base lorsqu’on en avait peu, masques devenus utiles, indispensables même, et obligatoires lorsque les services de santé et les pharmacies ont été approvisionnés.

La naïveté, voire la stupidité des masses qui croient sur parole les bonimenteurs ou les charlatans (politiques ou médiatiques) qui nous informent est sidérante. Ces masses sont capables d’avaler tout et son contraire à 12 jours d’intervalle, sans se poser de questions.

2 – La presse occidentale agit «en meute» et la tête de meute est états-unienne. Le New York Times et le Washington Post fixent le narratif, «donnent le la», et le reste de la presse occidentale reprend ce narratif en chœur pour lui donner du poids et une teinture de vérité: «Si tous les médias occidentaux le disent, c’est que c’est vrai», pensent certains. Le cas de la guerre en Ukraine est caricatural à cet égard, comme l’avait été le traitement de la crise sanitaire de la Covid. La portraitisation des candidats à la présidentielle US, reprise par les médias de l’occident global, est également réalisée par ces deux médias US.

3 – Ceux qui contrôlent le New York Times et le Washington Post contrôlent aujourd’hui les narratifs occidentaux et bien sûr otaniens, sur tous les grands sujets affectant la planète (crises géopolitiques, crise sanitaire, crise climatique, crise économique… etc. Aucun journal important des pays de l’OTAN ne s’écarte vraiment de ce narratif au risque de se marginaliser.

4 – Depuis 127 ans les propriétaires du New York Times sont, selon Wikipédia, les descendants d’Adolf Ochs. L’actuel directeur exécutif est Joseph Kahn d’ascendance lithuanienne.

Chacun peut comprendre que ces personnes soient naturellement très attachées à l’État d’Israël et à sa survie sans, bien sûr, que cela n’affecte l’indépendance du New York Times et de ses narratifs, y compris sur le traitement médiatique des multiples crises qui ont impliqué directement ou indirectement l’État hébreu depuis sa création, dont les crises égyptienne, libyenne, syrienne, iranienne, palestinienne, mais aussi arménienne et ukrainienne aujourd’hui.

5 – On comprend mieux aussi comment ces journaux et ceux qui les contrôlent et qui fixent les narratifs à reprendre en chœur par la «meute médiatique occidentale» tout entière, finissent par manipuler les masses sur presque tous les sujets, au point de réussir à porter au pouvoir des incompétents utiles que l’on fait passer pour des cadors, dans presque tous les pays de l’OTAN.

Lorsqu’on s’interroge sur la fiabilité des informations qui nous sont délivrées par les médias mainstream occidentaux, il y a vraiment matière à s’interroger sur les mensonges et les commentaires prémâchés qui nous sont servis quotidiennement. On me rétorquera que c’est la même chose dans tous les pays du monde. C’est vrai! Mais, chez nous les médias otaniens mentent «en bande organisée». C’est ce qui fait leur force.

L'auteur, le Général français (2S) Dominique Delawarde, est un ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’Etat-major interarmées de planification opérationnelle


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