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Samedi, 03 Déc. 2022

La justice britannique approuve l’appel des États-Unis sur l’extradition de Julian Assange

Auteur : Sputnik (Russie) | Editeur : Walt | Samedi, 11 Déc. 2021 - 19h27

La Haute Cour de Londres a annulé vendredi en appel le refus d’extrader vers les États-Unis le fondateur de Wikileaks Julian Assange.

La Haute Cour de Londres juge recevable l’appel des États-Unis concernant l’extradition du fondateur de Wikileaks Julian Assange, accusé notamment d’espionnage et de complot pour avoir piraté des ordinateurs du gouvernement.

«La cour fait droit à l’appel», a déclaré le juge Timothy Holroyde. Il a ajouté que les États-Unis avaient donné un ensemble d’assurances au Royaume-Uni concernant les conditions de détention d’Assange.

Les autorités américaines accusent M.Assange, 50 ans, d’origine australienne, de 18 chefs d’accusation liés à la publication par WikiLeaks de vastes quantités de dossiers militaires et de messages diplomatiques confidentiels américains qui, selon elles, ont mis des vies en danger.

Les États-Unis ont fait appel d’une décision rendue le 4 janvier par un juge de district de Londres, selon laquelle Assange ne devrait pas être extradé parce qu’il pourrait probablement se suicider dans une prison américaine.

Le juge a indiqué que l’affaire devait maintenant être renvoyée devant la Westminster Magistrates Court de Londres avant d’être transmise au gouvernement britannique pour approuver l’extradition ou non de Julian Assange.

Wikileaks : 

WikiLeaks s’est fait connaître en publiant en 2010 une vidéo de l’armée américaine montrant une attaque menée en 2007 par des hélicoptères Apache à Bagdad, tuant une douzaine de personnes, dont deux membres du personnel de Reuters. Elle a ensuite publié des milliers de dossiers secrets et de télégrammes diplomatiques.

Les procureurs américains et les responsables occidentaux de la sécurité considèrent M.Assange comme un ennemi imprudent et dangereux de l’État dont les actions ont mis en danger la vie d’agents nommés dans les documents divulgués.

Ses partisans, eux, le présentent comme un héros anti-establishment, victime des États-Unis pour avoir révélé les méfaits de ces derniers en Afghanistan et en Irak.

Garanties américaines :

Lors de l’audience en appel au sujet de son extradition, qui s’est tenue sur deux jours fin octobre, les États-Unis ont cherché à rassurer sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks.

L’avocat représentant le gouvernement américain, James Lewis, a assuré qu’Assange ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence, dans le Colorado, surnommée l’«Alcatraz des Rocheuses», où sont notamment détenus à l’isolement quasi-total des membres d’Al-Qaïda.

La justice américaine s’assurerait que le fondateur de WikiLeaks reçoive les soins cliniques et psychologiques nécessaires et qu’il puisse demander à purger sa peine en Australie, avait-il affirmé.

L’avocat de Julian Assange, Edward Fitzgerald, avait quant à lui rétorqué que les assurances américaines ne changent rien et que subsiste «un grand risque de suicide, quelles que soient les mesures» qui seraient prises.

Réactions :

Reporters sans frontières a déjà condamné la décision de la cour britannique. «Nous sommes convaincus que Julian Assange a été pris pour cible en raison de sa contribution au journalisme», a écrit son secrétaire général Christophe Deloire sur Twitter.

La fiancée de Julian Assange, Stella Moris, a fait savoir de son côté qu’ils «feron[t] appel de cette décision le plus tôt possible». Elle dénonce une «grave erreur judiciaire».

"Ignoble décision anglaise d'expulser aux USA Assange. Un meurtre sous apparence judiciaire. Honte à ceux qui laissent faire", a commenté sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, lequel faisait partie des 39 députés qui ont appelé en novembre l'État français à octroyer l’asile politique au fondateur de WikiLeaks.

Le ministère russe des Affaires étrangères a également condamné cette décision.

«Ce verdict honteux dans une affaire politique contre un journaliste et personnage public est une nouvelle manifestation de la vision cannibale du monde du tandem anglo-saxon», a écrit sa porte-parole Maria Zakharova sur son compte Telegram.

La Fédération internationale des journalistes a exhorté Joe Biden à abandonner les charges qui pèsent sur Julian Assange. «La criminalisation des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation comme Assange n’a pas sa place dans une démocratie», plaide-t-elle sur Twitter.

***

Le juge d’Assange est un « bon ami » de 40 ans du ministre qui a orchestré son arrestation

Le sort de Julian Assange est entre les mains d’un juge d’appel qui est un ami proche de Sir Alan Duncan – l’ancien ministre des Affaires étrangères qui a traité Assange de « misérable petit ver » au Parlement.

Le Lord Chief Justice Ian Burnett, le juge qui décidera bientôt du sort de Julian Assange, est un ami personnel proche de Sir Alan Duncan, qui, en tant que ministre des affaires étrangères, a organisé l’expulsion d’Assange de l’ambassade d’Équateur.

