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Jeudi, 26 Mai 2022

L’égalité progresse : les filles se saoulent comme les garçons !

Auteur : Gabrielle Cluzel via Boulevard Voltaire | Editeur : Stanislas | Jeudi, 30 Mai 2013 - 11h59

Les jeunes consomment plus de tabac, d’alcool, ou de cannabis en France que dans les autres pays européens. C’est ce qui ressort du rapport rendu public mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Il va falloir l’annoncer avec ménagement à nos ayatollahs hygiénistes : la prohibition sauvage pratiquée à l’endroit du tabac et de l’alcool n’a servi à rien. Peau de balle. (On aura d’ailleurs remarqué que cet hygiénisme sélectif aura fait montre de beaucoup plus d’indulgence pour le cannabis — que certain ministre de l’Éducation proposait encore récemment de légaliser —, sans doute parce que la « beuh » fleure bon l’odeur de Katmandou au petit matin quand le kil de rouge et le fumeur de bistrot vous exhalent des relents méphitiques de film de Michel Audiard.)

Mieux, cette prohibition a eu des effet pervers : l’ascension vertigineuse du prix de la cigarette a induit le développement sans précédent d’un commerce parallèle facilité par la porosité de nos frontières, qui a aussi rendu poreuse la frontière entre drogue et tabac. Les fournisseurs, les fabricants, les ateliers sont les mêmes, et c’est sur les mêmes établis que les cigarettes de contrebande vendues à la sortie du métro dans le XVIIIe sont roulées… Dans un restant de poudre, comme le boulanger roule sa baguette dans un restant de farine, induisant, à l’insu du consommateur de tabac, un début d’addiction à d’autres substances.

Sans doute toutes les femmes enceintes de France et de Navarre ont-elles compris qu’il leur fallait faire le sacrifice de leur coupe de champagne du Nouvel An devenue, d’un coup, du fait de leur grossesse, une sorte de mort aux rats.

Sans doute les nouvelle générations, dûment tenues à l’œil par des parents « sensibilisés », n’ont-elles pas eu le loisir à 12 ans, comme leurs grands-pères au même âge, de finir en douce les fonds de verre du repas de communion du cousin Gérard, quand les adultes étaient passés au salon. Mais sorties du cercle familial, elles font bien pire. Pas avec du vin mais avec de la vodka. Cela s’appelle du « binge drinking » (« biture accélérée, » en version française), de l’alcool dur que l’on boit — dans un cadre festif — cul sec ou presque, en quantité massive et dans un temps record, une cuite qui ne vous envoie pas, un peu pompette, sur le canapé du salon piquer un petit roupillon, mais direct sur le brancard des urgences pour coma éthylique.

La nouveauté ? Le binge drinking se pratique de plus en plus jeune (dès le collège : vous ne voudriez pas, alors qu’on leur propose des préservatifs à l’école, qu’ils en soient encore à faire la fête dans une ambiance de goûter d’anniversaire entre jus d’orange et Monopoly ?) et touche aussi les filles, qui n’ont plus peur de se montrer torchées. Cela s’appelle l’égalité des sexes. Las, comme le souligne le docteur Marina Carrère d’Encausse dans son livre Alcool : les jeunes trinquent, l’excès d’alcool se révèle avoir des conséquences plus graves sur les femmes, tant physiologiquement que par les abus sexuel dont certaines, dans un état de semi-conscience, sont de ce fait victimes. C’est un peu comme le reste : « l’alcool pour tous », cela peut se décréter, mais cela ne change rien aux réalités de la nature.


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