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Samedi, 07 Déc. 2019

Une fenêtre sur la culpabilité juive

Auteur : Gilad Atzmon | Editeur : Walt | Samedi, 16 Nov. 2019 - 14h57

… ils devraient l’être. Leur influence a été une tumeur en Amérique

Il est devenu habituel pour les institutions juives de scruter à quel point les nations hôtes haïssent les Juifs et combien les Juifs ont peur de leurs voisins. Des médias juifs ont rapporté hier que « neuf Juifs Américains sur dix s’inquiètent de l’antisémitisme ».

Pour ma part, je ne pense pas connaître un autre peuple qui investit autant d’énergie pour mesurer sa détestation. Malgré l’ampleur de l’islamophobie et du racisme anti-Noir, nous ne sommes pas soumis à un flot continu de «statistiques» pour nous «mettre en garde», et nous montrer à quel point les Noirs sont haïs ou les musulmans vivent dans l’insécurité.

Les statistiques du Comité juif américain (AJC) suggèrent que «la plupart des Juifs pensent que la situation s’aggrave». Je trouve leurs statistiques peu fiables, mais je suppose que toute personne appréciant les mathématiquement accepterait que si 9 sur 10 ont peur, alors la situation ne peut être pire qu’avec 10 sur 10, ce qui ne constitueraient qu’une augmentation mineure (11%).

JE SUIS JUIF, ma voix intérieure ME FAIT SENTIR COUPABLE. AIPAC

Supposons un instant que les statistiques de l’AJC reflètent la réalité et que la grande majorité (90%) des 1 200 juifs sondés, de tous les milieux politiques et religieux, considèrent la haine des Juifs comme un problème sérieux pouvant avoir des conséquences désastreuses. Alors on peut se demander qui sont les 10% de «méchants» Juifs qui, contrairement à leurs frères, n’ont pas peur de leurs voisins Américains. Je suppose que ce sont ceux atteints de la soi-disant «haine de soi», ce groupe infâme d’horribles juifs humanistes qui soutiennent la Palestine et sont dégoûtés par la multitude des récents scandales juifs #MeToo et de réseaux de pédophilie / crime organisé. Cette petite minorité (10%) de Juifs désobéissants pourrait aussi être perturbée par le scandale des opioïdes qui a causé la mort de 400 000 Américains. Ils savent probablement qui ont été les principaux acteurs de cette saga de génocide de classe. Ils sont probablement préoccupés par une série de crimes financiers allant de Madoff aux banques israéliennes évitant les taxes américaines, en passant par les sociétés d’options binaires israéliennes qui escroquent les citoyens américains. Ces parias juifs universalistes sont souvent des critiques virulents de leur peuple, de leur culture et de leur politique.

Ils peuvent dénoncer l’AIPAC et l’ADL, Soros et même la JVP pour avoir agi en tant qu’opposition sous contrôle. Les statistiques de l’AJC suggèrent l’existence possible d’un scénario humoristique dans lequel 9 Juifs sur 10 seraient intimidés par ce juif sur 10 qui s’exprime.

Les conclusions de l’AJC sont à interpréter de manière plus sérieuse qu’humoristique. Il est possible que le grand nombre de Juifs qui s’inquiètent de l’antisémitisme indique que tous les Juifs sont conscients des traits inquiétants liés à leur politique, leur culture, leur identité, leur lobbying et la criminalité israélienne.

Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell

Les Juifs peuvent se sentir souillés en tant que groupe par des personnages problématiques tels que Weinstein, Epstein et Maxwell. Ils peuvent se sentir pollués par la politique israélienne et le lobbying sioniste intensif qui pille chaque année des milliards de dollars aux contribuables américains.

Alors que la Maison Blanche semble tourner le dos à l’interventionnisme immoral des néocons, certains Juifs peuvent être déconcertés par le fait que la doctrine de propagande de guerre des néocons est en grande partie un projet juif. Ari Shavit, chroniqueur de Haartez, écrivait en 2003 : «La guerre en Irak a été conçue par 25 intellectuels néoconservateurs, pour la plupart juifs…» Peut-être que certains Juifs comprennent maintenant que le passage, par les néocons sionistes, d’une «terre promise» à une «planète promise»  ne reflète pas bien les Juifs en tant que groupe.

J’essaie de souligner la possibilité que la peur envahissante de «l’antisémitisme», bien que pauvrement documentée par l’AJC, puisse bien être l’expression de la culpabilité. Les Juifs américains peuvent se sentir coupables collectivement face à la politique, et à la culture désastreuses, de certaines couches de leur élite corrompue. Ils pourraient même se sentir coupables, en tant qu’Américains, du sacrifice brutal d’une des valeurs fondamentales de l’Amérique, celle de la liberté de parole garantie par le 1er Amendement, sur l’autel de «l’antisémitisme».

De toute évidence, je souhaiterais que l’AJC poursuive son enquête à ce sujet. Il serait intéressant de connaître la corrélation entre la peur juive de l’antisémitisme et la culpabilité juive. Il serait également fascinant de découvrir comment l’anxiété juive se traduit par une réflexion sur soi. À cet égard, je suggère qu’au lieu de blâmer le peuple américain, les Juifs tentent l’introspection.

Les Juifs américains voudront peut-être suivre les premiers sionistes, tels que Theodor Herzl, qui a transformé la culpabilité en examen de conscience. L’antisémitisme a profondément troublé Herzl, mais cela ne l’a pas empêché d’en explorer les causes.

« Les Juifs riches contrôlent le monde. Le destin des gouvernements et des nations repose entre leurs mains », a écrit Herzl. Il a poursuivi : « Ils ont opposé les gouvernements les uns aux autres. Lorsque les riches Juifs tiennent la baguette, les nations et les dirigeants dansent. D’une manière ou d’une autre, ils s’enrichissent ».

Herzl, à l’instar d’autres premiers sionistes, était convaincu que les Juifs pouvaient s’émanciper de leurs conditions et même être aimés dans le monde entier par le moyen d’une métamorphose culturelle, idéologique et spirituelle avec l’aspiration à un «retour au foyer». Herzl et ses camarades sionistes de l’époque avaient clairement tort avec le remède proposé à la question juive, mais ils étaient absolument attentifs à leur attachement à la réflexion personnelle et à une sévère auto-critique.

Les Juifs américains ont beaucoup à apprendre de Herzl et d’autres premiers sionistes. Ils devraient se demander comment leur «Médina d’or» américaine, leur terre d’opportunités juive, s’est transformée en un royaume «menaçant». Que s’est-il passé, qu’est-ce qui a changé ces dernières années ? S’agissait-il des appels constants à l’antisémitisme, et des tentatives désespérées et institutionnelles de faire taire les critiques qui ont transformé leur Médina d’or en un espace décourageant ?

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone


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