Les deux hommes se connaissent depuis l’époque où ils étaient étudiants à Oxford, dans les années 1970, et où Duncan appelait Burnett « le juge ». Burnett et sa femme ont assisté au dîner d’anniversaire de Duncan dans un club londonien réservé aux membres en 2017, lorsque Burnett était juge à la cour d’appel.

Désormais le juge le plus puissant d’Angleterre et du Pays de Galles, Burnett se prononcera bientôt sur le cas d’extradition d’Assange. Le fondateur de WikiLeaks risque la prison à vie aux États-Unis.

Dans ses journaux intimes récemment publiés, In The Thick of It, Duncan a écrit en juillet 2017 : « Mon bon ami et contemporain d’Oxford Ian Burnett est annoncé comme le prochain Lord Chief Justice ».

Il poursuit : « À Oxford, nous l’appelions toujours ’le Juge’ et ils m’appelaient toujours ’Premier ministre’, mais c’est Ian qui est l’est devenu ».

Dans une réponse par courriel à Declassified, le Lord Chief Justice Burnett a confirmé que lui et Duncan sont « amis depuis l’université ».

Duncan a étudié la politique et l’économie au St John’s College d’Oxford de 1976 à 1979, tandis que Burnett a étudié la jurisprudence au Pembroke College à la même époque.

« Misérable petit ver » 

Les journaux intimes de Duncan montrent également qu’en tant que ministre des Affaires étrangères, il s’est entretenu en privé avec le Lord Chief Justice Burnett en mai 2019, une conversation qui n’a pas été enregistrée dans les dossiers du gouvernement. Burnett l’a informé d’un dîner qu’il avait eu avec la première ministre de l’époque, Theresa May, deux jours auparavant.

Mais Duncan a dit à Declassified : « Il n’y avait rien qui devait être ’enregistré dans les dossiers du gouvernement’. » Lui et Burnett ont tous deux déclaré que rien n’avait été discuté en rapport avec leurs rôles de ministre ou de juge.

Duncan a été ministre des Affaires étrangères pour l’Europe et les Amériques de 2016 à 19. Il était le principal responsable de la campagne du gouvernement britannique visant à forcer Assange à quitter l’ambassade.

En tant que ministre, Duncan n’a pas caché son opposition à Julian Assange, le qualifiant de « misérable petit ver » au parlement en mars 2018.

Dans ses journaux intimes, Duncan fait référence aux « supposés droits de l’homme de Julian Assange ». Il admet avoir organisé un article à charge du Daily Mail sur Assange qui a été publié le lendemain de l’arrestation du journaliste en avril 2019.

Duncan a regardé la police britannique extraire l’éditeur de WikiLeaks de l’ambassade d’Équateur via un flux en direct dans la salle des opérations au sommet du Foreign Office.

Il a admis par la suite qu’il « essayait de ne pas sourire » et a offert un verre à son bureau parlementaire à l’équipe chargée de l’expulsion.

M. Duncan s’est ensuite rendu en Équateur pour rencontrer le président Lenín Moreno afin de le « remercier » de lui avoir remis Assange. M. Duncan a déclaré avoir donné à M. Moreno « une belle assiette en porcelaine provenant de la boutique de cadeaux du palais de Buckingham ».

« Travail accompli », a-t-il ajouté.

« Un cadeau généreux »

Les journaux intimes de Duncan mettent également en lumière un dîner d’anniversaire organisé pour lui en juin 2017, auquel ont assisté Burnett et sa femme. Le dîner, organisé au club privé Beefsteak à Londres la veille des élections générales, était un « cadeau généreux de David Ross », a noté Duncan.

Ross, homme d’affaires et cofondateur de Carphone Warehouse, a financé un éventail de députés conservateurs, dont Duncan, et a donné au Parti conservateur 250 000 £ pour mener les élections de 2019.

Parmi les autres invités figurait l’homme d’affaires milliardaire syro-saoudien Wafic Saïd. Longtemps proche de la famille royale saoudienne, Saïd a aidé à négocier l’énorme contrat d’armement britannico-saoudien connu sous le nom d’al-Yamamah dans les années 1980.

L’épouse de Saïd, Rosemary, qui était également présente, est un autre donateur important du parti conservateur et a financé Boris Johnson. Elle a été invitée aux réunions du « Leader’s Group » de David Cameron, qui réunit les principaux donateurs du parti.

Parmi les autres participants au dîner d’anniversaire de Duncan figurait William Hague, collègue et ami proche de Duncan, qui était ministre des affaires étrangères lorsque le Royaume-Uni a décidé de ne pas reconnaître l’asile accordé à Assange par le gouvernement équatorien.

Était également présente Salma Shah, conseillère de Sajid Javid lorsque, en tant que ministre de l’Intérieur, il a certifié de manière controversée la demande initiale d’extradition d’Assange par les États-Unis.

Sir Alan Duncan et le Lord Chief Justice Burnett ont tous deux déclaré à Declassified qu’ils n’avaient jamais discuté de l’affaire Julian Assange entre eux.

Matt Kennard Et Mark Curtis - Declassified UK - Traduction par Viktor Dedaj  pour Le Grand Soir


- Source : Sputnik (Russie)

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