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Vendredi, 30 Sept. 2022

Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante

Auteur : Agoravox | Editeur : Stanislas | Dimanche, 26 Mai 2013 - 22h39

Lors des élections générales de février dernier en Italie, le problème du contrôle des médias par le pouvoir politique, symbolisé par Silvio Berlusconi, a de nouveau fait la une des journaux. La question du pluralisme des médias, - non seulement pour l'Italie, mais aussi pour l'ensemble de l'Europe - n'a jamais été si pressante.

La situation bulgare devient de plus en plus inquiétante. Delyan Peevski, propriétaire de grands médias de masse, est une figure notoire dans son pays, en raison des postes publics qu’il occupe au plus haut niveau, en dépit des scandales et affaires judiciaires le concernant. Elu membre du Parlement bulgare jusqu’en Mars 2013, il a auparavant occupé le poste d’enquêteur judiciaire au Parquet de Sofia et celui de sous-ministre en charge de l'aide d'urgence et directement responsable de la Réserve d'État.

Tout cela n’était pas sans controverse. Son entrée en 2005 au Parquet se fait dans des conditions de force majeure, Peevski ne remplissant pas les conditions d’accès (période de pratique, entre autres) pour le poste. Pendant son mandat de sous-ministre, il est soupçonné d'abus de l'aide d'État. Après un nouveau scandale majeur impliquant un chantage pour obtenir des appels d’offres publics, qui fait un large écho dans la société, il est finalement renvoyé de son poste au service public.

Toutefois, en 2007 il réintègre le Parquet. En même temps, il achète trois grands journaux bulgares, deux éditions quotidiennes et un hebdomadaire. Quelque temps après, il est de nouveau nommé sous-ministre en charge de l'aide d'urgence de l'État.

Durant tout ce temps, il continue à exercer un contrôle sur le marché des médias en Bulgarie. Il possède les premières chaînes de télévision nationale, TV 7 et News7, tout comme les canaux de distribution de la presse, le service de télécommunications du troisième opérateur mobile et le plus grand monopole privatisé de la téléphonie fixe.

Il emporte même l’appel d'offres public de la Commission Européenne pour le service de diffusion numérique de la Bulgarie. A ce rythme, son oligarchie est vouée à mettre la main sur l'infrastructure disponible de toutes les stations de radio et de télévision privées.

Au fil des années, il a travaillé sous des différents gouvernements, en changeant de partis politiques, tout en devenant un propriétaire de plus en plus influent des médias.

En dépit de tous ces scandales, il est fort probable qu’il soit à nouveau élu à un poste public important...

 Apparemment, une réflexion sur le conflit d’intérêt n’est pas habituelle dans ce genre de situation. C'est aussi la raison pour laquelle l'Initiative européenne pour le pluralisme des médias demande à la Commission européenne de prendre des mesures législatives pour limiter la concentration de la propriété (des médias), garantir l'indépendance des organes de contrôle des médias vis-à-vis de l'influence du pouvoir politique et donner une définition claire du « conflit d'intérêts » pour éviter que les magnats des médias occupent des postes importants dans le secteur public.

« Il est temps pour l’Union européenne de défendre activement et respecter les valeurs à la base de sa construction” insiste Giovanni Melogli, porte-parole du Comité italien de l’Initiative. “Les citoyens européens ne peuvent désormais plus tolérer l’hypocrisie et l’incohérence des politiques européennes ».

Votre citoyenneté et vigilance démocratique s’exercent aussi au niveau européen. Soyez parmi les premiers à y participer : signez l’initiative sur le pluralisme des médias  !


- Source : Agoravox

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