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Samedi, 07 Déc. 2019

Bilan après un an de lutte et de revendication des Gilets jaunes

Auteur : Jean-Yves Jézéquel | Editeur : Walt | Lundi, 18 Nov. 2019 - 14h07

Jour pour jour, nous sommes parvenus au terme d’une année de lutte sociale réprimée violemment par les « soldeurs » qui nous servent actuellement de « gouvernement » pour la France et qui entendent ne rien changer à leur politique; il faudrait dire plutôt: à leur absence de politique, conduisant une majorité de nos concitoyens vers un désastre humain en même temps qu’un désastre social collectif et probablement à de nouveaux troubles prochains, graves et prévisibles.

Il est important de souligner l’extrême violence qu’est en soi une attitude de surdité volontaire et de mépris pour une majorité qui souffre, de la part de ceux qu’on doit bien nommer les « charlatans de la politique » ou les « irresponsables » du fascisme macronien. Le peuple Français subit depuis un an une humiliation insupportable et il a le devoir de se révolter. Victor Hugo disait : « Il vient une heure où protester ne suffit plus: après la philosophie, il faut l’action ».

Les Gilets jaunes devrait écouter Victor Hugo et désormais, cesser de protester en passant vraiment à l’action.

Depuis que les Gilets jaunes ont déclenché leur insurrection, réprimée par des violences policières exceptionnelles, dignes d’un passé révolu, il y a 400.000 pauvres de plus en France, selon les statistiques récentes publiées par l’INSEE. L’Institut national des statistiques a également publié récemment le chiffre de 9 millions 300.000 pauvres aujourd’hui en France.

En l’espace de dix ans, pour évoquer un exemple parlant, nous avons vu les pauvres, qui avaient pourtant un « emploi », camper dans des tentes sommaires cachées au cœur des forêts de Vincennes, Fontainebleau, et autres bois parisiens, dans les environs de Nemours et encore dans bien d’autres bosquets de l’Ouest et du Sud non éloignés de la couronne parisienne.

Puis, la misère s’est propagée comme une épidémie rampante et sournoise. Les pauvres se sont rapprochés de plus en plus du cœur de la capitale et des autres grandes villes de France pour y trouver encore de quoi survivre. Ailleurs, ce spectacle pitoyable est peut-être répandu, mais en France, marquée par la mémoire encore vivante de la tradition sociale du Conseil National de la Résistance, il est particulièrement choquant!

Aujourd’hui, dans le centre même de Paris, selon mes dernières informations, la Salpêtrière est encerclée par de nombreux indigents formant une nouvelle « Cour des Miracles », gisant sur les trottoirs, installés sur des cartons ou dans des abris sommaires, vivant dans le froid, la crasse, les poubelles et les rats. Idem sur la zone périphérique: tous les espaces verts des abords du périphérique parisien sont habités par des milliers de pauvres vivant dans des conditions pire que celle des favelas (bidonvilles) les plus tristement célèbres de l’histoire! Comment en est-on arrivé là en France? Comment a-t-on pu franchir l’intolérable? Comment s’étonner de l’explosion actuelle?

Qui a pu voir sur les écrans de France Télévision, tout au long de cette année passée, des reportages sonnant l’alerte en attirant l’attention de l’opinion publique sur cette tragique réalité s’étalant là sous nos regards sidérés? Les cohortes de soi-disant « journalistes » du service public, ânonnent le discours officiel de la macronie satisfaite d’elle-même et ne trouvent à relayer sur les ondes qu’une parole de mépris pour les pauvres! Les Gilets jaunes sont bien entendu assimilés aux pauvres, à ces « gens qui ne sont rien »…

Nous avons analysé depuis un an les raisons de cette situation intolérable frappant directement ou menaçant 14,7% de la population française actuelle. Nous renvoyons le lecteur aux nombreux articles publiés sur le sujet des Gilets jaunes dans www.mondialisation.ca

(Cf., également, « L’insurrection des Gilets jaunes et la nouvelle société qui vient », Jean-Yves Jézéquel, éditions Publibook, 2019, 318 pages; du même auteur, « Les raisons de la colère », Vérone éditions, 2019, 591 pages)

Aujourd’hui, date anniversaire de l’éruption volcanique prévisible des Gilets jaunes, nous voulons observer à nouveau la réalité qui se présente à nos yeux et qui demeure sidérante.

