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Jeudi, 14 Déc. 2017

Les Cambodgiens furieux que les USA osent réclamer le remboursement de centaines de millions de dettes de guerre

Auteur : Lindsay Murdoch | Editeur : Walt | Lundi, 04 Déc. 2017 - 11h28

Un demi-siècle après que les bombardiers B-52 des États-Unis aient largué plus de 500 000 tonnes d'explosifs sur la campagne cambodgienne, Washington exige que le pays rembourse une dette de guerre de 500 millions de dollars américains.

La demande a suscité des manifestations d'indignation et de colère dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh.

En 1973 seulement, pendant plus de 200 nuits, 257456 tonnes d'explosifs ont été largués sur le pays lors de bombardements massifs secrets, soit l'équivalent de la moitié de ce qui a été largué sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les pilotes volaient tellement haut qu'ils étaient incapables de faire la différence entre un village cambodgien et leurs cibles, les lignes d'approvisionnement nord-vietnamiennes de la piste Ho Chi Minh.

Les bombes étaient d'un tonnage si massif qu'elles faisaient sauter les tympans de n'importe qui dans un rayon d'un kilomètre.

Le correspondant de guerre James Pringle se trouvait à deux kilomètres d'une frappe de B-52 près de la frontière cambodgienne.

"Il semblait que le monde allait prendre fin", se souvient-il.

Selon un chercheur, jusqu'à 500.000 Cambodgiens ont été tués par ces bombardements, dont beaucoup d'enfants.

Les bombes des B52 explosaient en ligne dans les rizières

Les bombardements américains ont poussé des centaines de milliers de Cambodgiens ordinaires dans les bras des Khmers rouges, un mouvement de guérilla maoïste qui a pris le pouvoir en 1975 et a causé, au cours des quatre années suivantes, la mort de plus de deux millions de personnes par des exécutions de masse et la famine.

La dette vient d'un prêt de 274 millions de dollars accordé au gouvernement putschiste d'alors, dirigé par le général Lon Nol et inféodé aux Etats-Unis mais a presque doublé au cours des années alors que les gouvernements suivants du Cambodge refusaient de rembourser.

William Heidt, ambassadeur des Etats-Unis à Phnom Penh, a déclaré que le refus du Cambodge de rembourser sa dette mettait ce pays au même niveau que le Soudan, la Somalie et le Zimbabwe.

"Je dis qu'il est dans l'intérêt du Cambodge de ne pas se tourner vers le passé, mais d'examiner comment résoudre cela parce que c'est important pour l'avenir du Cambodge", a-t-il ajouté, ajoutant que les Etats-Unis n'ont jamais sérieusement envisagé d'annuler la dette.

Le premier ministre du Cambodge, Hun Sen, a déclaré: "Les États-Unis ont créé des problèmes dans mon pays et m'ont ensuite demandé de l'argent. Après notre refus, ils ont ordonné au FMI (Fonds monétaire international) de ne plus nous prêter d'argent. Nous devrions élever la voix pour dénoncer ce pays qui en envahit d'autres et qui massacre des enfants".

M. Pringle, un ancien correspondant de Reuters à Saigon, a expliqué qu'il n'avait jamais été un partisan de Hun Sen mais que ce qu'il avait dit sur ce sujet était "absolument correct".

"Le Cambodge ne doit rien aux Etats-Unis qui ont aidés à détruire son peuple, ses animaux sauvages, ses champs de riz et sa couverture forestière", a-t-il écrit dans le quotidien Cambodia Daily.

L'Américaine Elizabeth Becker, l'une des rares correspondantes qui ont été témoins du génocide des Khmers rouges, a également écrit que les États-Unis "doivent au Cambodge plus de dettes de guerre que ce qui pourrait être remboursé en espèces".

Hun Sen a souligné que les cratères parsèment encore la campagne cambodgienne et les villageois doivent encore déterrer des bombes, ce qui entraine des évacuations de masse jusqu'à ce qu'elles soient désamorcées.

"Il reste beaucoup d'explosifs et de bombes, c'est pourquoi des enfants cambodgiens sont si souvent tués parce qu'ils ne savent pas qu'il s'agit de munitions non explosées", a-t-il déclaré.

"Et qui est responsable? Ce sont les bombes et les explosifs de l'Amérique", a-t-il conclu.

Photo d'illustration: Bombardier B-52 de l’US Air Force lâche ses bombes en Asie du Sud Est dans les années 70

Traduit par La gazette du citoyen


- Source : The Age (Australie)

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