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Lundi, 15 Avr. 2024

Nucléaire : gesticulations macroniennes, uranium russe

Auteur : Modeste Schwartz | Editeur : Walt | Mardi, 07 Févr. 2023 - 18h23

Macron a décidé de communiquer sur le nucléaire : bonne occasion pour créer un labyrinthe interprétatif, d’où la question de l’uranium russe émerge comme le seul fil d’Ariane utilisable.

Dirigeant postmoderne, Emmanuel « en même temps » Macron a remplacé l’art de gouverner (délégué à Davos) par celui de communiquer, de la façon la plus polysémique possible. Pour conserver a minima l’attention du public, même les médias de la Macronie (en l’occurrence : France Info) sont obligés de le suivre dans cet exercice de dispersion du sens, en multipliant les interprétations.

Quand il décide, par exemple, de communiquer sur la « relance » du nucléaire français, il ouvre naturellement la porte à une interprétation basée sur la dramaturgie politique interne aux institutions de la République finissante : un législatif complice (en dépit des simagrées de la NUPES) de sa propre impuissance, mais désormais volontairement discrédité par un pouvoir exécutif qui ne cherche plus à sauver les apparences.

Ou encore, basée sur l’illusion géopolitique, en entretenant l’impression fausse selon laquelle Macron et Scholz (deux pions davosiens) se livreraient un « bras de fer » sur la question du nucléaire (la France pour, l’Allemagne contre).

Kissinger est à BHL ce que l’uranium est à l’énergie nucléaire

En réalité, comme Davos (donc : ni Macron, ni Scholz) ne veut pas voir les nationalistes de l’AfD arriver au pouvoir en Allemagne, il est bien évident que le programme nucléaire français ne va pas être arrêté, mais mis au service de la survie industrielle a minima de l’Allemagne – seules les proportions de cet asservissement pouvant faire l’objet d’une vague négociation d’ajustement.

Et finalement, même France Info n’arrive pas à éviter d’évoquer, en fin d’article, l’endroit où le bât blesse : le carburant permettant à ces centrales françaises « cobelligérantes » de continuer à fonctionner est importé de Russie (laquelle Russie livre aussi les USA) – dont une importante cargaison livrée l’été dernier, en plein délire belliciste de la communication macronienne. Bonne occasion de se souvenir qu’il y a autant de « guerre mondiale » que de beurre en branche, et que, une fois retombée la poussière de Soledar, c’est naturellement la doctrine Kissinger – et non la doctrine BHL – qui, comme d’habitude, deviendra réalité.


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