Il est important de constater que cette insurrection des Gilets jaunes concerne toujours 70% de la population, même si les 70% des Français ne descendent pas ensemble dans la rue chaque samedi. Le Baromètre Odoxa du 29 octobre dernier, relevait « 76% des personnes interrogées » qui estimaient que le mouvement des Gilets jaunes était « bénéfique pour les plus défavorisés et qu’il était loin d’être terminé! »

Cette révolte a provoqué ce que Frédéric Taddeï, dans son émission « Interdit d’interdire », sur RT France, a appelé la « Giletjaunisation » du monde. Et pour cause, puisque c’est la même logique du fascisme ultralibéral qui impose sa loi sur tous les continents, via la dictature du FMI, de la Banque Mondiale et des « sanctions » de l’Empire, conduisant la majorité des populations à une extrême pauvreté au même moment qu’une minorité à une extrême richesse. Cela est également le cas sur le territoire même des États-Unis, comme le démontre un article de Noam Chomsky, «L’espérance de vie diminue aux États-Unis non sans raison » (Cf., « les Crises » du 11 novembre 2019). Noam Chomsky démontre dans cet article que tous les problèmes majeurs des populations étasuniennes actuelles proviennent du temps où les mesures Ultralibérales des accords de la Jamaïque, par Reagan en 1976, sont entrées en vigueur aux USA.

Les luttes se retrouvent donc naturellement identiques sur la Terre entière et ont pour objet la même origine: le capitalisme sous sa forme actuelle ultralibérale. Le président Chilien a poussé le cynisme jusqu’à prendre exemple sur Macron pour justifier sa répression brutale du peuple en révolte au Chili. Un coup d’État militaire, c’est désormais prouvé, (Cf., Democracy Now du 12/11/2019) a renversé la présidence d’Evo Morales récemment réélu en Bolivie, coup d’État inspiré par les intérêts ultralibéraux des USA et bien entendu soutenu par son « deep state ». Par bonheur, les ultralibéraux ont été battus aux dernières élections en Argentine. La trahison violente, par Lenín Moreno en Ecuador, donne raison aux intérêts ultralibéraux étasuniens dans son pays et cet homme, indigne successeur de Rafael Correa, a été jusqu’à livrer Julien Assange à la partialité ouvertement criminelle des anglo-saxons faisant triompher la « raison d’État » sur la vérité et la morale…

Les « dépenses contraintes » dans les budgets des ménages français ont explosé: elles sont aux alentours de 70% à 80%, voire même 87% parfois comme ce fut le cas en 2005 (Cf., Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Que reste-t-il alors pour le « reste », c’est à dire pour vivre normalement? Bien entendu, avec un tel pourcentage de dépenses contraintes (les dépenses obligatoires fixes), il va de soi qu’il ne reste quasi rien, voir souvent moins que rien (budget en négatif) pour vivre décemment, sans parler même de « dignement »!

On en est sans doute encore plus bas aujourd’hui, compte tenu de la montée des dépenses incontournables, puisque tous les produits de première nécessité ont augmenté y compris les carburants, mais il n’y a pas d’enquête récente qui nous permette de donner un chiffre précis sur le sujet.

En revanche, ce qui est parfaitement visible, c’est que les mesures prises par la juvénile compulsion réformiste de Macron voulant démontrer à l’UE son efficacité de jeune leader de l’ère numérique, ont clairement avantagé les gros revenus de la Haute Finance et du Capital, comme le démontre les études de l’INSEE sur l’évolution des revenus en France depuis 2017.

Dans les diverses parodies de réponse faites par Macron aux Gilets jaunes, on peut remarquer qu’il a toujours soigneusement évité d’aborder les questions essentielles: la question première du « pouvoir d’achat » et du problème que pose réellement l’Euro avec l’absence de souveraineté monétaire de la France; la question du RIC et du type de gouvernement d’un autre temps dit « représentatif »; la question centrale et primordiale de notre appartenance anachronique à l’UE (alors que les Français avaient très majoritairement et clairement répondu « Non » au referendum sur la Constitution le 29 mai 2005, cette constitution leur étant ensuite imposée le 4 février 2008 par Sarkozy sous le nom de Traité de Lisbonne).

L’extrême violence policière du Régime Macron/Philippe/Castaner, s’explique essentiellement par le fait de l’UE. L’obsession du Pouvoir illégitime, qui squatte actuellement l’Élysée, c’est l’Union Européenne et sa monnaie l’euro qu’il veut défendre et protéger coûte que coûte. La priorité est donnée à l’UE et non à la France qui a perdu sa souveraineté depuis au moins le 4 février 2008. La dernière nomination de Thierry Breton, vient d’être approuvée par le Parlement Européen, grâce aux accords réalisés par le PS, LREM et la droite. Un patron du CAC40 passera directement de son poste
à celui de commissaire européen! Dores et déjà, nous savons que de nombreuses décisions de la Commission européenne seront à nouveau perturbées par des conflits d’intérêt. (Cf., 14 novembre 2019 dans Actualités, https://lafranceinsoumise.fr/category/actualites/, Communiqués de presse) 

La priorité donnée à l’UE explique pourquoi le choix a été fait d’emblée par les « élites » au pouvoir, pour la répression, la force, la violence policière, une prétention à l’ordre absolu, en un mot la logique fasciste inhérente à l’ultralibéralisme imposé comme fil conducteur permanent par la politique de Bruxelles. Les protestations de Bruxelles à propos des violences policières en France ne sont, bien entendu, que des « effets de manches » destinés à embrumer les regards trop critiques qui ne manqueraient pas de voir que l’UE est le principal coupable de ce malheur. Si ce choix idéologique du fascisme en accord avec Bruxelles n’avait pas été fait par Macron, il aurait dû admettre la nécessité d’une sortie inconditionnelle de l’Union Européenne telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire l’antithèse de l’Europe des Nations voulue par les pères fondateurs.

