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Mardi, 14 Juill. 2020

Un cimetière à pales d’éolienne aux États-Unis

Auteur : Le Tribunal du Net | Editeur : Walt | Lundi, 25 Mai 2020 - 12h17

Les énergies renouvelables peuvent parfois avoir des conséquences négatives inattendues sur l'environnement. C'est le cas des éoliennes, dont les pales finissent au dépotoir. Les pales faites en fibre de verre ou en fibre de carbone avec de l'époxy ne sont pas recyclables. Comme la durée de vie d'une éolienne est de 20 à 25 ans et que certaines ont été installées vers la fin des années 90, elles arrivent à la fin de leur vie utile. Le journaliste Rémi Authier s'est intéressé à ce défi environnemental.

L’enfouissement n’est pas une solution très verte. La fibre de verre comme telle est inerte, mais l’époxy qu’on a dans ce procédé, ça, c’est quelque chose qui pourrait entrer dans la terre et éventuellement dans l’eau. Donc, c’est toxique et on ne devrait pas enterrer ça - Larry Lessard, professeur de génie mécanique à l'Université McGill.

Selon un représentant de l'industrie, le nombre de pales est encore bas au Canada comparativement à ce qu'on voit en Europe ou aux États-Unis. Alors, que pouvons-nous faire pour éviter qu’elles soient enfouies? Plusieurs solutions sont possibles, selon Pierre-Olivier Bédard, un diplômé en écologie industrielle qui a travaillé sur le recyclage des pales. Une des options possibles est de couper les pales en petits morceaux et de les utiliser comme combustible dans les cimenteries. Les pales broyées peuvent aussi être intégrées au béton, ce qui permet non seulement de renforcer le béton, mais aussi d'utiliser moins de ciment, une matière dont la production est polluante. (Radio Canada)

Crédits : Getty, Google Earth, Wyoming News Now

Ces images montrent parfois tout le paradoxe des initiatives écologiques. Et dans un pays comme les États-Unis, où les questions environnementales sont parfois décriées, ces images ont réellement du mal à passer auprès de l’opinion publique. Des photos ont été diffusées dans la presse lors de l’enfouissement de milliers de morceaux de 870 pales d’éolienne dans le sol.

Des photos ont été diffusées dans la presse lors de l’enfouissement de milliers de morceaux de 870 pales d’éolienne dans le sol. Comme vous pouvez le voir sur ces photos, les hélices arrivées en fin de vie ont été démontées en morceaux et ne peuvent être recyclées ni incinérées. Par conséquent, les morceaux sont destinés à polluer la terre pendant des millénaires.

Des milliers de morceaux de pales d’éolienne sont enterrés chaque année

Lake Mills dans l’Iowa, Sioux Falls, en Dakota du Sud et Casper, dans le Wyoming sont les trois municipalités américaines à avoir accepté de se répartir les milliers de morceaux de pales d’éoliennes qui devront disparaitre dans la terre. La localité de Casper, à elle seule, enfouira dans son sol les morceaux de 870 pales. Aux États-Unis, chaque année, se sont 8000 pales qui sont remplacées.

Un cimetière à pales d’éolienne : le paradoxe de l’écologie

Une fois qu’elles ont atteint leur fin de vie, les pales des éoliennes sont démontées, puis coupées en morceaux, et enfin, enterrées, les unes contre les autres comme dans une fosse commune d’un cimetière.

Les cimetières à pales d’éolienne sont condamnés à rester pour l’éternité

L’entreprise française Veolia, anciennement connue comme Vivendi Environnement, est le fabricant de ces éoliennes. Veolia confirme que malheureusement, à l’heure actuelle, il est impossible de créer des éoliennes recyclables. « Les pales d’éoliennes resteront là pour toujours  », avoue dépité Bob Cappadona, directeur des opérations de l’unité américaine de la société française. En effet, le temps de dégradation des « cadavres » de pales est inconnu, préférant décréter que les pales ne se dégraderont jamais.

Crédits : Getty, Google Earth, Wyoming News Now

Une société texane affirme pourtant avoir mis au point un système de recyclage de plastique à renfort de verre, matière qui compose les pales. «  Nous pouvons traiter 99,9% des pales et environ 6000 à 7000 pales par an », déclare Don Lilly, PDG de la société Global Fiberglass Solutions. Cette société propose de recycler les pales en les transformant en petits palets de matière, qui seront ensuite réutilisés pour fabriquer des recouvrements de sol.

Crédits : Getty, Google Earth, Wyoming News Now

On estime par exemple à 3000 le nombre d'éoliennes qu'il faudrait installer pour remplacer Fessenheim (qui ne peut pas être un multiple de sa puissance à cause, entre autre donnée, du facteur de charge). Ce qui nous donnerait donc:
- 2.520.000 tonnes de béton
- 900.000 tonnes d'acier
- 63.000 tonnes de composite

Transition énergétique?


- Source : Le Tribunal du Net

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