Rappelons que le dispositif policier organisé à la Place d’Italie à Paris ce samedi 16 novembre 2019, révélait clairement la volonté explicite du Régime macronien de provoquer une opération de répression sur le modèle militaire. C’était clairement un piège monté par la préfecture. Les forces de l’ordre n’étaient manifestement pas là pour assurer la sécurité et la protection des biens et des personnes protestant légalement, mais clairement pour réprimer violemment les personnes qui venaient participer à une manifestation légalement autorisée. Dans le cours de la journée, elle fut interdite par le préfet Lallement qui, dans ses allocutions du jour, prenait les vessies pour des lanternes, démontrant par là qu’il n’était qu’un simple exécutant des volontés arbitraires des charlatans de la politique au pouvoir. 

Rappelons également que durant toute cette année passée, le numéro identifiant chaque agent de police, numéro appelé le RIO, n’a pas été porté par les policiers hors la loi, ni donné à ceux qui légitimement le réclamaient. De ce fait, on peut dire que la police a été transformée en milices au service des fascistes au pouvoir. Les enquêtes de l’IGPN sur une année jalonnée d’abus de violences policières invraisemblables n’ont bien entendu jamais abouti à une condamnation d’un policier, pour la simple raison que le policier ne fait qu’obéir à des ordres venus des pervers qui dirigent l’IGPN et qui nous « gouvernent » en même temps! 

Pour mémoire: « depuis le 1er janvier 2019, 52 policiers se sont suicidés; 10.790 policiers ont été blessés au cours des affrontements avec les Gilets jaunes; 25 policiers sont morts dans l’exercice de leur métier » – dans la répression et non pas comme gardiens de la paix. (Cf., Syndicat de Police SCPN-Unsa, le 16 novembre 2019)

On en est dans la police à près de 14.000 tirs de LBD; 860 signalements pour violences policières « abusives » auprès de l’IGPN; 12.107 interpellations; plus de 3000 condamnations; près de 13.000 Gardes à Vue… (Revoir le bilan publié dans l’article : www.mondialisation.ca du 18 août 2019, « Nouveau bilan sur l’état policier macronien en France », La suite à en donner.) 

La pétition de Priscillia Ludosky compte 1.254.000,00 signatures à ce jour.

Le ministère de l’économie et des finances estime le coût des troubles entraînés par les Gilets jaunes, à 4,5 milliards d’euros. (Déclaration de Bruno Lemaire sur France TV) 

Le bilan humain quant à lui est toujours effarent: 12 morts du côté peuple réprimé et 4400 blessés, selon les medias collabos… Ces chiffres sont provisoires puisque l’hécatombe se poursuit! 

Tout avait été préparé hier pour que les choses se passent comme elles se sont passées, y compris le mobilier urbain resté sur place, alors que la ville fait déblayer habituellement ce matériel lorsqu’une manifestation a été déclarée et autorisée sur un lieu connu d’avance. Ce samedi 16 novembre 2019, 200 actions de protestation ont été organisées par les Gilets jaunes sur tout le territoire national et partout nous avons observé une violence policière généralisée et en recrudescence: le pouvoir pense et croit qu’il peut maintenir ce cap absurde et avoir le dernier mot sur tout un peuple dont la conscience collective s’est construite sur une tradition révolutionnaire! Cette inconscience de la caste ploutocratique est sidérante et démontre, si cela était encore nécessaire, que Macron ne s’adresse qu’à son petit électorat de privilégiés en ignorant les attentes légitimes de la majorité des citoyens de ce pays.

Macron nous a renvoyés au début du XIXème siècle, il est un homme du passé, le Thénardier de la France maltraitée, vraiment dépassé par le véritable sujet politique d’ici et de maintenant. Il est inapte à diriger un pays et devrait retourner travailler dans sa banque préférée, mais aussi entreprendre un autre genre de travail: celui qu’il aurait dû faire et achever sur lui-même avant de prétendre diriger ses concitoyens. Il est un représentant ou le commercial de ce monde de la haute finance spéculative et un élément typique du système responsable du désastre actuel concernant la Terre entière. Le démantèlement acharné auquel il se livre sur la France, se fait sur tous les secteurs : l’hôpital, le système de santé, les retraites, l’éducation nationale, l’Université, la formation, les chômeurs qu’il martyrise comme s’ils étaient coupables d’être sans travail et non pas le chômage qu’il aurait cherché à réduire! Tout cela constitue une extrême violence. Les casses, comme celles de la place d’Italie, ce samedi 16 novembre, que l’on entend déplorées par les medias collabos, (réalisées de toute manière par des policiers casseurs encagoulés – information donnée et confirmée par les observateurs du CCI)  ne sont rien à côté de cette violence d’État sur les plus défavorisés. Remettons chaque chose à sa vraie place et n’inversons pas l’ordre de ce qui est scandaleux!

L’erreur de stratégie des partis politiques, comme celui de la France Insoumise, suite à l’éruption des Gilets jaunes, c’est d’avoir persisté à penser qu’on pouvait changer l’UE en s’imposant à elle de l’intérieur. Sauver l’Union Européenne en la changeant de l’intérieur était une utopie irréaliste, sachant qu’il existe bien des utopies réalistes. Le changement à réaliser est tellement considérable qu’il faudrait abolir l’UE telle qu’elle est, dans sa totalité. Le plus simple et le plus réaliste consistait donc plutôt à rassembler les forces politiques pour sortir la France de l’UE, ce que les Britanniques sont entrain de réaliser péniblement. L’insurrection des Gilets jaunes aurait ainsi trouvé immédiatement une réponse politique soutenant sa revendication fondamentale.

Voilà pourquoi, la France actuelle est une ruine politique, abandonnée et livrée au pillage par les affairistes « néocons » et flibustiers de la finance qui s’acharnent à démanteler ses atouts industriels les plus performants en bradant le patrimoine de la Nation pour le remboursement d’une dette fictive faisant le bonheur des banquiers. 

(Sur la dette fictive, voir l’expérience incontestable du Président Rafael Correa en Ecuador, réalisée au cours de ses deux mandats – 2006 à 2017)

Les Gilets jaunes ont bien compris cet enjeu et l’erreur des politiques. Voilà pourquoi, un an après le début de l’insurrection, le constat est sans appel: rien ne peut être entendu par le pouvoir actuel qui campe sur une position bornée de répression; aucune revendication ne peut être acceptée par le pouvoir actuel qui n’a pas d’autre solution que celle de la répression, puisqu’il n’est qu’un exécutant des directives de l’UE.

Il faut encore redire à cette date anniversaire, que les propos des medias collabos ont été absolument odieux sur les Gilets jaunes en allant parfois jusqu’à qualifier ces derniers de ce « qu’il y avait de pire dans l’humanité »! (propos tenus par un éditorialiste du service public, Cf., la série d’articles majeurs qui analyse les propos tenus par l’ensemble des « journalistes » des médias collabos, publiée sur Acrimed) 

Le mépris, l’arrogance et le mensonge n’avaient encore jamais été poussés aussi loin par les grands medias « mainstream » de France: BFM TV, France Info, CNews, France 24… Je tiens ici, à rendre hommage à RT France qui a été le seul grand media à la hauteur de sa tâche et à Didier Maïsto, le patron de Sud Radio, qui a été exemplaire par son objectivité, sa liberté de parole, son honnêteté intellectuelle et son souci d’un travail compétent de vrai journaliste de radio… C’est grâce à lui notamment, que les « fakes news » de Castaner et autres macroniens – comme les chiffres des participations aux manifestations, ou celui de l’épisode qu’il avait qualifié « d’attaque d’un service de réanimation de la Salpêtrière, par les Gilets jaunes » – ont été démasquées et dénoncées sur les ondes et dans les débats…

Conclusion: dans une telle rhétorique de surdité et d’entêtement à défendre un système qui assure le désastre pour une majorité (désastre pourtant hautement visible), la logique de sortie veut que l’étape suivante soit, dans ce cadre, un massacre inévitable. Je ne vois pas, compte tenu de ces conditions concernant la position des occupants de l’Élysée, de Matignon et de Beauvau, comment pourrait-on éviter une guerre civile en France… Nous sommes acculés à une infernale contradiction. Généralement, les pouvoirs cherchent un bouc émissaire de service afin de débloquer une situation qu’ils ne veulent pas assumer. Qui sera ce prochain bouc émissaire de service? Il est fort possible que la nature en colère puisse également s’en mêler, en plaçant tout le monde à pied d’égalité!

Si le pouvoir ne cède pas, nous allons vers une France en feu et en sang et il en sera pleinement responsable, puisque le peuple Français quant à lui, a refusé, dès qu’on lui a demandé son avis, le règne sans partage d’un ordolibéralisme européiste au service des plus fortunés.


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